SIMEON SETH ET L’AMBEE
C’est aussi des Arabes que la thérapeutique a reçu la connaissance des propriétés de l’ambre jaune et gris, le premier venant des Indes, à Silacha, et l’autre retiré des poissons.
PAEACELSE ET L’ ANTIMOINE
Comment l’antimoine est-il entré dans la thérapeutique ? Il est bien difficile de le dire. Dioscoride en a parlé sous le nom de Stimmi et Pline sous celui de Stibium , mais aucun de ces deux auteurs n’en a indiqué la véritable action ni l’emploi. Ils en parlent comme d’un poison.
L antimoine passe pour avoir été découvert par Bazile Valentin ( Cursus triumphalis antimonii ), au xm® siècle, mais, ce n’est qu’au xvie qu’il est entré dans la thérapeutique, à l’occasion de la peste de 1562 qui ravagea tout le centre de la Bohême et de l’Allemagne. Paracelse le conseilla comme antidote et Haudset guérit plusieurs malades en les faisant vomir avec quelques grains de ce métal mêlés à du sucre. ( Matthiol . Comment, in Dioscoride. Liv. V,c. 59, p.838.)
Mais comme après l’emploi de ce médicament et de ses différentes préparations, dont on ne connaît pas suffisamment l’action physiologique, il y eut des accidents de mort que Paulmier ( Paulm . , de mort.
Contagios., p. 411) fit connaître, les médecins en furent épouvantés et quelques-uns, Settala en particulier, écrivirent contre son usa°-e.
C’est alors qu’aprèsune enquête faite par la faculté, dans l’autorité de son ignorance, le parlement rendit cet arrêt de 4566 qui interdisait l’emploi de l’antimoine considéré comme étant un poison. Est-ce que tous les médicaments ne sont pas des poisons selon la dose à laquelle on les emploie? Est-ce que des magistrats ont qualité pour proscrire un médicament ? mais c’était le temps de l'autorité, et on le vit bientôt, caren 1606, dit Sprengel, Besnier fut chassé du sein de la faculté pour avoir employé le remède proscrit. Que la justice condamne ceux qui tuent leurs malades avec un médicament mal administré, rien de mieux, mais qu’elle s’avise de proscrire le médicament, cela est au-dessus de sa compétence.
Malgré les décrets de la faculté et du Parlement quelques médecins continuèrent à employer en secret l’antimoine et on le mit au Codex de 1637. La dispute se ranima de nouveau. Grâce à la mauvaise foi de Guy Patin qui poursuivait le médicament de ses épigrammes et de ses calomnies, tout le monde s’en occupait, même en dehors de la science, et après un siècle, en 1666, la faculté leva l’interdiction mise sur l’antimoine de façon qu’un nouvel arrêt du parlement puisse en permettre l’usage.
Il a fallu un siècle pour qu’un médicament aussi généralement accepté aujourd’hui comme utile, et même indispensable, pût être employé sans exposer ceux qui s’en servaient à la persécution de la médecine officielle et de la justice. C’est à n’y pas croire, et cependant rien n’est plus vrai; si l’on avait encore besoin de preuves pour établir qu’en matière scientifique l’autorité des corps savants est toujours nuisible aux progrès de la science, ce que je viens de raconter suffirait pour convaincre les incrédules.
Malgré ces entraves et ces persécutions, l’antimoine et ses préparations sont devenus des médicaments usuels, dont les propriétés vomitives , purgatives et contro-stimulantes sont chaque jour utilisées chez les malades.
Sans doute le médicament a ses dangers, mais quel est celui qui n’a pas les siens, et, ici comme partout, le succès dépend de la prudence, de l’habileté et de l’expérience du médecin. Non crimen artis quod professoris est -(Gelse) .
de l’étain introduit par paracelse
Jusqu’au xvie siècle la médecine n’avait pas eu recours â l’étain. C’est Paracelse qui, le premier, l’a fait entrer dans la thérapeutique
où il est resté. Il a préconisé ce remède dans les maladies vermineuses et il le donnait en poudre, brûlé avec du sel marin et de l’asphalte, pour le mêler ensuite à du sang-dragon et à de la coloquinte (1). Sprengel dit aussi qu’il le donnait dans l’hydropisie et dans la jaunisse.