‹ Histoire de la Normandie sous le règne de Guillaume-le-Conquérant et de ses successeurs, depuis la conquête de l'Angleterre jusqua la réunion de la Normandie au royaume de FranceChapitre 176 sur 255 · LE PRETENDANT EN NORMANDIE · texte numérisé non relu

LE PRETENDANT EN NORMANDIE

lui faciliter l'occupation de cette place, que des troupes françaises, envoyées de Pontoise ou de Mantes, pouvaient aisément atteindre. Cette ofïre était trop importante pour que Louis-le-Gros la négligeât. Il se porta en effet secrètement sur Andeli , et s'en rendit maître sans rencontrer aucun obstacle. Il avait avec lui Guillaume Cliton le prétendant , qui déjà lui avait fait hommage , comme à son suzerain , du duché de Normandie , où il se flattait de rentrer. En l'emmenant à Andeli , Louis l'installait ainsi dans ses états. '

L'occupation de cette place interceptait les convois qui descendaient la Seine pour se rendre à Rouen et à la mer. Henri avait confié la défense du fort d'Andeli à son fils naturel Richard; mais celui-ci, n'ayant pas mis le fort en état de résistance, fut obligé de capituler. Le roi Louis permit à la garnison de se retirer où elle voudrait. 11 assiégea ensuite le fort de Dangu sur l'Epte, afin de s'assurer d'un poste de la frontière; le châtelain, ne pouvant y tenir, mit le feu au château, et se retira. Henri se hâta de fortifier Noyon-sur- Andelle , aujourd'hui Charleval , également afin

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d'avoir un point d'appui pour les combats qui devaient avoir lieu; car il était évident qu'il fallait ici courir les chances des batailles afin d'anéantir les espérances du prétendant ou lui céder le duché. On parla de météores qui avaient été aperçus au ciel , surtout vers Mantes et Poissy. Beaucoup de gens y viretit des présages sinistres j les Français les interprétèrent comme un gage de la victoire. '

On était au mois d'août de l'an 1 1 ig. Henri fit enlever les moissons pour empêcher les Français de se pourvoir de grains. Louis-le-Gros était revenu sur Andeli : là il résolut de surprendre son adversaire au fort de Nojon , dans lequel il avait des intelligences, et qui était à trois lieues de la première de ces villes. En conséquence il fit sortir ses troupes, prenant la direction d'Ecouis. Henri, ayant des vedettes sur le mont Verclive, fut averti assez tôt de l'approche des Français , et , de son côté, il fit sortir ses troupes pour aller à la rencontre des ennemis. Aussitôt le bruit courut dans le pays que les deux armées allaient en venir aux mains ; beaucoup de cavaliers accom^urent pour

• Ordcric Vital , lib. 12.

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