CHAPITRE I
de l'Italie et de la Sicile; mais il est loin de se retrouver partout au complet et dans les mômes conditions. Ainsi, les villes de la Tbessalie, de l’Eubée et les colonies chalcidiennes ont frappé des drachmes et des fractions de drachmes et n’ont pas frappé de didrachmcs. Nous savions par les monnaies de Siphnus et de Naxos que ce système était généralement répandu dans les Cyclades; et deux trésors, découverts à Théra et à Milo, sont encore venus confirmer cette donnée (1). En effet, la trouvaille de Théra a été soigneusement examinée, et sur 760 statères ou demi-statères d’Ëgine quelle renfermait, il s’en est trouvé 541 au type de la tortue.
Dans l’ile de Crète, on comptait en statères d’Ëgine (2) ; quelques-unes des plus antiques monnaies de cette île «ont du poids le plus ancien (3) ; on trouve en même temps les moitiés et les quarts de statère correspondants, mais jamais de tiers. Ce poids élevé ne put cependant se maintenir longtemps, et bientôt le statère de Crète tomba au niveau du statère de Perse, ce que l'on peut attribuer au grand nombre de monnaies perses qui circulaient dans l’île (4). Il ne parait pas que le statère d’Égine ait jamais pénétré dans l’île de Cypre ou dans l’Asie Mineure, car les
(1) Borrelt., jVum. Chron., VI, p. 134.
(2) Atlicn., IV, 22.
(3) Quelque» pièce» de l.yttus pè»ent 12«T,42 (= 101 ,7. Mu». Bril., nvec ta légende AV III; 12'', 16 ( = 229, Mlonuct, t. II, p. 287, n* 229, avec la légende WM SON ); une de Phac»tus, 12«' ( = 226, Mionnet, t .11, p. 290. n* 248, avec In légende CAIMTIKON rétrograde.— Comp. Thomas, p. 226. — Pinder, p. 65.
(4) Mionnet, Poirfr, p. 1 18 et *uiv.— BœeUi, p. 102-104.— Thomas, p. 221
et suiv. Le dldrachme et la drachme avec l'ancienne légende AOPTV- NOMTOCASr'A ne pèsent que 1 1 ■',2.7 (=173,3, Lente), et GO ( = 86,4, l.cake). ,
Le statère d'Kgine se confond avec le statère perse dans nie de Crète et en lonic.
(')•> INTRODUCTION HISTORIQUE
monnaies de Téos d'Ionie sont, comme celles de MUel, des slatères du système perse (1).
A l'époque de l’empire romain, les monnaies du système d’tfgine avaient, suivant toute apparence, été remplacées sur tout le continent européen de la Grèce par les monnaies attiques et romaines. Elles furent cependant conservées un peu plus longtemps dans l’île de Crète, mais avec une diminution de poids et furent assimilées dans le commerce et par les tarifs à la monnaie perse, telle qu’elle existait alors en Cilicie. Pollux, en estimant les monnaies ciliciennes à un demi-denier, et l’Anonyme d’Alexandrie, en fixant à G drachmes des Ptolémées (= 1 denier 1/2) les drachmes île l' Ile, n’ont eu évidemment l'un et l'autre en vue que les monnaies créto-ciliciennes. De quelle autre île, en effet, pouvait-il être question à Alexan» drie lorsqu’il s’agissait de monnaie? Nous allons voir que la contradiction qui se remarque entre les évaluations de
(I) La principale pièce de Téos pourrait, d’après son poids , passer pour un didrachme du système d’Eglne; d'autres pièces sembla Ides arec un nom de ville pèsent 12",t7 (=187,8, Thomas, p. 317); II", 92 (=224 1/2, Mlonnet, Poids, p. 149, n* 1468); I l",71 (=220 1/2, Mlonnet, ibid.,p. 150, n* 1 88G du Suppl.); 11", 42 (= 170,2, Thomas); d’autres pièces sans nom de ville, mais qui appartiennent certainement h Tèos, pèsent 11", 95 (=225, Mionnet, liirf., p. 149, n* 1450) ; 11", 94 (Pinder, p. 65); 11",B9(= 183 1/2, Hunier); 1 l",?(i (=183,1, Thomas, Leake); II", 79 ( = 222, Mlonnet, ibid., n* 1455); 11", 55 (= 178 1/4, Hunter, = 178,2, Thomas); 11", 49 (=177,4, Thomas) ; 11", 45 (=215 1/2, Mionnct, ibid., n* 1454); tandis que les tétradrachmes de 15 grammes qui se trouvent souvent mêlés avec ces pièces dans les mêmes trésors, appartiennent plutôt 5 Abdère. Mais ce qui est décisif, c'est que la seule fractien importante qui s’y rencontre est le tiers; ainsi, pour ne citer que des pièces avec un nom de ville, on en trouve qui pèsent 3", 04 (=50,2, Thomas, Leake), 3", 60 (=07 3/4, Mionnet, Poids, p. 150, n* 1890 du Suppl.); 3" ,56 ( = 54,9, Pembroke, Cal., p. 194, Leake), Il y a Lien des moitiés en or, mais pas en argent, (l'oy. ci dessus, page 10, note 2.)