GUILLAUME-LE-ROUX
lieu de se faire la guerre , les nobles accoururent à la cour du roi, et briguèrent ses bonnes grâces. Robert de Belléme, tout méchant qu'il était, jugea prudent de garder la paix , et de courtiser le nouveau souverain. Celui-ci était arrivé aviçc des projets de conquête pour lesquels il avait besoin du concours des barons normands ; aussi les accueillit-il tous également bien. '
Le premier projet qu'il dévoila , concernait le Maine, que l'indolent Robert s'était laissé enlever. Hélie de la Flèche, qui était parvenu à s'installer en qualité de comte au Mans , comme il a été dit plus haut, avait pris la croix pour aller combattre les Sarrasins, quand Robert céda la Normandie à Guillaume-le-Roux. Ce changement 9| lui donna des inquiétudes. Il crut donc devoir s'assurer d'abord des bonnes dispositions du roi d'Angleterre, et se rendit à sa cour, afin d'obtenir sa parole qu'il n'attenterait point, pendant l'absence du comte, à la sûreté du Maine. A sa grande surprise , Guillaume-le-Roux lui refusa cette promesse, en répondant que le Maine appartenait à
• Orderic Vital, lib. 10.