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les memes perplexités, elle sentit soudain s'évanouir sensiblement tout Pattrait qui lPavait d'abord fait incliner vers lex Feuillantines ; et en même temps s'allumer dans son cœur un désir ardent d'entrer aux Ursulines, ‘avec une inspiration si pressante, dit-elle, d'en poursuivre Pexécution, qu’il me semblait que tout ce qui était au monde me menagçait de ruine, si je ne me sauvais promptement en cette maison de Dieu.”
Elle fit part à son directeur de cet ordre qui lui “enait d'en haut. Celui-ci jugea alors que le temps de l'épreuve avait été suffisamment prolongé; et quoique jusqu'alors il eût toujours cru que sa vocation l'a pelàt aux Feuillantines, il ne balança pas un seul instant à lui déclarer qu’elle ne pouvait plus hésiter, que ve serait résister évidemment à la voix de Dieu que de tarder davantage, et qu’elle devait même se hàter d'exécuter un ordre manifesté d’une manière si sensible. Le jour de son entrée fut donc fixé, sans aucun obstacle ; car les Ursulines avaient obtenu de l’'archevèque de Tours l’autorisation de la recevoir sans dot.
Ce fut alors que le démon tenta un dernier et suprême effort pour la jeter hors de la voie qui lui était tracée. L’artifice qu’employa le tentateur était d'autant plus perfide qu’il se cachait sous l’ombre des motifs les plus purs. Il lui montrait du doigt son Jeune enfant, qu’elle chérissait de toutes les forces de son àme, et lui reprochait sa cruauté de abandonner
dans un âge si tendre, Nétait-ce pas par cette con. duite travailler évidemment à sa perte, et engager dangereusement sa conscience? N’était-ce pas une
obligation rigoureuse pour elle de rester dans le siecle
pour rocrer toutes les fautes qu’elle avait com- TE …. égligeant les intérêts de cet enfant? A ces
tentations se joignaient| es importunités de ses amies, et Popposition violente que mettaient sa sœur et son beau-frère à son entrée dans fa vie religieuse. Mais Dieu donna à sa servante des forces pour résister à tous ces assauts, I lui fit voir qu’elle n'avait rien fait que par son ordre, et Ini donna Passurance quil se chargerait lui-même de Penfant qu’elle n’abandonnait que pour son amour, et pour suivre ses divins conseils. Il voulut même lui en donner une preuve immédiate en changeant soudainement les dispositions de son beau-frère et de sa sœur, par l’entremise de Dom Raymond de Saint-Bernard, qui non seulement les fit consentir à son départ, mais même leur fit promettre de prendre soin de son fils.
Il semble maintenant que la nacelle de lhumbie servante du Christ, ballotée si longtemps sur les flots, na plus d’orages à essuyer; mais on dirait que chaque fois qu’elle va toucher au rivage, une main ennemie l’y attend pour la repousser en pleine mer. Cette fois encore, au moment de jeter ancre dans l’heureux port où lattendaient de joyeuses acclamitions, une tempête furieuse s’élève, déchire toutes ses
voiles, et la rejette bien loin sur les flots.
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Cette tempête lui avait été prédite peu de jours auparavant par un saint religieux. % Préparez-vous, lui dit-il, à recevoir une grande grûce de Dieu ; maisce ne scra qu'après vous y avoir disposée par une grande croix ??
Madame Martia n’avait encore rien communiqué à son fils de la détermination qu'elle avait prise ; mais il ent d'avance le pressentiment de la perte qu’il alla faire. Depuis quelque temps il s'était aperçu à e ses parents, qui connaissaient tout, ne lui prodigur: nt plus leurs caresses ordinaires, Souvent il les avai: surpris le regardant d’un œil de pitié, et chucl: ni à voix basse, comme s'ils eussent craint de lui apprendre quelque fatale nouvelle, Cette conduite étrange, qu'il ne pouvait expliquer, le plongea dans une noire mélancolie, Ne voyant rien que de triste et de lugubre autour de lui, il se retirait à lPécart, et passait une partie des jours à pleurer. Enfin ne pouvant plus supporter ce spectacle désolant, et frappé d'une sorte de vertige, il résolut de prendre la fuite.
