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Le rythme ne manque pas d'élégance ; chaque strophe renferme six vers, les trois premiers et le cinquième ont huit syllabes; le quatrième et le sixième n'en ont que quatre. Le retour des deux rimes produit un effet très heureux.

Les drames liturgiques les plus intéressants sont ceux de l'Epiphanie, du Dimanche des Rameaux, des Jeudi et Vendredi de la Semaine Sainte, du Jour de Pâques, de l'Ascension et de la Pentecôte. Les mélodies les plus gracieuses abondent et s'adaptent merveilleusement au lyrisme des séquences. Le goût le plus sévère règne dans ces solennités véritablement religieuses, poétiques et musicales à la fois. Dans le drame du Jour de Pâques, des rôles dialogues et chantés ont été confiés aux « Trois Marie ». On comprenait alors que cet honneur était bien dû aux femmes qui avaient suivi en pleurs Jésus gravissant le Calvaire, qui avaient assisté à ses derniers moments, qui avaient su, pleines de courage, braver les soldats, quand les hommes, même les plus forts comme saint Pierre, même les plus aimés comme saint Jean, le reniaient ou l'abandonnaient lâchement, aux femmes qui, dévouées et attentives à sa parole, s'étaient tenues à ses pieds comme Marie, sœur de Lazare, s'étaient écriées comme cette femme du peuple : « Bienheureuses les entrailles qui vous ont porté, les mamelles qui vous ont nourri » ; aux femmes qui avaient arrosé ses pieds de parfums et les avaient essuyés de leurs cheveux, comme Madeleine ; aux femmes qui ont compris tout de suite cette religion du cœur, qui ont suivi Jésus jusqu'au bout, qui partirent avec confiance pour embaumer ses restes, oubliant les gardiens et ne pensant qu'à la lourde pierre qui fermait le sépulcre. C'était bien aux femmes qu'appartenaient les prémices de cette journée d'allégresse. D'ailleurs n'est-ce pas à elles que Jésus s'est manifesté tout d'abord? N'est-ce pas elles qu'il a chargées d'annoncer sa résurrection aux disciples et à Pierre? Honneur donc à la raison, à la poésie des liturgistes du treizième siècle !

Le Mystère des Vierges folles et des Vierges sages, qu'on trouve dans un manuscrit du onzième siècle de Saint-Martial de Limoges (Bibl. nat., n° 1139), est une des premières œuvres dramatiques où la langue vulgaire soit venue se mêler à la langue latine. Cette pièce, notée en points superposés et se succédant au-dessus et au-dessous d'une ligne sèche sans clef indicatrice, est, à mon avis, le premier exemple probant des drames appelés Mystères, absolument distincts des drames liturgiques. La traduction en notation moderne qu'en a donnée M. de Coussemaker n'est pas d'une certitude absolue. Nul doute qu'on ne puisse retrouver une version meilleure. Voici les principales scènes de cette œuvre dramatique : Le chœur

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