DÉPÔT DE G1N60LI. — N* 231. A
Type du semis : Ordinaire.
Fabrique : Sur les deniers a, 6 on voit quelquefois des lettres latines du côté du droit, des symboles accessoires , des lettres numérales, ou des lettres latines ou grecques sur le revers.
Rareté : C.
/Denier a MG (65).RF.FR.C.SC.C0LL.SA (4). J SF(1).CARR.CI(4).
Dépôts : iDeDier6MG(27).RF.FR.G.SG.SA(6).GARR.
l GI(1).
(Gohen, pi XXVI, Marcia, n»- d et 7, et pi. LVIII, n»- 9 et 10.)
Légende: kn droit S- C —Monétaire : ^ Tl. CLAVD(tu«) Tl F. AP.N (1).
Espèce : Denier, sans la marque de sa valeur.
Type du denier : Tête de Diane accompagnée de Tare et du carquois. ^ Victoire dans un bige.
Forme des lettres : 1 = 50.
Fabrique : Bord dentelé. Lettres numérales sur le revers jusqu'à CLXV au moins; une autre série avec A devant le
(1) Probablement Tiberins Nero qui dans la guerre des Pirates en 687 97 «v. J.-C. avait un commandement sur la flotte sous les ordres de Pompée (Appian. Mithridat., XCV.— Florus^ 1, 40^ éd. Jahn) et qui en 691 donna son avis dans «3 av. J-c . rassemblée du Sénat. (Sallust., Catilina, L.— Appian. Bellum civile, 11, 5). Ce personnage est sans doute le grand-père de l'empereur Tibère, mais nous ne connaissons ni son père ni son grand-père. — C'est la première fols que nous trouvons le nom du grand-père du monétaire mentionné sur les monnaies. (Supra, p. 173).
[Ce denier s'étant trouvé dans le dépôt de Cfngoli est évidemment antérieur à l'époque que lui assigne Cavedoni {OEuv. compl. de Borgtiesi, t. I, 79 et 7S at. j.*c p. 186, note de Cavedoni) entre 675 et 681.] p,
AAO CHAPITRK JX.
nombre et allant au moins juaqu'à CXXV. Borghesi, (Dec, II, 9; Œwor. compl., l. 1, p. 485) explique A par Aller (?).
Rareté : C.
Dépôts : RF.FR.G.SC.GOLL.SA (9). SF (3). LIR (8). HSZ. Cl (1 assez beau). AR (6).
(Cohen, pi. XII, Claudia, n« 3.)
sret 81 «v. j.-c. Pièces de Sylla frappées de 666 à 673 (1).
Monétaires : a ^ L. SVLLA IMP {erator) ou IM. ; au droit L MANLI(tis) FRO.aimestore).
19 lir. J.-C. (1) A la fin de Vnn Qli, la loi Valeria conféra à Sylia la dictature et il prit la même année le titre de Feiix (Dramann, Getchichte Roms, 1. 11^ p. 474 et 475); depuis lors il ne s'appela plus que F^/ix^tcfator et quitta, comme de raison^le titre d'imperator qui ne convenait plus à la magistrature purement civile qu'il occupait.
