‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 5)Chapitre 83 sur 110 · RF.FR.G.SC.SA(5). LIR · texte numérisé non relu

RF.FR.G.SC.SA(5). LIR

(Cohen, pi. XXXV, Procilia, n" 1 et 2.)

Légende :....— Monétaire : vij M.VOLTEI(us) M.F. (2).

Espèce : Denier, sans marque de sa valeur.

Types : a Tête laurée et barbue de Jupiter. ^ Temple

orné de quatre colonnes doriques avec un

foudre ailé sur le fronton et trois portes;

celle du milieu est plus grande que les deux

autres.

6 Tête d'Hercule jeune couverte de la peau de

lion. ^1 Sanglier courant.

c Tête jeune et diadémée de Liber couronnée

de feuilles de lierre et de corymbes. ^ Cérès

(1) Ce type s'eiplique parfaitement, si ron suppose que la famille Procilia était originaire de Lanuvium.

(2) 11 n'est pas question de cette famille comme famille sénatoriale ;^eu' iement un L. Vulteius est nommé par Gicéron [in Verrem^ III, C6f 165) et par Florus (11^ ld> p. 08, éd. labn).

dans un char traîné par deux dragons et tenant une torche dans chaque main.

d Tête laurée d Apollon. ^ Trépied avec le serpent; à droite du trépied, on lit S{enaius) C(oiisu//o), à gauche, D{e) T{hesauro1) .

e Têle jeune à longs cheveux, avec un casqoe sans cimier, autour une couronne de laurier ou d'olivier; les épaules couvertes de la chlamyde. ^ Cybèle avec une couronne tourrelée, assise sur un char attelé de lions, et tenant une patère à la main (1).

(I) Jusqu'ici, les types de ces cinq monnaies n'ont pas été expliqués d'une manière satisfaisante : ils se rapportent aux cinq grandes fêtes celébrées annuellement à Rome à cette époque, savoir : la fête de Rome, la fête Plébéienne, celles de Gérés, d'Apollon et les jeux Mégalésiens.— Le denier o, avec la tête de Jupiter et le temple du Capitole, se rapporte aux jeux Romains : ludos antiguissimos gui primi Romani appeilati iunt.,,, Jovî, Junom\ Minervaegue esse factundos, (Clo. in Verrem, V, H, 36.] — Les jeux

320 aT. J -C. Plébéiens furent fondés par G. Flaminius en 534 {voy. notre Hist, rom,, t. I, p. 788) ; leur programme est très-peu connu, car on ne peut considérer comme tel ce que nous savons de leurs rapports avec Vepulum Jovit (Marquardt, Handb,, t. IV, p. 293). Nous croyons reconnaître dans les types du denier b (tête d'Hercule et au revers un sanglier) une allusion à ces jeax. Hercule n'était pas seulement le protecteur des luttes de la palestre, il prés^idait encore aux concours de musique dont il était considéré comme le dieu tutélaire, et on voyait dans le cirque Flaminicn, à côté du temple où 11 était honoré avec les Muses, un second temple qui lui était particulièrement consacré sous le titre de Magnus Cusios. (Becker, Roms Topogr., p. 612, 618.) — Le denier c, sur lequel on voit d'un côté une tête jeune couronnée de lierre dans laquelle on reconnaît facilement celle de Liber (comp. n*'262) et au revers Gérés dans un cbar attelé de dragons, se rapporte bien évidemment aux fêtes de Gérés (Cere(z/ia,comp.,n<* 296), qui, d* après le témoignage de Gicéron (in Verrem, V, 14, 36), se célébraient en l'honneur des trois divinités honorées dans le temple de Gérés : Cereri, Libero^ lÀberaeque; l'origine de ces fêtes est fort ancienne, mais nous ne pouvons en fixer la date d'une manière certaine. — Le denier d, avec la tête d'Apollon et le

212 av. J.-C trépied, se rapporte évidemment aux j( ux fondés en 542 en 1 honneur

DÉPÔT DE HEWISZ-SZAMOS. — VT 257. 469

Fabrique ; c Symboles accessoires sur le revers. — e Symboles accessoires sur le droit et chiffres grecs sur le revers.

