‹ Histoire de la musique moderneChapitre 1 sur 109 · OEUVRE · texte numérisé non relu

OEUVRE

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IPAJRMS.

CHEZ TANTENSTEIN ET CORDÈL,

90, RUE DE L\ H\RPE.

A S.* majjesvm:

LÉOPOLD r, ROI DES BELGES.

Les beaux-arts, que vous honorez de votre royale soUicilude, ont une part égale à la haute protection que vous daignez leur accorder; celui dont le génie poétique et gracieux de Tantique Grèce forma l'attribut enchanteur et spécial de la divine Euterpe, l'art musical enfin, aussi ancien que le langage humain et dont Tage remonte jusqu'au berceau du monde, ne saurait être déshérité de cette précieuse faveur.

Mais cet art que vous chérissez, Sire, que vous cultivez avec autant de ferveur que de goût, cet art, dis-je , a eu sou enfance, ses révolutions, ses développements, avant d'arriver à l'état de virilité et de puissance où nous le voyons aujourd'hui. L'histoire de la musique, dans sa période moderne prise depuis le premier siècle de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours, n'existait point, j'ai tenté de l'écrire; c'est cette œuvre , incomplète sans doute, mais consciencieuse, dont j'ose offrir Thommage respectueux à votre Majesté.

Cette tentative, peut-être téméraire, a quelques droits cependant à sa bienveillance royale, en ce sens que cette histoire est l'expression la plus fidèle qu'il m'a été possible de retracer des immenses services, de« découvertes, des accroissements prodigieux dont l'art est redevable aux génies méditatifs et féconds dont se glorifient à si juste titre les écoles de Belgique de Flandre et de Picardie.

C'est dans leur sein que sont nées ces belles et savantes combinaisons qui ont agrandi les ressources et le domaine de la musique, reculé ses bornes jusqu'à une distance hors de toute prévision avant leur époque , et en ont fait une science élevée, positive, dont elles furent les créatrices d'abord, et pendant une longue suite d'années les propagatrices et les uniques interprètes.

Ce sont ces maitres laborieux, persévérants, que j indiquais tout-à-l'heure, qui enseignèrent la musique au reste de l'Europe, longtemps tributaire de leur génie, de leurs utiles travaux,, longtemps charmée par leurs ouvrages, leurs artistes fameux dans toutes les parties de l'art, et par les talents de leurs nombreux disciples. Il me suffira de rappeler les noms de Guillaume de Machault , né en Champagne vers 1284; de Hockenheim, né dans le comté de Hennegau , en Flandre, en 1440; à^ Antoine Bromel^ né vers 1500, et qui fut le chef de l'école française; de Josquin-Deprez ^ né en Flandre vers 1450; de Goudimel, né à Besançon au seizième siècle, lequel fut le maître de Palestrina , fondateur de Técole romaine en 1555; de Orlando-Lassus , né à Mons vers 1520, pour démontrer la vérité de l'opinion que j'ai l'honneur , Sire, d'exposer aux regards de votre Majesté.

En reproduisant à la lumière les titres, si non oubliés, du moins négligés, des doctes professeurs qui ont illustré les écoles que je viens de citer, et dont s'enorgueillissent les florissantes contrées soumises au sceptre de votre Majesté, j'ai cru faire devant un père l'éloge de ses enfants^, et m'adres^ser à son cœur autant qu'à son esprit.

Si j'ai réussi à semer quelques fleurs sur la tombe de ces vénérables patriarches de l'art musical, si votre Majeslé daigne agréer avec bonté l'œuvre dont je viens en ce moment lui offrir la dédicace, mes vœux les plus ardents seront comhlés, et je m'estimerai heureux d'avoir pu mériter une si haute et si noble approbation.

Pénétré des sentiments de la plus entière gratitude, je suis avec le respect le plus profond et le plus parfait dévoue^ înent.

Sire,

de votre Majesté , le très humble ettrès obéissant serviteur,

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