‹ Histoire de la musiqueChapitre 70 sur 222 · TIRÉ D'UN MANUSCRIT DE MONTPELLIER, N · texte numérisé non relu

TIRÉ D'UN MANUSCRIT DE MONTPELLIER, N

(Dixième siècle.)

A b V -H t IJL 1 b t AL

Sx michi nonun {uPeranTtf Annurn,

1B \mvft aiyâni *aJ.vif . * <œ> mhozzo

,* Wlli -net vvnAïf xptum «Si/ruf .

C urftrem: mUrr*' pumf f «'""// S azdJum fUr«~f T/vp^w ^rrmr^f

Comment a-t-il pu se faire que la musique servant à chanter la belle Phillis ait été détournée de son emploi à ce point qu'elle ait servi à honorer l'austère précurseur? Paul Warnefride, auteur de cette hymne célèbre, l'a

composée à la fin du huitième siècle, puisqu'il est mort en 801 , à l'âge de soixante et un ans. Il avait été secrétaire de Didier, roi des Lombards, et il écrivit l'histoire de ce peuple.

On peut supposer que la strophe saphique se chantait sur une mélodie connue, et qu'on l'appliqua à la poésie de Warnefride bien après sa mort, puisque l'hymne Ut queant Iaxis ne se trouve pas notée dans les manuscrits avant le onzième siècle. Ce fut même peut-être Gui d'Arezzo qui adapta le chant de la strophe saphique à cette hymne en vue de son enseignement, car la première note de chaque vers, montant d'un degré, lui fournissait ainsi une échelle tonale de six notes fixes, un hexacorde enfin, base de son système, la septième note, si, étant variable.

En prenant le son, on retint aussi le nom de la syllabe. Ce fut à partir de ce moment que les sons furent désignés sous les noms ut, ré, mi, fa, sol, la.

Voici le chant de l'hymne de saint Jean-Baptiste tel qu'il existe dans les anciens hymnaircs; car on lui a substitué depuis, bien à tort selon moi, une autre version. Ce qui légitimerait mon opinion sur l'antiquité de ce chant, c'est que la rime intérieure à la cinquième syllabe divise pour l'oreille la strophe saphique de quatre vers en sept vers. Or, il n'est pas possible d'admettre qu'on ait fait à une ode d'Horace l'application d'une forme musicale postérieure de mille ans à l'existence du favori d'Auguste et postérieure aussi au manuscrit dans lequel se trouve cette ode notée, et qui est, comme nous l'avons vu, du dixième siècle.

Page 1