‹ Histoire de la monarchie de juillet de 1830 à 1848Chapitre 19 sur 78 · II · texte numérisé non relu

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le Divan les offres de l'envoyé du vice-roi , lord Palmerston agissait à Londres et saisissait roccasion favorable de frapper le coup médité par lui depuis longtemps. Il insista avec force sur les vues d'agrandissement de la France dans la Méditerranée , s'adressa aux sentiments de susceptibilité et de jalousie nationales, posant la question de cabinet, plaçant ses collègues entre l'adoption de sa politique et la certitude d'un ébranlement ministériel ; il soutint énergiquement que le pacha était hors d'état d'opposer une vigoureuse résistance, que la France céderait au moment décisif. La paix de TEurope ne serait pas troublée, la France et l'Angleterre ne seraient pas brouillées, et l'Orient serait réglé comme celle-ci l'aurait voulu. Poussés par lui et par M. de Brunow,ses collègues, les plénipotentiaires de la conférence se crurent en droit d'attribuer aux intriguesdeM. Thiers la destitution de Ehosrew, la démarche pacifique du vice-roi dont le succès aurait eu pour double conséquence l** de mettre à néant la note du 27 juillet et l'action collective des cinq puissances; 2^ d'assurer le triomphe complet et personnel de la France. Tout semblait démontrer que M. Thiers avait voulu mystifier l'Europe, se ménager un succès exclusif, promener la conférence de délais en délais, d'atermoiements en atermoiements, jusqu'au jour où ses menées auraient abouti en Orient L'insurrection de Syrie, la tentative d'arrangement direct levèrent tous les obstacles, apaisèrent tous les scropules des collègues de Palmerston, des ambassadeurs d'Autriche et de Prusse. Le prince deMetternich ne voulait rien contre Londres et n'osait rien contre Saint-Pétersbourg ; il se laissa entraîner. L'Autriche, on l'avait dit, était toujours la veuve inconsolable de la Sainte- Alliance ; l'idée de la faire revivre n'avait pas peu

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contribué à séduire le premier ministre autrichien.

Du 8 au 15 juillet, on s'entendit sur tous les points, on régla par des conventions particulières les moyens d'action, et le 15 juillet, jour de la clôture des Chambres françaises, le traité de Londres fut définitivement signé.

M. Guizot avait été tenu à l'écart des dernières délibérations, et c'est le 17 juillet seulement que lord Palmerston lui signifia la résolution des quatre cours, dans un mémorandum, où il essayait, sous des formes doucereuses et caressantes, d'atténuer ce que le procédé avait de blessant au fond. Le traité, dont le cabinet des Tuileries ne connut la teneur que le 16 septembre suivant, avait été conclu sans Tadhésion de la France, à l'insu de la France, et en réalité contre la France. On n'avait pas même pris la peine de lui demander son dernier mot, de lui soumettre la convention proposée, en lui laissant le choix de la rejeter ou non. Les lettres de créance de Frédéric-Guillaume IV n'étaient point parvenues à M. de Bulow, et cependant on avait accepté sa signature. On était si pressé qu'un protocole spécial déclarait le traité exécutoire immédiatement et d'urgence, sans attendre les ratifications, mesure sans exemple dans les fastes de 'a diplomatie. N'était-il pas étrange enfin de voir les puissances a dans un prétendu intérêt d'humanité et afin de prévenir l'effusion du sang n s'opposer au rétablissement de la paix, ne pas vouloir que celle-ci revînt si elles ne la ramenaient point, se jeter une seconde fois entre le suzerain et son vassal pour les séparer? On prétendait rétablir un peu d'ordre et d'obéissance dans toutes les parties de l'empire turc et on y fomentait des insurrections! Ce n'était ni logique, ni loyal, et l'on semblait multiplier gratuitement les façons d'agir les plus propres à exciter notre susceptibilité.

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Le traité du 15 juillet contenait les stipulations suivantes : le sultan promettait d'accorder à Méhémet-Ali et à ses descendants Tadministration héréditaire de TÉgypte, l'administration viagère du pachalik d'Acre, avec le commandement de la forteresse de Saint-Jean d'Acre; mais ses offres devaient être acceptées dans les dix jours de la notification qui lui en serait faite, sinon le pachalik d'Acre serait retiré. Après un nouveau délai de dix jours le pacha perdrait l'Egypte. Il remettrait à la Porte sa flotte, ses troupes évacueraient l'Arabie, les Villes Saintes, l'île de Candie, le district d'Adana. Pour faire réussir cet arrangement, les quatre puissances signataires s'engageaient à agir dans un parfait accord ; si le vice-roi refusait d'adhérer aux propositions de Sa Hautesse, elles lui prêteraient l'appui de leurs escadres et leur assistance militaire. Si le vice-roi dirigeait ses forces de terre et de mer vers Constantinople, les hautes parties contractantes, sur la réquisition expresse du sultan, convenaient de pourvoir à la défense de son trône, en mettant, au moyen d'une coopération commune, à Tabri de toute agression, les deux détroits et la capitale de l'empire. Il demeurait expressément entendu que cette mesure exceptionnelle ne dérogerait en rien à l'ancienne règle fondamentale, en vertu de laquelle l'entrée des détroits avait été de tout temps interdite aux bâtiments de guerre des puissances étrangères, et que le sultan déclarerait sa ferme intention de maintenir à l'avenir ce principe invariable. Cette dernière stipulation impliquait l'abrogation virtuelle du traité d'Unkiar- Skélessi. C'est àceprix que lord Palmerston avaitassocié ses rancunes à la haine du czar; c'est avec cette concession qu'il avait réussi à entraîner ses collègues et le prince de Metternich.

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