‹ Histoire de la medicine et des doctrines médicales (volume 2)Chapitre 29 sur 141 · THÉRAPEUTIQUE DES ANCIENS MÉTHODIQUES · texte numérisé non relu

THÉRAPEUTIQUE DES ANCIENS MÉTHODIQUES

Ce qu'il y a de curieux dans le Méthodisme, c'est la simplicité des moyens thérapeutiques en rapport avec la multiplicité des effets à produire. — Toutes les maladies, quelle qu'en soit la cause et la nature, ayant un principe commun de relâchement ou de resserrement, devaient être traitées par deux sortes des moyens destinés à détruire cette double modification supposée dans les organes vivants, et comme les maladies attribuées au resserrement étaient les plus fréquentes, c'était aux moyens relâchants qu'on avait le plus ordinairement recours.

Parmi les moyens relâchants, le plus usité était la saignée sur différents points du corps, mais au lieu de se laisser arrêter par les

considérations d'âge, jusque-là eu honneur , et qui défendaient de saigner les enfants et les vieillards, les méthodistes ne tenant compte que de ce qu'il y a de commun dans les différentes maladies, prescrivaient cette opération à tout âge. — Ils ne se laissaient arrêter que par l'état des forces, lorsque l'affaiblissement était considérable, et lorsqu'ils supposaient que Y état de resserrement était peu prononcé. — C'est à eux, et à Thémison, dit-on, qu'on doit l'introduction des sangsues en thérapeutique pour produire un relâchement particulier, tandis que la saignée produisait un relâchement général. — Il n'y a rien cependant de démontré à cet égard, et D. Leclerc pense qu'il en est de ce moyen comme de la saignée, et qu'il est difficile de savoir à quelle époque remonte son emploi.

Avec la saignée générale ou locale, les méthodistes employaient les ventouses sèches ou scarifiées qu'ils appliquaient sur tout le corps pour produire une fluxion générale vers la peau et les émoilients tels que les lotions et les fomentations d'eau tiède, les bains et les cataplasmes.

La médication resserrante était constituée par l'eau froide et la glace à l'intérieur, par l'hydrothérapie, le vin pur ou mélangé d'eau, le vinaigre et les boissons astringentes.

Contre la douleur, résultat ordinaire du resserrement, ils employaient les narcotiques et particulièrement le diacodium, mélange imaginé par Thémison, et composé du suc et de la décoction du pavot avec du miel.

Ainsi qu'on le voit, les Méthodiques employaient peu de remèdes, et ils accordaient la plus grande importance à l'hygiène. — L'influence de l'air relâchant, dans les chambres claires, vastes, médiocrement chaudes, celle de l'air resserrant, dans des appartements peu éclairés exposés au nord, celle du séjour dans des grottes souterraines avaient une grande importance à leurs yeux. — Ils accordaient une grande attention au coucher, aux vêtements, à l'exercice et à l'alimentation. — C'est par celte dernière, c'est-à-dire par le régime, qu'ils combattaient les maladies chroniques en essayant « d'obtenir un changement de tout ou partie du corps, » ce qu'ils appelaient Métasyncrise ou Métaporopoiésie , et ce que Cœlius Aurelianus désignait par le mot de Recorporation. — Thessalus est l'auteur de cette méthode métasyncrilique qui promet certainement plus qu'elle ne peut donner, et qui consiste dans un certain nombre de remèdes et de pratiques hygiéniques d'une action incontestable. Les médicaments métasyncriliques étaient l'application sur la peau delà moutarde, de la grenouillette, du suc de thapsia, et le régime se composait : d'une diète très-rigoureuse le premier jour, un peu

moindre le second, le troisième jusqu'au onzième jour, puis on recommençait une seconde série du même régime, ce qui était un cycle, suivi d'une troisième série des mêmes moyens, etc. Je reparlerai de ce régime en exposant la thérapeutique de Cœlius Aurelianus.

Voilà en abrégé ce qui constituait la thérapeutique des méthodistes, mais ce n'est pas tout, il faut savoir encore ce dont ils défendaient l'usage. — Ils étaient en général très-opposés aux sudorifiques, aux diurétiques particulièrement de la scille, et aux vomitifs qui troublent et dérangent les fonctions de l'estomac. — Ils n'aimaient pas les purgatifs qui affaiblissent les malades, qui n'ont pas la propriété qu'on leur attribue d'expulser telle ou telle humeur et enfin qui, chez un homme sain, produisent des évacuations exactement semblables à celles qu'elles déterminent chez un homme malade. — Us proscrivaient de même les cautères et les topiques qui produisent des escharres ou des ulcères, en les considérant comme des moyens barbares et inutiles, n'ayant pas pour effet l'attraction de l'humeur morbifique, mais la produisant eux-mêmes sur le point de leur application. — Cette doctrine est conforme à leur manière de voir sur le néant des sympathies, des crises et de la révulsion, dogmes hippocratiques qu'ils n'ont cessé de combattre.

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