Ce changement de titre se trouve confirmé par les Fastes Capitolins. Il avait conservé Jusqu'alors son titre à^inyaeraior (Cic. Brutus, XLVIII^ 179; Philipp., XIV, 8, 23; Pro Rab, Post., X, 26. — Epigram. op, Appian. Bell. ctv., 1, 97). Le titre de imperator iterum^ que lui donnent quelquefois les nié dallles, ne se rapporte pas aux nombreuses victoires qu'il remporta sur Mi- 87-84 ar. J.-C. tbridate, de 667 à 670; car un général ne pouvait être proclamé imperator qu'une seule fois dans la même guerre (Dio Cass. LX, 21). Mais il est probable que ce titre lui avait été déjà donné une fois, soit dans sa campagne de
fi et J.-C. CIlicie, qu'il fit en qualité de propréieur en 662 (Piutarch., Sylla, V), soit pendant la Guerre Sociale, et on avait tenu compte de ce renouvellement de titre^ comme nous le verrons aussi pour L. iEmillus Paullus (n* 280). Cependant il ne faudrait pas regarder les monnaies sur lesquelles on lit IMP. comme plus anciennes que celles sur lesquelles on trouve IMP. ITERVMî ear nous savons par les inscriptions, que l'usage d'ajouter iterum commença seulement à s'introduire vers cette époque, et qu'il n'était pas encore devenu une règle flie ni exactement suivie. Les trois premières pièces ont donc pu 87-8« av. j. c. être frappées entre les années 667 et G72. On lit dans Plutarque {Lucullus, II) au sujet de L. Lucullns : Ai ixcCvou èxdicv) xb «Xtlorov Iv IIeXoicowi{oy «cpl T^v lli6pt8aTix6v in^Xc^iov xa\ Aouxou\><iov àiz ixe(vou TctocT^YOpcuOr) xa\ dieTiXc9CV iic\ icXcîOTOv Oic6 tû>v oTpaTuuTixtdv yp€Ùuyf iv t<^ icoXéji<|> Xa(j.6dv<av d(ioi6^v Totxclav. Lorsque Sylla, après la {guerre contre Milbrîdate, imposa uue
83ftr.J.-C.
PjfcCES DE SYLLA. — N* 232. AAl
b S^L. SVLA. IMPE.
contribution de guerre aux villes de l'Asie Mineure, 11 ordonna à Lucullus de faire rentrer cette c-ontrlbutlon et de battre monnaie : Td tc xpi^tutta xwjxol icpà^ai xi\ vdjxKTpia xd(|»ou. Lucullus, qui avait servi sous les ordres de Sylla en Asie comme questeur, et ensuite comme proquesteur, resta dans cette province après le départ de son généra].(Cic.ic(7d.pr.,II, 1, 1 : m Asiam quaestor profectus ibipermultos annos admirahili quadam laude provinciae praefuit), li eut donc par deux fois l'occasion de battre monnaie; la première fois en g^ ^, j ^q 6G7, dans le Péloponnèse pendant le siège d'Athènes, ensuite depuis 671 après le départ de Sylla. Nos monnaies s'accordent parfaitement avec ces données historiques, seulement elles ne portent pas le nom de Lucullus. En effet, comme nous l'avons déjà vu, elles ont été frappées à diverses époques, les unes avant, les autres après le départ de Sylia ; ensuite la fabrique des pièces avec la légende IMP. ITERVM convient bien à une émission faite hors de Rome. Troisièment enûn (et c'est ce qu'il y a de plus remarquable), l'émission exceptionnelle des monnaies d'or de Sylla ne s'explique que parce qu'elle eut lieu en Grèce et dans TAsle Mineure, par conséquent dans les pays où la monnaie d'or était d'un usage général.
On pourra se demander comment il se fait que ces pièces dont plusieurs sont assez communes, et qui ont dû être frappées entre les années 666 et 67?, gg^gj ^^ j^ ne se sont cependant pas rencontrées dans les dépôt? de Fiesole et de Montecodrazzo, enfouis en 666-670 et en 673, et ne se sont trouvées qu'en très- gj ^^ j ç
petit nombre dans celui de Roncofreddo enfoui en 683 ; mais il ne fout pas .. * j .r ' oublierqoeles communications furent presque entièrement interrompues entre l'Italie et l'Orient pendant la période de 667 à 670, et que les pièces d'or de Sylla (Plutarque le dit formellement) étaient avant tout destinées à circuler en Orient. 11 ne faut donc nullement s'étonner que ces pièces n'aient pénétré en Italie que quelques années plus tard.
Les pièces de cuivre au contraire peuvent bien avoir été frappées dans ritalie méridionale pendant la guerre de 673, d'autant plus que tout ce qu'on en connaît jusqu'à ce Jour se trouve dans la collection d'un Napolitain, et que Tas entre autres a été positivement trouvé à Maddaloni dans la Campanie. (Riccio, Cat, p. 76).
