‹ Histoire de la nation française (volume 4)Chapitre 7 sur 86 · L INSPIRATION · texte numérisé non relu

L INSPIRATION

| .1 I IVÎS de Chavannes.

(J. Patissou.)

monuments pour l'avenir et en préoccupation de sa propre survie, se déroulât comme une tenture aux plis somptueux, dans . une histoire nationale de la France. La Maison Carrée et la Cathédrale de Reims, les Heures de Boucicaut et les estampes de Nanteuil, les Vierges du portail de Chartres et la « porte » de Rodin sont les expressions toujours renouvelées et rajeunies de la puissance et de la variété des émotions françaises à la recherche du Beau. M. Louis Gillet nous racontera cette histoire : l'art français, opus francigenum comme on disait au moyen âge, revivra sous sa plume ; elle évoquera, ce qui ne s'est jamais fait, la collaboration constante des artistes et du peuple, de la technique et de la mode, de l'invention qui découvre et du goût qui surveille. Ainsi, l'art français apparaîtra ce qu'il est en effet, une large et constante communion des âmes, une semence de propagande unique répandue dans l'univers.

Histoire religieuse par L'action religieuse de la France en elle-même

m. georges goyau et au dehors est une des plus puissantes manifes-

tations de l'activité française. Quand il s'agit de dégager et de répandre la conception du monde et la conception morale que les quatre antiquités, la celtique, la grecque, la romaine et la sémite, avaient reçues des plus hautes traditions humaines et quand il s'agit de faire, par le christianisme, la première unité morale universelle, la France fut appelée. Les Pothin, les Irénée, les Martin, les Grégoire de Tours, précisément parce qu'ils vivaient dans le pays des « coteaux modérés », modérèrent les violences dogmatiques orientales, réglèrent les désordres mystiques, refoulèrent le demipaganisme arien, et conquirent rapidement dans l'Église l'influence que l'Empire gaulois avait su prendre dans l'empire romain. Saint Remy et l'épiscopat galloromain, en choisissant Clovis, fondèrent l'Europe moderne. Charlemagne, saint Louis, saint Thomas qui enseignait à Paris, saint Bernard, directeur, docteur, organisateur incomparable, l'ordre de Cluny, l'ordre des Franciscains — si français, — saint Vincent de Paul, Bossuet et Fénelon furent, de siècle en siècle, les apôtres fidèles de Rome ; ils disaient comme il faut lui obéir. Le clergé français fut, dans le sein de l'Église, l'arbitre de la mesure.

Quand la Réforme chercha une autre forme d'idéal par un retour vers le sens intérieur, elle suscita, en France, Calvin; quand la religion chercha son appui dans une philosophie nouvelle, elle trouva, en France, Descartes et Malebranche ; quand les dogmes furent ébranlés, le déisme philosophique prit la voix de Voltaire et de Jean- Jacques ; et quand le dogme catholique se raffermit, Chateaubriand et Joseph de Maistre soutinrent les colonnes du Temple.

INTRODUCTION

Au près et au loin, la propagande française s'exerce par les Croisades, la leçon du Grand Siècle, la Révolution, la diffusion de la langue, les missions, le protectorat catholique en Orient et en Extrême-Orient, le flux constant et ininterrompu de la foi et des œuvres, de l'enseignement et de la charité. Comment ne pas tenir compte de l'inspiration religieuse d'un Pascal et d'un Pasteur? Ces grands hommes, grands par la science, ne sont-ils pas plus grands encore par le cœur ?

Une histoire de la religion en France est nécessaire dans une Histoire de la Nation française. Nous avons confié cette partie de la tâche commune à un homme d'une autorité et d'une pondération reconnues, M. Goyau.

Pour l'illustration de l'Histoire religieuse, nous avons obtenu la collaboration de M.Maurice Denis. Son nom suffit ; car son art n'est-il pas l'expression même de l'âme française, j'allais dire du mysticisme français tel que l'a conçu notre temps? La France n'abandonnera jamais ce privilège d'innover sur ses propres traditions et de trouver encore quand tout paraît avoir été dit. On verra bien que, siLepère est un incomparable géographe,

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