‹ Histoire de la nation française (volume 5)Chapitre 21 sur 64 · PREMIER OUTIL HUMAIN · texte numérisé non relu

PREMIER OUTIL HUMAIN

de récentes et belles découvertes : celle des abbés Bardon et Bouyssonie à la Chapelle-aïuE-Saints (Corrèze) — que l'antiiropalogiste Marcellin Boule a étudiées avec une méthode si largement sdentiôque et si noblement dragée de tout parti pris ; — celles du docteur Capitan et de Peyrony à La Ferrassîe (Dord{^ne) et celles du docteur Henri Martin à la Quina (Charente).

Ces types humains, les plus àndens de notre sol, sont du type dit de Néanderthaï. Il y avait alors sur le territoire de la France une race à crâne dolichocéphale (i), c'est-à-dire à crâne plutôt allongé et étroit, avec de fortes arcades sourdlières, et des

(i) It^)peIoiu que k> afines brachyoéphales sont les crSnes cotuts et laiges, tandis que les dolidiocépbalês sont les ciines longs à. rdativement étroits. On classe les aâncs d'après Ymdke cépkaSque qui indique le rai^xm du diamitie de largeur au diamètre de longueur. On considère la longueui du diamètie antéro-postérieur d'un crâne comme équivalent i 100, quelles que soient ses dimensions, et l'on calcule la proportion du diamètre transversal par rapport à celui-là. Plus le crâne est rond, plus le diamètre transversal se rapproche évidemment du diamètre antéro-postérieur ; d'E^nis la classification de Deniksk, si le diamètre transversal dépasse 82, û est dit sous-brachycéphale jusqu'à 84, bisdiycéphale jusqu'à 86, et hypertirachycéphale au delà. Inversement, au-dessous de l'indiee c^>haliqu« 79, k crSne est sous-dcdidmcéphale, et au-dessous de 77, U est dit dolichocéphale.

ORIGINES DU PEUPLE DE FRANCE

OS épais, et dont toutes les attaches musculaires révèlent une robustesse et des aptitudes un peu bestiales. Lorsqu'on n'avait que le crâne de Néanderthal, on pouvait supposer qu'il avait appartenu à un individu Élisant excepticm. Aujoiudliui cette interprétation n'est plus possible. Ce qui frappe au contraire, c'est l'uniformité du même type physique, Nous avons eu entre tes mains, dans œ laboratoiie de paléontologie du Muséum, qui doit être une des fiertés de la France, le crâne de La Chapelle-aux-Saints et celui de La Ferrassie qui a été trouvé aplati, éciasé, brisé et qu'un merveilleux et minutieux travail de remise en place des moindres morceaux a fini par reconstituer : comment ne pas être saisi non pas seulement de la ressemblance mais de la similitude quasi &atemelle entre ces deux émouvantes reliques des plus andens habitants de notre sol !

Par ailleurs. Boule considère que cène variété du type humain — aussi difiérente de l'homme actuel que peut l'être le zèbre du cheval qui appartiennent l'un et l'autre au genre Equus — s'est probablement éteinte. « D ne semble pas, dit de son côté l'abbé H. Breuil, qu'on puisse admettre que le PaléoHthique supérieur soit nulle part, dans ^°- 3f - ra subi de les régions indiquées, dérivé du Mous- TAïui, appela ■ ponm térien. H s'agit plus vraisemblablement ™ ™^^^ °^ "™™ ^ d mvasions de peuples beaucoup plus âevés dans l'échdle des races et dans celle de la civilisation que leurs prédécesseurs néanderthaloîdes (i) s.

L'époque moustérienne est séparée du Magdalénien par l'Aurignaden (perfection de l'art et de l'industrie de l'os, voir la figurine d'ivoire du ad-âe-îan^ du présent chapitre) et par le Solutcéen ^lerfection du travail du silex avec cette belle forme caractéristique dite « feuille de laurier », voir fig. 38, et cette autre ferme typique dite « pointe à cran », fig. 39 ; voir encore fig. 40). Le Sud de la France est oca;^é partiellement à cette ^oque par une race à caractére n^rcude, la race de Grimaldi, à laquelle il faut lattadier les statuettes de

(i) Lei SiAdhisûms du paléoHthiçue sapAiotr et leur unification, dans Congtèi international ^anthropologie et <f archéologie préhistoriques, C. R. de la XIV' session, Genève, 1912, 1. 1, p. I74.

Fig. 39. — siuz tasllA

APPELÉ i POINTC A CRAN i MB SOLUTRÉEN

GÉOGRAPHIE HUMAINE DE LA FRANCS

femmes stéatopyges de Laussel, de Grimaldi et de manifestation probable d'influence africaine (i).

