M. Déjean missionnaire, au Thibet en
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indiennes, conformément à la règle de cette région privilégiée. Ne manquons pas de mentionner parmi les Pyralidae, le Botijs Rhyparialis , Obthr, mimique des Geometrae du genre Rhy paria.
Charles Oberthür.
Description de nouvelles espèces de Lépidoptères envoyées par les missionnaires du Thibet.
(Vol. 2, page 354.)
Tropaea Dubernardi, femelle, Obthr. (fig. 1 ).
Dans le Bulletin de la Société entomologique de France (1898, p. 325, 326), M. l’abbé J. de Joannis décrit une Saturniide , qu'il croit être la femelle de l’espèce dont j’avais décrit le mâle, sous le nom de Dubernardi. Je partage l’opinion de l’honorable entomologiste et je fais figurer, sous le N° 1 de la planche annexée au présent ouvrage, un Papillon récolté à Tse-kou par le Père Dubernard et paraissant bien semblable à l’échantillon envoyé du Su-tchuen à M. de Joannis.
Je possède deux échantillons de femelle pris à Tse-kou.
Les ailes sont d’un vert-pâle, traversées par une ligne commune, submarginale brun-clair. La côte des ailes supérieures est d’un rouge-grenat s’éclairant extérieurement en rose; le croissant noir, surmonté de rosé et de jaune, est contigu à la teinte rouge-grenat costale ; la tache cellulaire des inférieures est très petite, rose-pâle ; elle est placée juste sur le milieu du trait cellulaire ; les queues sont roses ; mais, vers l’extrémité, la teinte rose s’atténue insensiblement et passe au jaune-verdâtre.
Je possède une femelle de Lou-lse-kiang différant de Dubernardi , femelle, par sa coupe d’ailes ; le bord des inférieures, au lieu d’être droit et uni) est ondulé. La femelle de Léou-Fang, dont j’ai déjà parlé dans le Bulletin de la Société entomologique de France, diffère un peu de Dubernardi ; elle pourrait cependant appartenir à la même unité spécifique. Pour avoir la certitude, la connaissance de l’autre sexe est nécessaire et nous ne l’avons pas encore.
Pieris Genestieri, Obthr. (fig. 2).
Ailes oblongues ; fond blanc ; nervures noires ; bord costal et bord marginal teintés de gris-noirâtre. Cette teinte gris-noirâtre pénètre le long des nervures, jusqu’à la cellule, découpant la partie blanche en une série de macules intra-nervurales formant pour la plupart un ovale allongé.
En-dessous, la teinte gris-noirâtre est plus pâle et moins accentuée qu’en-dessus. L’espace basilaire costal des ailes inférieures est jauneorangé.
Antennes, tête, pattes, corps, noirs; côtés de l’abdomen gris-blanchâtre.
Recueillis en assez grand nombre d’exemplaires, tous mâles, pendant l’été 1901, dans la région du haut Lou-tse-kiang, par M. Genestier, à qui je me fais un plaisir de dédier cette Piéride, d’aspect très tranché et ne pouvant être confondue avec aucune autre espèce actuellement connue :
Pieris albivena, Obthr. (fig. 3).
Du groupe de Larraldei , Obthr. ; Nutans , Obthr. ; Haslata, Obthr. ; Oberthüri , Leech. ; se rapproche surtout de la forme Melania de Larraldei , dont elle diffère par ses nervures nettement écrites en blanc pur, jusqu’au
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contact de la large bordure noire qui occupe le fond du bord extérieur des 4 ailes.
Les autres caractères distinctifs d 'albivena, par rapport à Larraldei, sont les suivants : 1° Les taches blanches formant un arc au delà de la cellule des ailes supérieures, en-dessus comme en-dessous, sont plus pelites et forment une série plus régulière dans albivena.
2° Les petites taches blanches intra-nervurales, le long du bord extérieur des ailes, en-dessus, sont chez albivena moins aiguës, plus rectangulaires et contiguës au bord marginal, tandis que chez Larraldeimelania, les taches sont cunéiformes, plus reculées vers l’intérieur des ailes et n’atteignant pas le bord marginal.
3° La couleur du fond des ailes inférieures en-dessous, est d’un jaune très pâle et un peu verdâtre chez albivena , au lieu d’être d’un jaune orangé un peu ochracé chez Larraldei-melania.
4° Les taches sagittées noires, intra-nervurales du bord des ailes inférieures, en-dessous, sont plus aiguës et atteignent le bord marginal chez albivena, comme chez hastata et non comme chez Larraldei, où la pointe de ces taches reste assez distante du bord marginal.
Décrits sur un assez grand nombre de mâles, tous semblables entre eux, recueillis à Tse-kou par M. Dubernard.
Araschnia prorsoides, Blanchard ; Yar. de saison, levanoides, Blanchard ; aberr. melania, Obthr. (fg. 7).
Les Araschnia forment un groupe spécial dans les Nymphalidæ. Une espèce habite l’Europe, la Corée et le Japon ; elle est remarquable par son dimorphisme de saison : Prorsa-Levana.
Six autres espèces habitent l’Asie : Burejana , Bremer ; Doris, Leech ; fallax, Janson ; prorsoides, Blanchard (celle-ci avec sa forme saisonnière : levanoides, Blanchard) ; Davidis, Poujade; Oreas, Leech.
