‹ Histoire de la Normandie sous le règne de Guillaume-le-Conquérant et de ses successeurs, depuis la conquête de l'Angleterre jusqua la réunion de la Normandie au royaume de FranceChapitre 108 sur 255 · DE BRIONNE · texte numérisé non relu

DE BRIONNE

qui lui fit perdre connaissance. Quand il. revint à lui, il s'écria qu'il allait mourir, et il engagea les assistans à renoncer comme lui aux vanités de ce monde pour s'occuper de l'éternité ' . Exhortations qui furent bientôt oubliées dans le tumulte des arme"s qui remplissait alors la Normandie.

Le château réduit en cendres pendant ce siège de l'an logo paraît avoir été situé dans la Risle même , ou avoir été entouré de fossés alimentés par cette rivière. Dès les années suivantes , un château non moins fort fut construit par les Beaumont sur la rive droite '. On saura plus tar-d ses destinées.

Une jalousie de femmes, dans une famille seigneuriale , alluma la guerre entre Evreux et Conches, deux villes séparées par une distance de six lieues ^. Le comte d'Evreux et le seigneur de Conches étaient parens. La femme du prem^ier, Héloïse, altière, irascible et avare, avait été offensée de quelques propos légers ou railleurs d'Isabelle

' Orderic Vital , lib. 8.

' Giiilraeth, Histoire de la 'ville de Brionne. Paris, 1834.

' « Illic plusquam civile bellum inter opulentes fratres exortum, et malignâ superbarum eraulatione mulierum nialitia nimis augmentata. » Orderic Vital , lib. 8.

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de Conches, femme gaie, aimable, et douée d'une ardeur belliqueuse qui la faisait aller au combat sous la cuirasse et le casque avec les cavaliers du lief. Les maris que ces deux femmes gouvernaient prirent fait et cause pour elles; bientôt toute la famille fut divisée en deux camps, et à la fin Evreux commença la guerre contre la ville de Conches. Celle-ci, étant la plus faible , fut réduite à voir son territoire pillé et incendié par le parti d'Évreux. Raoul de Conches demanda des secours au duc Robert son suzerain ; mais il ne put rien effectuer. Il envoya alors des hommes affidés en Angleterre, pour obtenir de Guillaume-le-Roux une protection qu'il ne trouvait pas dans son pays. 11 s'engageait à reconnaître le roi d'Angleterre pour son suzerain. Guillaume-le-Roux , ayant intérêt à augmenter le nombre de ses partisans en Normandie, dont il voulait s'emparer, accepta avec empressement l'offre du seigneur de Conches , et chargea plusieurs de ses vassaux , tels que le comte Etienne et Gérard de Gournay, à aider Raoul et Isabelle à repousser les attaques du parti d'Héloïse. Ceux-ci renforcèrent en effet la garnison de Conches et d'autres châteaux-forts que possédait Raoul, et dès lors les gens de

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