d'Apollon (comp., n«230). La seconde partie de la légende SC. DT. a élë expliquée Ju'tqu'ici par donum tuiit, ce qui ne signlûe rien et ne semble pas conforme aux usages monéUIrcs de» Romains. L'explication de thesauro^mus parait beaucoup pins convenable, puisque la collecte qui se faisait pour la célébration de ces fftles en était une des particularités les plus remarquables, et avait déjà été mentionnée par l'oracle à l'époque de leur fondation; on peut même appliquer à cette partie de la cérémonie le passage suivant de Varron {deling, ht. V, 181) : Etiam nunc Dits cum thesauris aises dant, stipemdicunt L'explication entière de la légende serait donc senatus consuito, de thesauro et signifierait que les frais de cette fête étaient couverts en partie par le trésor public, et en partie par le produit de la coll6cte; Toracle cité par Tite Live .(XXV, 12) dit : Cum populus dederit expMico partem, {par^ tem] privait uti conférant pro se atque suis, — EnOn sur le denier e, nous voyons la Mère des Dieux sur son char traîné par des lions ; elle Âtalt la protectrice particulière des feux Mégaléfiens, institués en 550 ; la téta casquée >04 ar. J.-C. jeune et imberbe attribuée d'abord à Minerve, puis à Mars jeune, a été ingénieusement expliquée par Cavedoni {Saggio, p. 76; Ripostigli, p. 145); ce savant, rapprochant le type du droit de celui du revers, y reconnaît une tête de Corybante que Ton voit souvent sur d'autres monuments représentée de la même façon, imberbe avec de longs cheveux, un casque d'une grande simplicité et une chlamyde. Il nous semble que sans sortir de cet ordre d'idées, on pourrait donner à cette tête le nom d'Attis dont la présence sur le droit d'une pièce au revers de laquelle se trouve Cybèie, nous parait plus convenable que celle d'un simple Corybante. On peut comparer à ce sujet les fragments d'un hymne en l'honneur d'Altis cités par Tauteur des Philosophumena, saint Hippoiyte, Origène ou un autre (Refutatio omnium haeresium, V, d): àï xoiXoGvt.... Alpidvtoi (?) KopOCivra. (Cf. Gerhard, Griechische Mythologie, $ 149.) — Les fêtes de Flore {voy. n* 301) et de la Victoire [voy. n* 271) qui sont moins anciennes et moins importantes ne sont pas représentées sur ces monnaies.

[Cavedoni {Nuovi studii, p. 27 et 28) donne son adhésion complète àTattrlbulion faite par M. Momrosen des types de ces cinq deniers aux cinq jeux principaux du peuple romain, puis ii ajoute: « Je préfère toujours attribuer <c la tête en qnestion (denier e) plutôt à un Corybante qu'à Attis, et j'en M ferais même plus particulièrement la tête de Corybas, fils de Jason et de • Cybèie, qui après l'apothéose de son père, passa avec sa mère et son oncle « Dardanus en Asie, où il répandit le culte de la Grande Mère des Dieux, « qu'il appela Cybèie du nom de sa propre mère. (D odor. Sicul. V, 49.) Ce

Rareté : aC. 6, c, d, e B.

a RF.FR.G.SG.SA (7). SF (1). LIR (6).

l 6 RF.FR.C.SG.SA(1).LIR(2).HSZ(1).

c RF.FR.C. se. COLL. SA (7). SF (1). LIR (7). Dépoli :{ jjg2^ ^^ '^ ^■

d RF.

\ e RF.FR.C. se. COLL. SA (6). SF(1). LIR (A). (Cohen, pi. XLII, VoUeia, n»* 1, 2, 3, A, 5.)

