‹ Histoire de la medicine et des doctrines médicales (volume 2)Chapitre 101 sur 141 · DÉCOUVERTE DE LÀ PEPSINE — WASSMANN · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTE DE LÀ PEPSINE — WASSMANN

Si les travaux de Spallanzani, en 1784, sur la digestion artificielle ont été pour beaucoup dans la connaissance des phénomènes de la digestion, ils étaient insuffisants et ils renfermaient des lacunes qui ont été comblées à notre époque par la découverte de la pepsine en 1839 (1).

Ce n'était qu'imparfaitement connaître le rôle du suc gastrique dans la digestion que de le réduire à un rôle d'acide dissolvant la fibrine, l'albumine et la' caséine des aliments. L'analyse de ce liquide qui a permis d'y découvrir le ferment digestif ou pepsine a été un premier pas vers le progrès dans l'étude des phénomènes chimiques de la digestion. En effet, c'est ce ferment qui donne au suc gastrique sa véritable propriété digestive. — Tous les éléments du suc gastrique altèrent et dissocient les matières azotées, la pepsine seule lesMissout de façon à les rendre assimilables.

Le ferment digestif signalé par Eberle de Wurzbourg en 1834 {"2), nommé pepsine par Schwann en 1836, n'a été isolé qu'en 1839 pas Wasmann de Berlin. — C'est là un fait du plus grand intérêt qui, avec la découverte moins importante de la chymosine par Deschamps d'Avallon en 1840 et de la gasterase en 1840 (pepsines modifiées) ont donné à la science le secret de la digestion dans l'estomac et à la pathologie un remède extrêmement utile. En effet, depuis les recherches de Corvisart on emploie avec grand succès la pepsinejdans les dyspepsies par insuffisance du suc gastrique.

(!) Wassmunn. De digestione nonnulla. Berlin, 1839.

(2) Eberle. Physiologie der Verdauung. Wurzbourg, 183 i.

2° DÉCOUVERTE DES PROPRIÉTÉS' DU SUC PANCRÉATIQUE — BOUCHARDAT ; SANDRAS ; CL. BERNARD

Bien que l'on connût le canal pancréatique depuis les travaux de Virsung qui, en 1642, avait signalé son existence, l'usage du fluide pancréatique dans la digestion était resté inconnu. — C'est en 1845 que MM. Bouchardat et Sandras ont fait connaître la propriété qu'il a de convertir les féculents en dextrine et en glycose à la manière de la diastase, — puis, en 1856, Cl. Bernard (1) a découvert la propriété qu'il a d'émulsionner instantanément les graisses de façon à donner au chyle la couleur blanche qu'on lui connaît, et à favoriser son assimilation. Si l'on ajoute à cela la faculté qu'il possède de dissoudre la fibrine, signalée par Corvisart (2), on verra quelle est l'importance physiologique de ce liquide et combien sa sécrétion régulière est indispensable à la préparation du chyle. — Ici, comme pour le suc gastrique et la pepsine, cette découverte a eu ses conséquences en pathologie, car dans les dyspepsies féculentes ou graisseuses la pancréatine qui n'est que le pancréas de veau desséché et pulvérisé rend les plus grands services aux malades en rendant faciles des digestions qui ne se faisaient plus.

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