partie la négligence de ses sujets et de ceux qu'il chérit
Assurément le pape, capable de réprimer jusqu'à ce point la fougue de son caractère et l'orgueil de sa dignité, était intimement convaincu de la puissance du roi normand. En secret, il engageait Lanfranc à braver le déplaisir du roi et à venir à Rome "; ouvertement il rappelait à Guillaume l'attachement qu'il lui avait témoigné avant l'avènement à la couronne d'Angleterre, les efforts qu'il avait faits pour l'affermir sur le trône, les reproches même qu'il avait essuyés pour avoir toléré tant de meurtres. Il l'engagea tendrement à se séparer de la foule des mauvais princes , et à suivre l'exemple du petit nombre des bons. ^
Dans une autre lettre , le pape expose que Dieu a confié le monde à deux puissances , savoir : la
" « TJnde non indignura débet œstimari , potestatem illius nnitius esse tractandam, atque respecta probitatis ipsius, subditorum et eoTum quos diligit, negligentias ex parte fore portandas. « Gregor. epist. ad Hugon. , dans Bessin, Concilia Rotomag. Prou., pars 1.
' « Non debuit aliquis mundanae potestatis terror, aut ciijiisquam personne superstitiosus amor e conspectu noslro retrahere. » Gregorii Epist., lib. 6, n" 30, dans le t. x de la collect. des Concilia.
' « Nec ab hoc impediat te pessimorum principum tiirba.» IbiJ., lib. 7, no 23.