Quinze jours avant l’époque fixée pour Pentrée de su imere aux Ursulines, il choisit un moment où personne ne Pobservait, et sortit furtivement de la maison où il avait été placé en pension.
Dès que la nouvelle de cette disparition se fut répandue, tous ceux qui s'étaient opposés au dessein de notre pieuse veuve ne tarirent pas en reproches contre elle, et ne manquèrent pas de réitérer leurs
instances, Cet accident était selon eux une permis-
mr
sion de Dieu, et une preuve évidente quil réprouvait son intention d’embrasser la vie religieuse. L'esprit de ténèbres se joignit à ses ennemis pour Jui livrer de nouveaux assauts, et faire entendre à ses oreilles les cris de ses entrailles maternelles cruellement dé. chirées, afin de faire fléchir sa volonté ; mais la gràce chez elle fut toujours victorieuse de la nature et du sang. Refoulant sa douleur au fond de son âme, elle parut ferme au milieu de lorage. La lutte qu’elle livrait intérieurement aux sentiments les plus profonds et les plus tendres de la nature était d'autant plus terrible qu’elle ne voulait pas la laisser paraitre an dehors. %O Dicu! s’écrie-t-elle, je n'aurais jamais cru que la douleur de la perte d’un enfant pit être si sensible à une mère. Je Pavais vu malade presque jusqu'à rendre l’esprit, et je le donnais de bon cœur à Notre-Seigneur. Mais le perdre de la sorte, c’est ce que Je ne pouvais comprendre. Enfin il fallut me dépouiller devant Dieu de tout désir, et demeurer nue et résignée au pied de la croix.”
Dans son immense douleur, elle alla chercher quelque consolation auprès de son amie, la supérieure des Ursulines. Mais à peine eut-elle le temps de lui raconter le sujet de sa tristesse et de ses larmes, qu’elle vit entrer son directeur, qui ne savait rien
encore de cet accident. En le voyant elle se jeta à
ses pieds et lui apprit son malheur. Elle s'attendait bien que le bon religieux, qui avait pour elle une tendresse tonte paternelle, allait compâtir à sa peine.
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PREMIERE EPOQU E. 167
Mais quelle ne fut pas sa stupeur en voyant l'accueil glacial qu'il lui fit, Ce saint homme, connaissant la sublime vertu da sa pénitente, voulut saisir cette occasion pour lui faire subir une épreuve qui paraîtra bien étrange aux yeux du monde, mais que justifie pleinement la science des saints. Loin de la consoler, ilne chercha qu’à enfoncer davantage le glaive qui déchirait son cœur, “Vous n'avez guère de foi, lui dit-il d’un ton plein de sévérité, si vous ne croyez pas que cet accident soit arrivé par l’ordre de la providence, où si vous le croyez, vous rave eucre de soumission à la volonté de Dieu. Je vois bien maintenant que vos vertus sont toutes superfi-
cielles, et que javais raison de craindre qu'elles ne
fussent que des ruses d'une nature hypocrite plutôt
que de véritables vertus. On voit bien que la nature est encore tout entière en vous et que les passions sont toutes vives, puisque vous avez des attachements si violents pour une chétive créature.”
Durant toute cette terrible réprimande, lPhumble mere demeura à genoux, prosternée au pied de son directeur, sans proférer une seule parole. Convaineue de son indignité, elle ne répondit à ces sanglants reproches que par des soupirs Dom Raymond entendant un de ces gémissements : ‘Eh bien!
continua-t-il, que vous disais-je ; ce que je viens d'entendre ne confirme-t-:1l pas mes craintes ? Il n’est que trop vrai, la nature corromp'e est encore toute
vive en vous? Levez-vous, sortez d'ici; car la maison
de Dieu nest pas pour des âmes aussi impar faites, ?”?