L<»gfwd^:....— Monétaire: Au droit KALENI. ^CORDI (1). Espèce : Denier, sans marque de la valeur. Type : Tête laurée de V Honneur^ et tête casquée de la Valeur ;k côté on lit les deux mots HO(nos) , VIRT(i«) (2). ^

« mythe qui se liait h l'origine troyenne de Rome, est selon mol le sujet <« d'un bas-relief publié par M. Gerhard (Antike Bildwerke, pi. XXH) ; il re- M présente un Corybante semblable à celui qui est figuré sur le denier de « M. VolteiuS; tenant son bouclier életé en l'air et placé debout entre Cytt bêle assise sur son trône^ et une femme voilée que je crois être la mère « da héros^ arrivée de la Samotbrace. Ce bas-relief omhit run des côtés « d'un autel carré trouvé à- Sorrente et semble appartenir à l'époque de « Marc-Aurèle. » B.

(1) L'élude des monnaies permet d'attribuer ce denier à Q. Pu tins Q. 61 âT. j.-c. P. Cm, N. Caienus, le fameux tribun du peuple de l'année 693, préteur

69 et 47 AT. J.-C. ^n 695 el consul en 707, le seul sénateur de ce nom qui pous soit connu. — Quant à son collègue Cordus, c'est un personnage inconnu et la famille elle-même est incertaine. On trouve ce cognomen à l'époque de l'Empire porté par des Cae^ius et des Cremutius; du temps de la République nous ne connaissons que le meurtrier de Porsenna que Denys d'H tlicarnaste (V, 96) et quelques auteurs plus récents appellent Cordus au lieu de Scaevola (Sabwegler, Rdmische Geschichte, t. Il, p. 183), mais ces témoignages nous semblent iasufflsants pour faire descendre ce monétaire de la famille Mucla.

(2) Nous ne pouvons déterminer aujusie la signiAcatlon de ce type. Le revers pourrait (aire penser qu'il est question de la paciâcation de l'Italie après la Ourrre Sociale. QuaM à Honos et Virtus, Hkkhcl {Doct. tmm. vet,,

DÉPÔT DK HEWISZ-SZAMOS. — N* 258. 471

L'Italie vêtue d'une tunique talaire tenant une corne d'abondance et tendant la main à Rome diadémée; celle-ci vêtue de la tunique courte, ceinte du parazonium, tenant le sceptre dans la main gauche, pose le pied sur un globe ^ à côté sont écrits les noms ITAL(ta), ROM (a) (1); dans le champ, derrière l'Italie, un caducée ailé.

Fabrique : Bord dentelé.

Rareté: R.

Dépôts : C.SC.GOLL.SF. (1). LIR (1). HSZ (1).

(Cohen, pi. XVIII, Fufia.)

J'ajoute Ici les détails suivants extraits de VArchiv fur Kunde Oesterreichischer GeschichU-Quelleriy vol. XXIV, p. 377 etsuiv.

A Hewisz-Szamos (Obères Welssenburger Ck)mltat) en Transylvanie, dans l'année 1844, on a trouvé un dépôt contenant :

9 deniers consulaires sans noms de monétaire. — Tête de Rome. Bf Les Dioscures; dans le champ un croissant (3). — Tête d'Apollon. ij Jupiter dans un quadrige (3). — Tête de Rome, if Victoire dans un bige (3 dont on incus).

m pièces de monétaires :

N'^ de notre classification,

126. Aburia (I). Tête de Rome. 1)/ Quadrige du SoIeii.Riccio^ Mon. di fam.y

t. V, p: 256) volt dans ce type, mais ceci ne nous semble pas probable, une allusion à C. Mucius, l'arciiitecte du temple consacré par Marins k V Honneur et à la Valeur. On classe généralement le monétaire Cordus à la famille Mucia sans qu'il y ait pour cela de raison bien déterminante.

(1) Cette image de la Paix qui suivit la guerre de Sylla s'accorde parfaitement avec l'époque à laquelle nous ramènent les indices monétaires.

[Cette pièce classée d'abord entre 680 et 700 ayant été trouvée dans le f^ o« «* «▼• J -C. dépôt de Transylvanie doit évidemment être de quelques années plus ancienne, et ie type du revers permet de la classer après la paciQcation de l'Italie ; son absence des dépôts de Roncofreddo et de Frascarolo peut s'expliquer par sa rareté; il est cepeninnt assez singulier que le premier dépôt où elle paraisse soit en Transylvanie, celte pièce ayant été probablement frappée à Ru nie.] B.

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