LA GALATIE, LA GAPPADOGE, • LE PONT
valeur de la moitié sont rares et rappellent le victoriat romain de la même époque (1). II ne parait pas qu'on ait émis des pièces de valeur quadruple (2). Depuis Commode, les poids deviennent fort irréguliers; quant au métal, il passe petit à petit de l'argent au billon et du billon au cuivre. Dans toutes ces variations, la Cappadoce suit exactement l'exemple de la Syrie, ce qu'explique et justifie sa position, tant géographique que politique. De même qu'en Syrie, on trouve originairement en Cappadoce deux sortes de tétradrachmes, et il est probable que, comme dans les contrées voisines, les monnaies de poids attique étaient la monnaie royale, et celle de poids tyrien la monnaie municipale. L'influence romaine fît également cesser plus tard •» Antioche. l'émission des tétradrachmes qui furent remplacés par des drachmes, ce qui eut lieu aussi à Aradus. Enfin, le monnayage impérial de Césarée est en somme semblable à celui d' Antioche, avec cette différence qu'à Antioche on fabriquidt surtout des tétradrachmes et à Césarée surtout des drachmes avec quelques didrachmes, rarement des trioboles, et qu'à Antioche le poids des pièces était en géné-
Cat. Thomas, Uake); 9^M (=«7. Mionnel, t. IV, p. 410, n- il);Z^M (= 66 8/4, Mlonnet, t. IV, p. 410, n<' 18). Les monnaies des autres empereurs Jusqu'à Commode inclusivement s'accordent en général avec ces poids.
(1) tf,2Z (=23 1/4, Vespasien, MIonnet, SuppK, t. VII, p. 669, n« 21); 1*',91 (=36. Hadrien, Mionnet, t. IV, p. 415, n" 55); 1«%84 (=34 3/4, Hadrien, Mionnet, t. IV^p.4i5, n*S6); ]*%82 (=34 1/4, Hadrien, Mionnet, Soppl., t. VII, p. 671, n* 70). Ces monnaies ont ordinairement pour type une Victoire.
(3) Une pièce de Néron, frappée i Césarée, pèse t4s',49 (=272 3/4, Mionnet, t. lY, p. 409, n* 13); elle n'est pas d'argent, mais de potin. Les autres, grandes pièces d'argent, que l'on attribue ordinairement à Césarée, sont des cistophores avec des noms d'empereurs et une légende grecque; elles n*appartiennent assurément pas à la Cappadoce, liiais à l'Asie occidentale.
Contréei
limitrophes
de la flrontlère
orientale .
58 ar. J.-C.
rai un peu plus fort qu'à Césarée. Si donc Maecianus, qui écrivait sous Antonin le Pieux, cite le tétradrachme et la drachme (t. II; p. 87, note 2) comme exemples de moor naiesétrangères ou plutôt moitié romaines, il est à présumer que c'est du tétradrachme syrien et de la drachme de Gappadoce qui en dérive, qu'il veut parler. Rien cependant n'empêcherait en même temps de supposer qu'il a voulu faire allusion au cistophore d'Asie et de Bithynie, qui, en effet, était un tétradrachme (t. I, p. 65) et de la pièce qui s* y rattachait directement, la drachme de Rhodes. Il est donc probable que la Gappadoce avait été soumise, pour les monnaies, au même régime que la Syrie; l'émission des monnaies avait été partagée entre les deux capitales des provinces, suivant l'importance de chacune; et la drachme de Césarée, d'un poids égal au denier romain, ne valait, d'après le tarif du gouvernement, que 3/A de denier (t. I, p. A9). Le monnayage dont nous venons de parler a une grande affinité avec celui de toutes les contrées situées sur la frontière orientale de l'Empire et dont la base était toujours la drachme attique. Les pièces d'argent du roi nabatéen Arétas, dont nous avons déjà parlé (t. Il, p. &89, note 2\ sont des drachmes attiquCvS. La drachme nouvellement découverte du roi de Colcbide, Aristarque, frappée vers Tan 702, est également attique (1); enfin surtout les
(1) Tétederoia^ec la couronne radiée. ^^BAZAEnZ(^ic) APIZTAPXOY KOAXÂOZ (sic). Femme assise, coiffée du bonnet phrygien^ une rame i la main et un vase sur ses genoux ^ les chiffires Bl, placés au-dessons, indiquent probablement la date. Le poids est de 8*%72 (=^70 grains), Koehne, Musée Kotsckouàey, t. II, p. 480, 446, etc. — Quant i Aristarque auquel, yers l'an 691^ Pompée donna le royaume de Golchide, vop. Applan., de Bell. Mithr.,iU, — Eutrop., VI, 14. ^ RufuS; 16, — Cf, Dramann, Gesthichte Roms, t. IV, p. 470. j'
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pièces d'argent des rois parthes qui pèsent au maximum 4«',15 (1), ainsi que les trioboles et les oboles d'argent qui s'y rapportent et qui du reste sont fort rares (2), rentrent également dans le système attique. Toutes ces pièces ont une grande analogie avec celles de Gappadoce de la même époque; mais l'absence des tétradrachmes royaux et la légèreté des drachmes peuvent faire supposer que le monnayage a commencé ici plus tard que dans la Gappadoce. Pour en déterminer l'époque, il faut attendre que la chronologie des anciens rois arsacides ait été mieux éclaircie (8). Dans ces pays, la drachme s'est maintenue pendant plusieurs siècles avec une régularité merveilleuse ; elle ne s'est nullement ressentie de la réduction du denier sous Néron, ni de la dépréciation complète à l'époque de la ruine totale du système monétaire, ce qui prouve, aussi
(1) A l'exception d'une pièce, tout A lait singulière et dépagnantprolMiblement le poids normal, qui pèse 4^,44 (=68 1/2, Lindsay, Parlhion Coins, p. 217, n* 6), les deux plus fortes pièces, d'après Mionnet, pèsent A^,U (=78), treize entre \^,Q% (=76 3/4) et 3«',93(=74), les quarante-quatre autres sont au-dessous de ce poids et descendent jusqu'à 3s',l3 (=59} ;la pièce la plus pesante donnée par Lindsay est du poids de 4*',1S (=04); les dix qui suivent, entre 4«',02 (=62)et 3«',92 (=60 1/2); les trente-sept suivantes, entre 3<',89 (=G0) et 3^,63 (=56); les vingt-cinq qui viennent après descendent jusqu'à 2i%88 (=44 1/2) et 2k',62 (=40 1/2). 11 semble que la différence du temps ne fasse pas de différence dans les poids.