A ces mots, elle se leva en silence, s'inclina pro. fondément devant son directeur, et sortit du monastère
Restés seuls, après son départ, le père et la supc. ricure demeurèrent immobiles, stupéfaits d'admiration en présence de tant de vertu ; et Pattendrissement succédant à admiration, ils donnèrent un libre cours à leurs larmes, en rendant grâces à Dieu de les avoir faits témoins d’une si grande merveille.
Aussitôt, sans rien lui dire, ils expédièrent à leurs frais plusieurs hommes à la recherche de son fils. Ceux qu’elle avait envoyés elle-même n’avaient pu encore découvrir sa trace.
Par une singulière coïncidence, la fuite de cet enfant arriva pendant l’octave de lPEpiphanie, c’est. à-dire à époque même où Péglise rappelle le sou: venir de la perte de Jésus dans le temple. Comme le divin enfant, c’était aussi à l’âge de douze ans qu’il s’était échappé des mains de ses parents. Ces traits de ressemblance offraient à la panvre mère une grande consolation dans sa douleur. Elle unissait
ses angoisses à celles qu'avait ressenties la Sainte:
Vierge après la perte de son divin Fils ; et elle espérait
qu’à l’exemple de Marie, elle aussi recouvrerait son enfant au bout de trois jours. Effectivement trois jours plus tard, il fut ramené à Tours et remis à sa mère par un brave citoyen qui Pavait rencontré par
hasard sur le pont de Blois.
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Il avoua alors que son dessein avait été de se
rendre jusqu’à Paris, et d'aller frapper à la porte du
correspondant que son oncle entretenait dans cette
ville,
Le retour de cet enfant leva le dernier obstacle qui la retenait dans le siècle, Dès ce moment, la voix intérieure, qui la suivait partout, retentit plus puissante que jamais à son oreille, et, s'unissant à celle de son directeur, la pressa vivement de hâter son départ. Fidèle à ce double avertissement, elle fixa irrévocablement le jour de son entrée au noviciat des Ursulines, malgré les nouvelles réclamations de ses amis et de ses proches, malgré les larmes et les prières de son père qui la suppliait de ne pas Pabandonner sur ses vieux jours, malgré les déchirements de cœur qu’elle éprouvait à la pensée de dire adieu pour jamais à son fils unique. Mais elle se rappelait cette parole du Sauveur: Celui qui aime son père OÙ S4 MÊTE, es. s0n fils où sa fille plus que moi, n’est pas digne de moi, (Math. X,37); et elle y puisait un courage et une fermeté invincibles.
Elle n’eut pas plus tot pris cette résolution que tons ses doutes et ses scrupules s’évanouirent, pour faire place à une paix inaltérable et si profonde que rien ne pouvait l’en distraire. Cette impression était si puissante qu’elle lui permettait à peine de prendre quelques heures de sommeil, et si peu de nourriture que Pon craignit sérieusement qu’elle ne tombat
malade,
Entin Pheure de la séparation étant arrivée, elle fit venir son fils auprès d'elle pour lui donner ses derniers avis, avant que la barrière infranchissable du cloitre, qui allait Séleverentre elle et lui, le laisst orphelin sur la terre. C’était le moment qu’elle avait toujours le plus redouté ; car elle connaissait toutes les défaillances de lPamour maternel; elle savait combien sont profondes ces racines qui, après avoir alimenté deux vies dans un mème cœur, s’enlacent el se fortifient toujours de pius en plus, et deviennent plus fortes que la mort. Aussi s’'était-elle préparée à ce moment suprème depuis plus de dix années ; car dès que son fils avait atteint Page de deux ans, elle s'était imposé le sacrifice de ne lui faire aucune caresse, et de ne lui en permettre aucune à son égard, Elle espérait par là lui rendre son absence moins douloureuse, lorsque Pheure de la séparation serai venue. Mais ce fut tout le contraire qui arriva ; car si d’un côté elle avait toujours agi envers lui avec une douce gravité, et avait exigé de lui la même conduite, autant qre son âge le lui permettait ; d’un autre coté, elle n'avait jamais usé à son égard du moindre mauvais traitement, Aussi son attachement pour elle était-il aussi tendre que profond.
