‹ Histoire de la médecine et des doctrines médicales. Tome 1Chapitre 69 sur 118 · DES ANCIENS EMPIRIQUES — DIOSCORIDE · texte numérisé non relu

DES ANCIENS EMPIRIQUES — DIOSCORIDE

De l’écame d’argent.

« Quand l’on a bu l’écume d’argent il induit une pesanteur dans l’estomac, dans les boyaux et dans toutes les parties intérieures avec très-grandes douleurs : encore elle ulcère quelquefois et rompt pour être moult pesante, les boyaux : elle retient l’urine, fait gonfler le corps, et induit en tous les membres une couleur brune semblable à celle du plomb. A quoi l’on secours en donnant à boire les vomissements premiers faits, la graine de l’orminio sauvage avec du vin, et pareillement huit drachmes de Myrrhe, ou Absince, ou Hissope, ou graine de persil, ou poivre, ou fleur de troesne, ou fiente de ramiers, avec spica-nardi,et vin. (Dioscoride, liv. VI, cap. xxvii.)

De l’argent vif.

« L’argent vif en le buvant fait les mêmes accidents, que fait l’écume de l’argent : et partout l’on doit user en sa cure des mêmes remèdes quoiqu’il soit manifeste que moult y aide le lait de vache, en faisant par après vomir les patients. » (Dioscoride, liv. VI, cap. XXVIII.)

De la Rue, que les Grecs appellent Feganou; les Latins et Italiens, Ruta.

« La rue de montagne et sauvage est plus aiguë, que celle qui se sème et qui se trouve par les jardins et par cela son usage est reprouvé pour viandes. La rue des jardins est plus convenable pour l’usage des viandes quand elle naît sous les figuiers. Toutes deux brûlent, ulcèrent et provoquent le flux menstruel et l’urine. Mangées ou bues elles astreignent le corps. La graine bue avec vin au poix d’un acetabul, est un antidote contre les venins mortifères. Les feuilles prises seules avant la viande ou avec noix et figues sèches, font évanouir les forces des venins. Elles aident en même manière contre les serpents. La rue bue ou mangée consomme la vertu d’engendrer. Cuite avec aneth sec, et beue elle allège les tranchées. Douce en la même manière elle secoure aux douleurs de la poitrine et du côté, aux empêchements de respirer, à la toux aux défauts du poumon, aux sciatiques et autres douleurs des jointures, et au tremblement et froidure survenants aux commencements des fièvres. La décoction de la rue faite en huile, et faisant des clystères, aide pareillement aux inflammatioms du boyau nommé Colon et au boyau du siège et aux lieux naturels des femmes. Appliquez avec miel en cette espace, qui est depuis la nature des femmes jusqu’au siège,

éveillent les femmes assoupies, comme si elles fussent étranglées à l’occasion des fumosités de la matrice. Cuite en huile et beue elle tire les vers du corps. L’on l’emplâtre avec miel aux douleurs des jointures et aux hydropiques avec figues. A cela profite même la décoction faite en vin, jusqu’à la consomption de la moitié, soit qu’on en boive soit qu’on en use pour lavement. Mangée en viandes ou gardée en saumure ou crue, elle profite à éclaircir la vue. Emplâtrée avec griotte sèche elle métigue les douleurs des yeux et ceux de la tête, incorporée avec l’huile rosat et vinaigre. Broyée, et mise - dans le nez, elle y restreint le flux du sang. »

« Appliquée avec feuilles de laurier, elle médecine les inflammations des testicules. Incorporée avec Cire et Murte, elle résiste aux soudaines sorties des ampoules. Elle guérit les taches blanches empreintes dans le cuir frotée dessus avec vin, Poivre, et Nitruse. Emplâlrée avec les mêmes choses, elle ôte les verrues larges que les Latins appellent Formica, et cette sorte de porreaux, qui se nomment Thyms. L’on la met (avec utilité) conjointe avec Alun, et miel sur le feu volage. »

« Le suc échauffé dans un tais de Grénade, et distillé dans les oreilles, enleve la douleur. L’on oingt les yeux débiles avec ce suc, mêlé avec suc de Fénoil, et miel oingt avec vinaigre, ceruse et huile rosat, il aide au feu Saint-Antoine, aux ulcères qui s’acheminent en rampant, et aux ulcères du chef qui jettent ordure. »

. « La rue mangée dompte l’acuité et l’odeur de l’ail, et des oignons.

La rue de montagne, mangée en grande abondance, elle tue. L’on cueille celle-ci pour mettre en saumure, avant qu’elle commence à fleurir. Elle fait enfler et rougir la peau , et l’enflambe fort, et fait démanger ; et par cela il est besoin avant que la cueillir, s’oindre les mains, et'la face avec huile. L’on dit qu’en épendant le suc de la rue sur les poullets, chats, n’y martres n’y fouines ne s’approchent d’eux. L’on dit que la rue qui n’aît en Macédomie , autour de la rivière Olcisio, tue soudainement ceux qui en mangent. Ce lieu est montagneux , et plein de vipères. On boit sa graine aux défauts des parties intérieures, et la mêlons (avec utilité) dans les antidotes. L’on donne à boire la graine rôtie, par sept jours continuels, à ceux qui ne peuvent retenir leur urine. La racine de la rue de montagne, se nomme le moyle de montagne. La rue sauvage semblable à la domestique. L’on la boit (avec, utilité) pour le haut mal, et pour les sciatiques. Elle provoque le flux menstrual, et tue le fruit dans le ventre de la mère. La sauvage est plus âpre que la domestique, et plus valeureuse, et par cela on la doit fuyrès viandes, mêmes qu’elleapporteunenuysance.(Dioscoride, liv. III, cap.Lxm.)

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