Déjà j’ai fait connaître une aberration (flavida, Obthr.; - ludes d' Entom. XIXe liv. pl. 7, fig. 64), suivant l’ordre d’albinisme ; cette fois, c’est une aberration mélanienne dont je publie la figure. Ce spécimen aberrant a été pris à Tien-tsuen par les chasseurs indigènes de M. le Père Déjean, en 1901.
Le dessus des ailes est d’un noir-brun foncé avec une bande maculaire jaune-orangé-clair, partant du bord costal des ailes supérieures pour aboutir au bord anal ; cette bande est formée de taches petites aux ailes supérieures, sauf les 2 médianes plus grosses et ovales, et d’un long trait assez droit, mais de forme un peu irrégulière aux ailes inférieures.
Le dessous est remarquable par un rembrunissement assez général, mais surtout accentué aux ailes supérieures.
Limenitis Dubernardi, Obthr. (fig. 8).
La Limenitis Dubernardi se place à côté de Limenitis Ciocolalina, Leech. (Butterflies from China ; pl. XVI ; fig. 4). Elle diffère de Ciocolalina par la forme de ses ailes moins arrondie, par l’accentuation de la bande maculaire qui, sablée d'atomes noirâtres en-dessus et plus blancs en-dessous, descend du bord costal des supérieures au bord anal des inférieures. De plus, chez Dubernardi, le fond des ailes inférieures en-dessous étant d’un brun-rouge-grenat, les éclaircies d’un blanc-bleuâtre se détachent comme suit : 1° 3 taches dans l’espace subbasilaire ; 2° la tache cellulaire ; 3° les 4 taches intra-nervurales descendant du bord costal et rejoignant la grande ligne maculaire, commune aux deux ailes ; 4° deux espaces le long du bord anal. Bien de semblable n’existe dans Ciocolalina.
J'ai dédié cette élégante Limenitis à M. Dubernard qui l’a découverte à Tse-kou, d’où j’ai reçu un très petit nombre de mâles.
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Chelonia Souliéi, Obthr., mâle, (fig. 5) ; femelle, (fig. 4).
Il est possible que les papillons figurés sous les nos 5 et 4, comme le mâle et la femelle d'une même espèce, appartiennent à deux unités spécifiques différentes. Cependant, la similitude générale des taches et dessins, m’a porté à penser qu’il s’agissait de deux sexes d’une même Chelonia , d’autant plus que la provenance est la même : environs de Ta-tsien-lou.
Les ailes supérieures en-dessus ont le fond brun-foncé avec les dessins jaune-chamois. Les ailes inférieures sont rouges chez le mâle et rouge-orangé chez la femelle, avec les taches noires.
En-dessous, les ailes supérieures sont plus pâles qu’en-dessus ; chez le mâle, les inférieures sont d’un rouge-rose près du bord anal et plus pâles vers le bord costal ; chez la femelle, elles sont uniformément jauneorangé et une partie des taches noires du dessus ne se voit que par transparence.
La tête est rouge ; le collier est jaune ; le mâle a le thorax velu ; les épaulettes sont noires, bordées des deux côtés de blanc-jaunâtre; l’abdomen est rouge en-dessus avec une ligne dorsale de macules noires, et chaque anneau abdominal est largement marqué de noir en-dessous ; les pattes sont rouge et noir.
Dédiée à M. Soulié, missionnaire apostolique du Thibet, éminent botaniste à qui le Muséum de Paris doit les plus précieuses collections de plantes thibétaines.
Arctia Mussoti, Obthr. (fig. 9).
Petite Arctiide aux ailes supérieures brunes, avec dessins blanc-jaunâtre, et aux ailes inférieures, rose-orangé avec quelques taches noires.
Les dessins des ailes supérieures consistent en deux séries de macules de forme inégale, suivant une direction générale assez droite ; l’une, le long du bord costal, l’autre, le long du bord inférieur. Cette dernière série de 4 taches se termine par une macule plus grande que les autres en forme de V, se reliant près du bord extérieur, à la dernière du bord costal.
Le dessous ressemble au dessus mais plus pâle ; les taches des ailes supérieures sont blanc-rosé. La base des antennes est blanche ; il y a à leur insertion un point blanc ; les épaulettes sont bordées de blanc extérieurement ; les anneaux abdominaux ont l’incision rouge-carminé en-dessus et blanche en-dessous ; les côtés de l’abdomen ont une bande rose-carmin. Les pattes sont blanchâtres et grises.
J’ai reçu une seule paire de Ta-tsien-lou, récoltée par les chasseurs indigènes de M. Déjean ; j’ai dédié cette nouvelle Arctiide à M. Mussot, missionnaire apostolique du Thibet.
Gallimorpha monilifera, Obthr. (fig. 6).
Le fond des ailes est jaune d’or semé de taches noires comme suit: une série contiguë au bord extérieur ; une autre série descendant du bord costal des supérieures au bord anal des inférieures, de forme assez régulièrement ovale, comme les grains d’un collier ; une troisième série parallèle à la seconde, mais moins régulièrement disposée ; enfin deux autres séries de moins en moins régulières, surtout près de la base des supérieures ; l’abdomen noir est annelé de jaune sur le ventre et sur le dos, avec les côtés jaunes ; le thorax est jaune maculé de noir ; les épaulettes noires sont extérieurement bordées de jaune.
Je possède un seul exemplaire récolté à Siao-lou parles chasseurs indigènes de M. Déjean.
Charles Oberthür.
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de 1879 1 à 1901
(Vol. 2. page 359.)