Dès qu'elle se vit seule avec lui, elle le fit asseoir auprès d'elle et ni tint ce langage, digne de la mère des Machabées :
Mon fils, jai à vous communiquer un grand
secret que je vous «i tenu caché jusqu'à ce Jour,
parce q
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à être ra cuter ce davantas que Je p nai véet quitter ] Ce dessei ne Pai pa tout jeun aujourd?
pPobéisse pu vous mon salu demander voulu voi seu], sans je main puisque 1 vous le de serez pas.
l'honneur m'appeler solation e nne mère nuit, des à En pron
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parce que vous r’étiez pas en âge d’en comprendre importance. Mais à présent que vous commencez à être raisonnable, et que je suis sur le point d’exécuter ce qu'il m'ordonne, je ne puis plus diflérer davantage de vous le faire connaitre. Des le moment que je perdis votre père, avec qui vous savez que Je n'ai vécu que deux ans, Dicu m’inspira le dessein de quitter le monde et d’embrasser la vie religieuse. Ce dessein s'est toujours fortifié en moi, et si des lors je ne Pai pas mis à exécution, c’est que vous étiez encore tout jeune et que vous aviez besoin de moi. Mais aujourd’hui cette raison m’existe plus, et il faut que j'obéisse à la voix de Dieu qui nr'appelle. Jaurais pa vous quitter sans vous en parler, car il y va de mon salut, et quand il s’agit de se sauver, il ne faut demander permission à personne. Mais je n’ai pas voulu vous contrister, en vous laissant tout-a-conp seu], sans père et sans mère. Vous jugez bien que je nai nullement besoin de votre consentement, puisque le grand Maitre à parlé : je veux cependant vous le demander, et j’espère que vons ne me le refuserez pas. Si cette séparation vous afllige, songez à l'honneur insigne que Dieu me fait en daignant appeler à son service. Rappelez-vous quelle consolation ce sera pour vous de songer que vous avez nne mère qui ne sera plus occupée qu'à offrir, jour e1 nuit, des vœux au Seigneur pour votre salut. 7?
En prononeçant ces paroles, Phéroïque femme fixait
des regards pleins d’une tendresse infinie sur son
ana eme
enfant, Elle attendit quelqnes instants sa réponse,
Mais lui, tout interdit d'entendre ce langage solennel qu'il n'avait jamais connu auparavant, ne put que lui
répondre d’une voix timide et pleine de larmes :
Ma chère maman, je ne vous verrai donc plus?” ‘— Ce n’est pas cela que je veux dire, ’'empressa de répondre la courageuse mère ; au contraire, vous me verrez, mon enfant, tant qu'il vous plaira. Je me retire au couvent des Ursulines qui est à deux hp d'ici, et vous aurez la liberté de venir me voir quand
vous voudrez.”
6 Puisqu'il en est ainsi, repartit l’enfant «
tout ému, je le veux bien.”
La servante de Dieu respira après cette répons ot reprit :
__ Paurais eu bien de la peine à me séparer de
VOUS, mon cher fils, SI VOUs m'aviez lEEUSEeE , mats
) puisque vous y consentez, je me retire du monde, € je vous laisse entre les mains de Dieu. Vous n'avez pas de fortune ; mais celui que J'ai choisi pour mon héritage sera aussi le vôtre ; et si vous possédez crainte de Dieu, vous serez assez riche, car vous posséderez le plus précieux trésor de la terre.
