‹ Histoire de la Normandie sous le règne de Guillaume-le-Conquérant et de ses successeurs, depuis la conquête de l'Angleterre jusqua la réunion de la Normandie au royaume de FranceChapitre 144 sur 255 · CLERGÉ CONSULTÉ SUR CETTE UNION · texte numérisé non relu

CLERGÉ CONSULTÉ SUR CETTE UNION

qui, après son mariage avec Henri, reçut le nom de Mathilde , avait eu pour mère Marguerite , soeur du roi anglo-saxon Edgar , et elle était petitenièce du roi Edouard. C'était donc une princesse issue de la dynastie précédente , que le nouveau roi appellait au trône. La nation anglo-saxonne pouvait dès lors se relever de sa dégradation, d'autant plus que Henri avait paru vouloir s'entourer d'Anglo-Saxons , pour repousser les tentatives du parti du duc de Normandie , qui lui contestait la couronne.

Ce mariage, si agréable au peuple anglais , et que l'affection mutuelle des deux époux consolidait encore davantage, déplut aux barons normands, qui déjà craignaient de perdre leur suprématie dans le pays. Ils mirent en avant le clergé, qui fit des difficultés pour bénir le mariage du roi avec Mathilde, attendu que celle-ci, élevée dans un couvent, y avait été, disait-on, consacrée à Dieu. Anselme, archevêque de Cantorbéry, qui depuis l'avènement de Henri était revenu de l'exil , présida un synode à Rochester, pour prononcer sur cet obstacle. On trouva moyen de le lever , en s'appuyant de la décision que Lanfranc avait prise pour rendre au monde les femmes an-

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glaises que la crainte des violences avait jetées dans les cloîtres.'

La déclaration du clergé fut annoncée au peuple, et le mariage du roi fut béni par Anselme. On vit avec plaisir cette cérémonie sacrée, qui n'avait point eu lieu sous le règne de Guillaumele-Roux; car ce prince débauché n'avait jamais vécu qu'avec des concubines , et n'avait donné au peuple que le scandale de sa vie grossièrement licencieuse.

Henri avait été trop pressé de s'établir solidement en Angleterre , pour avoir pu penser à la Normandie, qui , depuis la mort de Guillaume-le- Roux, était abandonnée à elle-même : aussi s'opérat-il aussitôt dans ce pays une réaction violentce. Hélie de la Flèche , dès qu'il sut Guillaume mort, se hâta de rentrer dans la ville du Mans, et la garnison normande fut réduite, comme dans l'invasion précédente, h garder le donjon qui dominait la ville. Une trêve fut conclue entre la ville et cette garnison, qui envoya s'informer des intentions de Henri. Plusieurs barons, tels que Robert de Belléme et Hugues, comte de Chestcr, se

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