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CHAPITRE XIV

ACTUARIUS

Pendant que la nation arabe s'élevait au sommet de la puissance sociale en Asie et avait conquis le sud de l'Europe, la nation grec-

que descendait de jour en jour les degrés de la civilisation, et nul médecin célèbre ne sortit des entrailles de son peuple pendant la période des sept siècles qu'illustrèrent les Arabes. A la fin du xn° ou au commencement du xme siècle, il en est un cependant qui mérite d'être signalé et dont le nom est arrivé jusqu'à nous. C'est Actuarius (Jean), fils de Zacharie. On le considère comme le dernier des médecins grecs de l'antiquité. Ce fut un naturiste suivant presque à la lettre les dogmes de Galien, sur lequel il renchérit par ses subtilités.

Sprengel et P. Renouard, qui paraissent l'avoir étudié avec soin et qui porlent sur lui un jugement très - favorable , en font un compilateur habile parmi les médecins de deuxième ordre. Actuarius a beaucoup écrit, et le plus considérable de ses ouvrages parmi ceux qui nous restent, composé de six livres, a pour objet la cure des maladies. C'est la doctrine de Galien et de ses successeurs, en abrégé et mise dans un ordre parfait. La doctrine des jours critiques s'y trouve exposée avec soin et défendue par des arguments de haute valeur. C'est le premier ouvrage grec où l'on fasse mention des médicaments nouveaux introduits par les Arabes, tels que les purgatifs doux (la casse et le séné), les sirops, les juleps, les liqueurs distillées. On n'y trouve cependant rien sur les varioles, sur les morbillies, sur le spina ventosa et sur les autres affections décrites par les médecins de cette nation.

Son traité des esprits animaux, divisé en deux livres, est en entier inspiré de Galien, car on y voit que l'homme est formé de deux substances différentes : lame et le corps; que l'àme humaine diffère de celle des brutes; qu'elle est une émanation de la divinité, une substance simple douée de qualités diverses, immortelle, intelligente et impassible de sa nature, quoique capable de ressentir la douleur et le plaisir par l'intermédiaire des esprits qui la lient intimement au corps. Maintenant que sont ces esprits? D'où viennentils et quelles sont leurs altérations? Actuarius répond :

« Le suc le plus pur des aliments digérés par l'estomac se rend au foie, où il sert à la composition des esprits naturels, qui sont les instruments de la faculté concupiscible de notre âme.... Ceux-ci se portent avec le sang dans la veine lambdoïde, dont une branche descend vers les régions inférieures et l'autre monte au ventricule droit du cœur. De là les esprits et le sang passent dans le ventricule gauche pour y être élaborés de nouveau et changés en esprits vitaux,

que les artères distribuent dans toutes les parties du corps Or,

il existe à la base du cerveau un entrelacement admirable de vaisseaux artériels et veineux extrêmement déliés qu'on nomme plexus

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