‘ Vous perdez aujourd’hui votre mère, et désormais vous n’en aurez plus ici-bas ; mais dans le ciel vous en avez une qui sera bien meilleure que moi, et qui vous dédommagera amplement de la perte que vous
aliez faire, C’est la Sainte-Vierge, à qui je vous
FeCOMIMA:
jours vo!
a cle av qe VOUS VOUS ; € MHnAIs.
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En nel jeune ent emotion à diction 1 Ce fut le femme #d1 devait plu deux amoi de régner
C’étai Dom Clau vie de sa donner un tion; rnaïs
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recommande ; soyez-lui bien fidèle ; appelez-la tou- Jours votre mére, et dans vos besoins adressez-vous “celle avee une entière confiance, en lui rappelant que vous êtes son fils, et qu’il faut quelle ait soin de vous; et soyez sûr qu'elle ne vous abandonnera “unnis. Je vous confie à ma sœur, qui m'a promis de bien vous aimer, et d’avoir bien soin de vous. \vez pour elle le même amour et le méme respect vous avez eus Jusqu'ici pour mot. Respectez ussi tous vos parents, honorez tout le monde, servez en le Seigneur, et gardez tous ses commandements. En un mot, mon enfant. aimez Dieu et Dieu vous ‘mera, et aura soin de vous en quelqu’état que vous soyez. Adieu, mon fils.”
En achevant ces paroles, elle fit agenouiller le eune enfant à ses pieds, et concentrant toute son émotion au fond de son âme, elle lui donna sa bénédiction en traçant le signe de la croix sur son front, Ce fut 1: dernière caresse et le dernier adieu de cette femme admirable à son enfant ; ear désormais elle ne devait plus être sa mère. Dieu ne voulait plus souffrir deux amours dans ce cœur sur lequel il avait résolu de régner seul et sans partage.
“ C’était le lieu et le temps, ajoute naivement Dom Claude Martin en décrivant cette scène de la vie de sa mère, c’était le lieu et le temps de lui donner un baiser, pour dernière marque de son afles tion ; rnais elle ne le fit pas; ce qui me semble un:
vertu bien rare et bkm extraordinaire, et m’a foujoui
donné de Pétonnement jusqu’à ce que j’en aie compris la cause.??
Ainsi cette mère sublime, qui depuis tant d'années avait sevré son cœur de toutes les joies les plus innocentes et les plus légitimes de T4 maternité, mettait le sceau à tous ces sacrifices, par cette action héroïque et ce dernier holocauste.
Victorieuse dans ce grand combat, elle men plus de crainte pour le reste ; elle dit adieu sans fléchir à toute sa famille en pleurs, et #arracha des bras de son vieux père, sans rien laisser paraitre de ja ‘ouleur poignante dont son cœur était navré. Ce vérérable vieillard ne pouvait se consoler de Ia perte de éelle qui lui était si chère à double titre, core enfant ct comme sainte ; et il faisait retentir tonte 12 maison de ses gémissements et de ses senglots.
Enfin elle sorts de là demeure de son beau-frère, accompagnée de ph de ses parents et de s°s
amies ; Cétait Île vinsi-cinq janvier, mil-six-centtrente-et-un, jour de la fête de la conversion de Saint Paul. Quelques heures auparavant, elle était allée se jeter aux pieds de Parchevèque de Tours, qui, plein d’admiration pour ses vertus, avait voulu la voir, et lui accorder sa bénédiction avant son entrée au
noviciat. En franchissant la courte distance qui
séparait le monastère de sa demeure, elle fit placer
devant elle une de ses nièces, et lui mit entre les mains up grand erucifix qu’elle portait habituellement
sur elle, et qu’en cette circonstance elle avait détaché
de son € sa marcel montrait eroix, qu l'Egypte.