Il n'est pas probable que L. Manlius soit le même personnage que L. Torquatus qui frappa le denier n« 169; on pourrait plutôt pen:^er à L. Manlius, gouverneur de la Gaule Narbonnalse vers 677 , (Oros. V, 23.— T.-Li v. Epit, XC), nommé L. Mallius, par César (Bell, civ,, III, 20), ou L. Lollius, par Plutarque (Sertoriust XII). — {Voy, Drumann ^Geschichie Roms, t. IV, p. 857.— Borghesl, De?. Vil, 9, p. 39; OEun. compl,, t. I. p. 364.)
A. Manlius A. F. est le personnage qui joua un rôle dans la guerre conire Jugurtha ou bien Manlius qui prit part vers cette époque à une délibération du Sénat relative aux habitants de Tlbur. Un des deux Manlins nommé sur les pièces de Sylla est sans doate celui qui combattit à côté de ce général auprèa de la porte CoUine (Plutarch., Sylla, XXIX).
82 av. J.-C.
AA2 GHAPITRK IX.
c Au droit L. SVLU. ^ IMPER.ITERVM ou
ITERV (1).
d Au droit A. MANLI (us) A-F. a(uaestor) (2). Espèces : a, c, d aureus; a, c deniers; 6 as, triens et sextans (3). Marque de la valeur sur le cuivre seulement. Pied monélaire de for : ^ de la livre (a, c, d) ou ^ de la livre. Voy. supra^ p. H8.
— du cuivre : Se rapproche plus de la demi-
once que de l'once, i ^Jà." '^' Types de V aureus el du denier a : Tète de femme avec le casque ailé-, à côté 1 ou T (4). ^ Jupiter dans un quadrige tenant une branche de laurier ou le caducée et couronné par la Victoire (5).
(1) ITERV, «?oy. CavedonI, Saggio.p. 143.
(2) Telle est la légeDde de rexemplaire da cabinet de France. Cohen, pi. XXVI.ifan/ta n« 4. La légende n'est pas complète sarla pièce de la col* lecllon Pembroke : A. MAN*- et L. SVLL. FE*'* {Num. Pembr, l, pi. VIII, avec moins d'exactltule que dans le CatcU, p. 77).
(3) Le triens et le sextans sont cités par Rlcclo, Cat. p. 70, mais sans qo'il en donne la description.
(4) Le signe X on T qui sur une partie de ces pièces se lit après le nom MANLI n'a pas encore été expliqué d'une manière satisfaisante; peut-être est-ce un chiffre indiquant les 60 années de Tàge de S>lla ? Nous retrou-
1A8 av. .T.-c. vous Un fait analogue sur les pièces de H. Antoine : Sylla était né en 016, 87 av. j.-c. nous avons ?u p. 440, note 1 que ces pièces ont dû être frappées en 067.
[Gavedoni (Nuovi studii, p. 17) conteste cette explication de X= 50 et son attribution à l'âge de Sylla en la remplaçant par une autre plus contestable encore. 11 pense que la lettre T slgnifle triumphalis, ce qui donnerait lien de croire que ces pièces aTaient été frappées d'avance pour être distribuées en largesses à Toccasion du triomphe de Sylla.] B.
(5) Quoi qu'en dise Eckhel (Dod. num, vei,, t. V, p. 190) le triomphateur qui est dans le char n'e&t certainement pas Sylla. A cette époque on n'aurait pas
. encore osé représenter ainsi sur les monnaies un fait contemporain, et d'ailleors ces pièces ont été frappées plusieurs années avant le triomphe d^ 81 av. J.-c. Syll' <I"^ ^*^^ li®° ^^'^^ 073.
PIÈCES DE SYIXA. — N» 2.^2. 44^^
b as : Type ordinaire.
c aureus et denier : Tète de Vénus diadémée; devant, Cupidon tenant une palme. A Le praefericulum et le lituus entre deux trophées (1).
d aureuê : Tète de Teiume casquée. ^ Statue équestre ; à côté on lit: L. SVLL(ac) FELI(ci) D\C{tatori) (2).