: c'est une

L'ART DES CHASSEUBS Le Magdalénien est marqué par la disparition défi-

DB RENNES nitive des grands carnivores et des pachydermes. C'est

alors que se révèle décidément une humanité qui est en vérité déjà toute proche de la nôtre, sous les espèces d'une race que nous pouvons appeler la race de Crcxnagnon-Chancelade-Laugerie, d'après les squelettes qui ont été découverts dans trois célèbres stations préhistoriques du Périgord. Pittard, que nous citions tout à l'heure,

FiG. 40.

LES ESCARPEMENTS DE LA ROCHE DE SOLITTRÉ (SAÔME-ET-LOIRE), VUE DE BERZÉ-LA-VILLE. (A. Lepère.)

ne craint pas d'affirmer, comme c'est notre propre conviction : « On peut dire du Périgord et des régions voisines qu'ils sont probablement le plus ancien foyer de culture du monde, quelque chose comme la capitale de la civilisation paléolithique. » Donnons à cette expression « régions voisines » une extension un peu plus vaste encore : au Périgord il convient d'adjoindre en effet tout le bassin de la Garonne, c'est-à-dire les vallées du Tam et du Lot (Boumiquel), et le feston des grottes explorées sur le versant nord des Pyrénées depuis Niaux jusqu'à Isturitz en

(x) L'inflneQce afhcaine se révèle aussi, semble-t-il, dans certains gisements aurlgnadens (Font Robert près Brive), et dans ces petites industries asdliennes et tardenoisieQnes qui remplissent l'hiatus «ntre le paléolithique et le néolithique» ainsi que dans ces productions d'art schématisées d'une nature si dififérente de l'art réaliste magdalénien. — Cette curieuse influence africaine ne se manifestera en Gaule qu'à de rares époques très, espacées, car on ne la retrouvera plus dans la suite que sous la forme de l'invasion ibère, puis sous cdle de la conquête arabe.

ORIGINBS DU PEUPLE DE FRANCE

passant par le Portel, le Mas d'Azil, le Tue d'Audoubert, les Trois-FrèreS} Marsoulas. Gainas, Brassempouy, eK.j en léunissant ainsi les vieilles découvertes de Palertt et perspicace précurseur Emile Cartailhac aux toutes récentes explorations de Breuil et à celles du comte B^ouén et de ses trois fils, a les trois frères », on doit même lier à la France du Sudnsuest l'Espagne cantabrique avec les inoubliables fresques de la Caverne d'Altamira découvertes par Sautuola à Sandllane près Santander (i)... Et certes, pour la première fois, nous sommes en ùux non plus d'im ou

FlO. 41. — RENNSS AFOXantS, FEINTS EN ROUC» ET BmitE SDR LES PAROIS DE LA CAVERNE DE FONT-DE-GAUME (2). ART MAC^ALÉNIEN. (PatUuu.)

de plusieurs individus appartenant à un même groupe humain, mais de quelque chose de beaucoup plus avancé et de beaucoup plus grand : une société, la sodété d^à civilisée des chasseurs de rennes.

L'art magdalénien ne s'exprime pas seulement par des outils et des armes en pierre taillée d*un travail très fini, il s'exprime surtout par les véritables œuvres d'art qu'avec des moyens primitifs, mais délicatement perfectionnés, les hommes de cette époque ont su exécuter : peintures murales des cavernes ornées, et spédale-

(i) Une collection magnifique intitulée Pdntura et gravures mttraUs des Cavernes paUoHtMques et due à la munificence de S. A. S. le Prince de Monaco, comprend d^à, entre autres volumes : Emile Cartailhac et l'abbé Henri Brethl, la Caverne ^Altttmira, Imprimerie de Monaoo> 1906 ; et docteur Capitan, l'abbé Henri Brecil et Peyrony, la Caverne de Pom-dt-Gatime, Monaco, 1920. Toutes les illustrations, dont beaucoup sont des hors-texte en couleur, sont dues aux relevés patients et aux tq>roductions exceptionnellement exactes et artistiques de l'abbé Bsedil. — Dans de bons ouvrages de haute vulgarisation, le savant encyclopédiste Salomon Rsinach a fait conn^tre au pand public les ftits et les documents essentids des figes préhistoriques.

(2) Dessins d'apris les relevés publiés par l'abbé Bredil.

GÉOGRAPHIE HUMAINE DE UL FRANGE

FlÇ. 42. — KBINOCÉItOS PEINT EN ROUCŒ

SUR LES PJUtOIS DB LA CAVERNE

DE FONT-DS-GAUMB (l). ART AinUGNACŒN

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