Asesc imaistrahi spectacle COMPAYN:
sur leur p tendrisser etassuré, qu'elle 1 Cependar portiit su de la natt siivneme pleurait à gner son A veux me | en son qu'il me Dieu m’ét
Parvent
souriant 4 l'entourai groupe, el l'attendai
bénédicti
OIHIDTES
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maison
u-frere, de s°s x-cent- » Saint it alice i, plein roir, et rée au ce qui placer tre les [lement
étaché
de son cou, comme pour lui servir de guide dans sa marche hors du monde. Sa foi ardente Ja lui montrait comme Ja colonne de feu, symbole de Ja croix, qui guidait autrefois Esraël à sa sortie de l'Egypte.
A ses côtés, marchait son fils, silencieux et résigné, maistrahissant sa douleur par ses larmes, A Ta vue d'un soectacle si touchant, ron seulement ceux qui Paccompagnaient, mais même ceux qui la rencontraieut sur leur passage ne pouvaient retenir des plenrs dattendrissement, Elle seule S'avançait d’un pas ferme etassuré, d'un air calme et rayonnant. On eut di quelle marchait au triomphe et non au sacrifice, Cependant cette victoire surnatnrelle quelle remportait sur ses sens et sur les droits impresecriptibles de la nature ne Pempéchait pas de ressentir de cruels saignements de cœur à la vue du petit orphelin qui pleurait à ses côtés. Il n’osait, dit-elle, me témoignerson afliction, mais les larmes qui coulaient de ses veux me faisaient bien connaitre ce qu'il ressentai en son cœur, JL me faisait si grande compassie qu'il me semblait qu'on m’arrachait Pme ; ma Dieu n’était encore plus cher que ce cher enfant
Parvenue au seuil du monastère, elle renouvela n souriant ses adieux à son fils età tous ceux qui lentouraient; et se séparant joyeusement de leu coupe, elle alla se jeter aux pieds de son directeur, qui
l'attendait à l’entrée du cloitre pour lui donner s:
bénédiction, Un instant après, elle était prosternée
devant la supérieure, qui la recevait entre ses bras avec des larmes d’allégresse et de bonheur.
Vous voilà donc parvenue au comble de vos vœux, o femme héroïque ! et désormais le siècle que vous avez vaincu, et qui était indigne de vous posséder, ne blessera plus, par ses scandales, lPinnocence de vos regards, ni la tendresse de votre unique amour ! Vous avez tout foulé aux pieds pour conquérir ce souverain bonheur; aucun sacrifice ne vous à coûté, ni les biens terrestres, ni Pestime du monde, ni les mépris, pi les humiliations, ni les liens du sang, ni le sein wiatermel, ni les pures et douces jouissances de la famille ! Vous avez tout vaincu ! Entrez donc maintenant dans le séjour de Ja paix, dans le sanctuaire du Seigneur, et melez-vous au chœur de ces chastes visrges, qui des ici-bas marchent à la suite de Agneau, et retracent sur la terre la vie du ciel!
Et vous, angéliques filles de Sainte Ursule ! tressaillez d’allégresse, et venez au-devant de votre auguste compagne ! Ouvrez les portes de vos cloîtres, et jonchez vos parvis sacrés de fleurs et de couronnes sous les pas de celle qui sera un jour la gloire de l'Eglise, l’orgueil de lAmeïenne et de la Nouvelle France, et éternel honneur de votre ordre, La VÉxÉ-
RABLE MÈRE Mate pe L’INCARNATION !
Noviciat —!
Les éi
firent ad
chœur, qi
entrée, (
d’étonnen
attendue :
Son humi
vers ect
fait la mo
iveC son
voulu se 8
don, à la La prel
sance, dè
s bras
EUX, » VOUS er, ne le VOS Vous verain ni les épris, le sein s de la mainctuaire hastes
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votre loîtres, ronnies oire de uvelle VÉSÉ-