Forme des Utlres : Sur Tas on lit L.SVA, ce qui fixe les données incertaines sur la fornie de la lettre V qui est aiguë dans la ligature sur Tas seulement. (Foy. Riccio, Cat. , pi. V, n^* 12 et 13, et Mon. di fam., p. 243. — Bull, de Vlnêt. arcA., 1844, p. 187; 1856, p. 79. — Cohen, pi. LUI, Cornelia^ n* 13.)
La consonne V n'y est pas redoublée, comme sur les pièces d'or et d'argent.
Fabrique : a Le flan tantôt petit et épais, tantôt mince
[Dans les Nuovi studii{p. 17),CavedoDi conteste cette appréciation de notre •ntear. Un fait analogue se trouTO sur les pièces d'or de Pompée. Jupiter est toujours représenté le buste nu , et le foudre à la main comnne sur les moooales de Q. et de C. Metellus, de C. Domltius et de M. Vargnnteius (il** 143, 131, 167 et 132). Ici le personnage est en costuoie triomphal; les deniers peuvent, d'après Gavedoni, avoir été frappés quelque temps avant le triomphe de Sjrlla qui eut lieu en 073 pour servir aui largesses qui devaient se faire dans cette occasion]. B.
( I) Appien {Beli. ctv., I^ 79) parle du pontiflcat de Sylla; les deux trophées font allusion à son titre de imperator iterum. Nous verrons une allusion semblable sur les monnaies émises par Paul Emile : PAVLLVS TER, sur le dedfer n* 280. L'allusion aux deux trophées lie Chéronée ne nous semble pas admissible (Pausanias^ IX, 40. — Plutarch., Sylla, XIX, et de Fort. Rom. IV).
(2) L'inscription PELI se rapporte à la statue, et doit se lire FELI(ci) plutôt que FELI(a;). Appien (Bell, civ., 1, 97) raconte en effet que pendant la dictature deSylia, on lui érigea aux rostres une statue équestre et dorée avec l'inscription KopvnXCou £uXXa Vjvcjxdvoc cOtuxoO;. {C\c. Philipp., IX, 6, 13.» Vellelus Paterc. Il, 61. — Suetun. Caviar, 75.— DioCass, XLIl, 18;XL!||,49. i-Çf. Drumanoi Geschichte Roms, t. Il, p. 474.)
et large (Borghesi, Dec. I, 1, p. 8; OEuv. compl, t. 1, p. 140).
c Les pièces d'argent sont toutes de fabrique grossière (Eckhel, Docl. num. veL, t. V, p. 190).
Rareté : a, 6, c, d C ; c R.
Di^pôts : a RF.FR. (en grand nombre, Gavedoni, Saggio, p. 19). G.SG.G0LL.SA(15).SF(4).L1R(10). Dans le trésor de Diamanley 40 exemplaires bien conservés (Riccio, Mon. di fam.^ p. 134).
c FR.G.G0LL.SA(5).LIR(2).
(Gohen, pi. XXV, Manlia, n- 2 et 3; pi. XXVI, n*4; pi. XV, Cornelia, n» 17 et pi. LUI, n* 13.)
La pièce d'or suivante, sans légende, a été décrite dans le Catalogue de la Coll. Thomas, p. 297, n« 21 32, et à cause de son poids, 68',462 (= 84, 3«' anglais), elle a été classée parmi les monnaies de Sylla, comme valant la moitié de l'aureus ordinaire. En voici la description :
Tète de Diane avec l'arc et le carquois. ^ Statue de Diane d'Éphèse; dans le champ un cerf et une abeille.
Gette pièce est donc parfaitement semblable à celle qui est décrite par Mionnet (t. III, p. 151 ; 5upp/., t. VI, pi. III, n* 2) , ayant le poids ordinaire attique (8»', 4=158, 5 grains) , et la légende E<t>EZinN. Par son poids, cette pièce se rapproche il est vrai beaucoup plus de ^ de la livre romaine (= 5«',46) que du pied monétaire des pièces d'argent du système perse ou des statëres d'Égine {voy. 1. 1, p. 10) ; il est possible qu'elle ait été frappée à Éphèse par ordre de Sylla.