(2) Des trioboles pèsent 1>',68 (=26, Lindsay, n" 85, cf. d" 22); des oboles 0«',64 (=12 grains, Prokesch, Ined., 1859, p. 329); 0«%58 (=9) et 0«',52 (=8) (Lindsay, n<" 4, 48). Il semble qu'il y ait erreur dans les pièces décrites par Mionnet (t. V, p. 650, n»* 7 et 8), qui, d'après l'indication du poids, devraient être des di drachmes.
(3) On ne peut pas croire que ce monnayage remonte jusqu'à Arsace II,
qui monta eur le trône en l'an 506 de Rome. Des drachmes, qui par exception 248 ar. j.-c. sont datées, portent les dates PKE, (U5),et CAP, (233), (Prokesch, /ned., 1859, p. 388. — Lindsay, /. «Y., p. I3i) qui répondent aux années de Rome ^^ •* ^ *^' J--<^- 560 et 674.
318 GHAPITHK IV.
bien que le poids de ces pièces» que la drachme des Parthes n'avait rien de commun avec le denier romain. L'extinction de la dynastie des Arsacides (227 après J.-C.) ne change rien à ces monnaies; les Sassanides continuent à émettre la même pièce d'argent d'un poids approximatif de à^fih, avec les demies et les sixièmes qui en dérivent (1). Ces pièces représentent toujours la drachme euboïque, avec ses trioboles, ses oboles d'un poids un peu plus léger, et même les califes arabes, qui sont venus après, ont, avec une légère diminution de poids, conservé le même système (2). Les Arsacides n'ont pas frappé de monnaies d'or, celles des Sassanides sont fort rares, quelques-unes pèsent 8*',i8, à peu près comme les didrachmes attiques, tandis que les autres se rapprochent du poids de l'aureus romain du moyen empire, et que celles du iv* siècle se rapprochent des pièces de Constantin (3) .
Nous parlerons des monnaies municipales des villes
(1) Mordtmann {Zeiischrift der deuischen morg. Gesellschaft, t. VUl, p. 144) donoe à la pièce des Sassanides le poids de i*'fii (=84 as).— M. de Longperler {Essai sur la monnaie des Sassanides) 4>',20 (=79 grains). — Dans le Catalogve Thomas seulement 3»',79 (=58 i/î). On trouve encore des trioboles et des oboles sous Ardeschir I* et Schapour I*^ II, III. Des demi-obolea de Schapour II et III sont citées par M. de Prokesch, /. cit., p. 332.
(2) Mordtmann (loc, cit., p. 172) donne à la drachme des Sassanides le poids de5i',9S(=81,75as).
(3) Parmi les pièces d'or décrites par Mordtmann (/. cit.), il y a deux didrachmes attiques, l'un d'ArdeschIr I*' (226-358 ap. J.-C.), qui pèse 8>',48 (=17C,6 as), et l'autre de Schapour H (308-580 ap. J.-C), qui pèse 8*^,45 (=175,5 as). Six autres didrachmes frappés sous les règnes de Schapour I*' (358-264 ap. J.-C.) et de Schapour H pèsent 7<',56 (=155,11), 7*',26 (=:151), 7r^25 (=150.5), ?«%22 (=150,34, deux exemplaires), 7«%19 (= 149,04); enfin, un de Schapour III (383-388 ap. i.-C), pèse 4r,30 (=89,5) et un de ChusraTi*' (551-579 ap. J.-C.)f 4*',08 (=85). L'aureus de l'époque impériale moyenne pèse 7r,3 à 7*^,4, le solidus de Constantin, 4»' 55. (Cf. sup*^, p. 04.)