‹ Histoire de la mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 115 sur 118 · LEA · texte numérisé non relu

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prise d’une oppression de poitrine qui faillit Pétoutler. Cette premiere attaque fut suivie d’un vomissement extraordinaire, qui dura vingt-quatre heures, sans qu'aucun remède pût le calmer. A peine eut-il eessé que Pétoufflement recommenea et devint extréme. Une douleur de téte accablante se joignit à cette oppression, et ne Ini laissa plus un moment de repos, un seul instant de sommeil, La fièvre ardente, qui Sétait allumée dans tout son être, avait produit une telle prostration de forces, que son eorps n’était plus qu'une masse inerte que trois personnes robustes pouvaient à peine remuer. Deux tumeurs s'étaient en méme temps déclarées aux côtés, et devinrent deux foyers de fièvre, dont les élancements lui causaient d’atroces douleurs,

La sublime malade, ainsi gisante sur sa couche funèbre, parut plus grande que dans laction et les ravissements de Pextase, Pas un soupir, pas une plainte, pas un muscle de son visage ne trahissaient les intolérables souflrances, dont elle était consumée : sur toute sa physionomie rayonnait une auréole de majestueuse sérénité, de jouissance surhumaine, La paix et éclat de son âme rejaillissaient sur sa figure. Ravie de se voir crucifiée avec Jésus Christ, elle répétait avec un saint transport: Chréslo cruc/fire sun cru ci.

Cependant le mal faisait des progrès si rapides que, dès le cinquième jour, 20 janvier, les médecins décla-

rèrent qu’il n’y avait plus d'espoir. A une heure de

Paprèes-midi, elle reçut le saint Viatique des mains de M. de Bernières, en présence de la communauté en pleurs. Elle seule éprouvait une joie indicible en s’unissant, dans le sacrement d’amour, à l’époux invisible qu'elle espérait bientôt voir et posséder sans voile. Le lendemain, au moment de recevoir l'Extrème-Onciion, elle demanda pardon à M. de Bernières, supérieur du monastère, et au vénérable P, Lalemant, son directeur; puis se tournant vers la supérieure, la Mère de Saint-Athanase, elle a remercia, ainsi que toute la communauté, de leur charité à son égard, et leur demanda pardon des fatigues et des peines qu'elle leur avait données pendant sa ma

ladie.

Un instant après, entendant dire que la petite fille d’un des premiers chefs algonquins convertis venait d'entrer au pensionnat, elle la fit venir et lui prodigua les caresses les plus aflectueuses. Puis s'adressant à ses sœurs, elle leur dit des merveilles pour les exeiter à l’estime de leur vocation et à amour des petites sauvages, qu'elle appelait les délices de son cœur.” Toutes les pensionnaires françaises et sauvages lui furent ensuite présentées pour recevoir sa bénédiction; la mourante étendit ses mains tremblantes sur le groupe des jeunes vierges agenouillées autour de son lit de mort, et, le regard illuminé d’un

rayon céleste, tandis qu’un sourire aflectueux errait

sur ses lèvres pâles et desséchées, elle appela sur

elles toutes les bénédictions d’en haut. Les sanglots

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