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CRITIQUE DE LA PATHOLOGIE CELLULAIRE

dans leur interprétation qu'elles n'ont encore pu donner lieu à une systématisation acceptable. — Tout, dans l'origine des éléments anatomiques, et dans leurs transformations physiologiques ou morbides, est encore en question. — Les opinions succèdent aux opinions; ce qui semblait exact hier ne l'est plus aujourd'hui et ce qu'il y a de plus difficile à réaliser paraît être l'appréciation générale des liens qui rattachent entre eux les faits découverts au moyen du microscope. On le voit même dans la nomenclature variable et confuse qui représente très-bien l'incertitude de leur esprit, les histologistes en sont encore à chercher une voie sûre et scientifique de généralisation.

Un instant, on crut, d'après Virchow, que l'on avait trouvé dans la théorie cellulaire physiologique de Schwan et de Schleiden une théorie pathologique cellulaire, capable d'expliquer les transformations invisibles d'une cellule primordiale, les altérations qui s'opèrent dans les tissus malades, mais cet effort d'imagination s'est écroulé devant une étude plus attentive des faits. Ce n'est qu'un ingénieux roman. D'abord, il a été impossible de persister à dire que toutes les cellules malades dérivaient de la transformation des cellules de tissu conjonctif. Ensuite, dès l'instant que pour édifier cette pathologie cellulaire, il a fallu admettre qu'il y avait des cellules sans paroi ou sans membrane d'enveloppe, c'est-à-dire des prisons sans murailles, il ne pouvait plus y avoir de pathologie cellulaire.

Enfin, admettant même la première hypothèse de la doctrine, on se demande comment il est possible que dans une lésion organique, quelqu'un prenne arbitrairement le droit de choisir, comme base de ses études, un seul des éléments du travail pathologique en laissant de côté tous les autres. Comme Robin l'a démontré, il n'y a pas que des éléments figurés dans une tumeur. Outre les cellules avec parois, et les cellules sans parois, il y a la matière amorphe, les granulations, les éléments liquides, et ce sont eux qui donnent aux lésions leur caractère médical, leur importance et leur gravité.

Sans doute c'est quelque chose de savoir faire le diagnostic anatomique d'une lésion, mais si ce diagnostic n'éclaire pas la nature du mal, et oblige à confondre ensemble des lésions iinoffensives et des lésions mortelles, en quoi ce diagnostic peut-il servir la science médicale? Or, c'est là où en est arrivée la pathologie cellulaire.

En n'étudiant que les altérations des cellules et des pseudo-cellules qu'on observe dans les tissus, pour les classer d'après leurs modifications , la pathologie cellulaire a réuni comme semblables des maladies que la clinique juge de nature différente, — et elle a

séparé des maladies que leur marche et leurs terminaisons permettent de confondre.

Ainsi le sarcome névroglique et angiolithique sans gravité et n'engendrant aucune diathèse sont rapprochés des sarcomes encéphaloïde et mélanique toujours mortels.

Le myxome qui forme les polypes muqueux des fosses nasales est rapproché du myxome des nerfs formant une variété de névrome .

Les chondromes mortels sont rapprochés des tumeurs cartilagineuses inoflensives.

Les épithéliomes lobules mortels sont à côté des épithéliomes perlés qui ne font jamais périr.

Les papillomes muqueux de l'estomac qui font mourir, comme le cancer de cet organe, sont rapprochés des papillomes de la vulve connus sous le nom de choux- fleurs et des papillomes cornés dans lesquels se trouvent les cors, les durillons et les verrues, etc.

Les granulations morveuses sont anatomiquement semblables aux granulations tuberculeuses.

Les carcinomes fibreux, encéphaloïde et colloïde sont séparés des sarcomes fascicules, encéphaloïdes et colloïdes dont la marche et les terminaisons sont semblables, répullulant sur place et dans les ganglions après l'extirpation, formant enfin une diathèse mortelle.

De tels rapprochements entre des maladies si dissemblables, et de pareilles séparations entre maladies similaires basées sur une simple étude anatomique condamnent une doctrine. — Qu'importe que les cellules trouvées dans une lésion soient de même espèce; que les éléments cellulaires de la morve soient semblables à ceux du tubercule , s'il y a entre elles autre chose qui donne à cette lésion son caractère grave ou inoffensif. — C'est cette autre chose dont l'étude est importante pour le médecin . L'élude des cellules altérées n'a d'intérêt que pour le système auquel elle sert de base arbitraire, tandis que ce qu'on a oublié d'étudier est précisément ce que le médecin a besoin de connaître.

Eh bien, n'en déplaise aux théoriciens du Cellularisme, c'est la vascularité des tumeurs, l'abondance de leur matière amorphe, de leurs granulations et de leur blastème liquide, ainsi que l'état diathésique et humoral, qui, en dehors des lésions cellulaires, fait leur importance médicale. Si la granulation morveuse ressemble par la disposition de ses cellules à la granulation tuberculeuse, elle en diffère pour le médecin par l'altération humorale virulente qui Ta engendré. Si l'épithéliome constitutif des durillons et des cors ne fait pas mourir comme l'épithéliome lobule de l'estomac, c'est qu'il

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