LIVRE IL — CHAPITRE L
Mais pour bien distinguer les divers modes d'articulation, ils combinèrent les quatre voyelles avec les consonnes tau (t) et nu (v). Voici comment ils sol- 6aient le proscroutmos et Veccroiwms, figures détachées ' :
FnF< FCFF
Dans le port de voix ascendant [proïkpsis) et dans le descendant (ecfcpw), ce dernier perd son articulation. La liaison des deux notes s'indique, dans la notation grecque comme dans la nôtre, par un petit arc, ou liaison, que les Hellènes appelaient kyphmi.
l-rrLLFFC CwoTT< CF^FIFVF
Le proslemmaiismog (triolet ascendant) et Yeekmmaiismm (triolet descendant) se solfiaient comme suit :
FCFF^F FnFF<F <n<<w< <C<<F<
Au lieu du tau (t) on intercalait deux nu (vv) entre les deux sons principaux du mélismoK (X), ornement qui se transcrivait ainsi :
FXF cxcvX^nxn <x<
On solfiait ie eompmto» (+) par les mêmes syllabes, et on le notait de la manière suivante :
' L'iaterpr^latioQ que DOua offrons ici est empruntée ii MM. Vincent et Gevaert. Fétàa en a donné UDe quelque peu difTâ^nte. Cependant, M. F^ix Clément [Méthode eomplèu de plain^kant, p. A) est d'un avis diflérent en ce qui loDche le proterotuToot , qui, selon hii, irconsistait en une Buccession di> trois notes, dont la seconde était plus basse qiieles deux autres, comme pare:(emp)e: la, »ol. In-.
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Le lérétisme, composé des deux figures précédentes (x+), s'exprimait ainsi par la solmisation et par l'écriture :
t;i'fTf frTr rl l LUrJT]JT3 i J i
.nx H <X <F +F
Ou se servait encore de plusieurs autres ornements pour le chant, mais les auteurs ont négligé de nous les donner; les précédents suffisent, d'ailleurs, pour que l'on se fasse une idée de la manière de solfier des Grecs.
On nous permettra , pour conclure, de dire quelques mots sur ce que nous pensons de la musique des anciens Hellènes. Malgré toute l'admiration que nous inspire leur génie, nous n'hésitons pas à déclarer, en toute franchise, que leur notation était illogiquement conçue. Est-il rien de plus absurde que d'avoir imaginé des doubles signes pour les mêmes sons, par l'unique raison que les uns devaient servir pour les voix et les autres pour les instruments 1 Quoi de plus embarrassant pour l'élève, et même pour l'artiste, que la multiplicité de ces signes? Quoi de plus contraire au bon sens? Quelle complication ne devait-il pas résulter d'une représentation des mêmes sons par plusieurs paires de notes différentes ?
Les Gréco}dtres\ qui ne voient rien de beau en dehors de l'antiquité hellénique, ces fanatiques d'un passé que nous admirons et apprécions autant qu'il mérite de l'être, crieront au sacrilège en nous entendant soutenir qu'un peuple si raffiné, si intelligent, qui a produit des chefs-d'ceuvre dont les restes nous servent encore de modèles, avait imaginé un système musical absolument imparfait, en dépît de son titre ! Nous n'en persistons pas moins à affirmer cette imperfection, et nous n'en voulons pour preuve que les quelques fragments de leur musique arrivés jusqu'à nous^. M. Gevaert lui-même, si favorablement disposé pour les anciens, si indulgent pour cette musique
' Fortiage, Diu muttkalUche Syitem m leiner UrgestaU. Leipiig;, iSây, — Cf. aussi Sacdii, Delta iiatura e per/etione dell'antiea muâca de'Greei, eLc. Milan, 1778.
' Ce sont trois mélodies vocales, ou hjranea h la muse Calliope el h Némësis, composées, dit-on, sous le règne d'Adrien (117-138 de l'ère chrétienne), par Denis d'Halicamasse et parMésomède de Crète. Cf. è cet ^ard Bellennann , Vie Hymnen det Dyoniiim vnd Metomede*. — Cf. aussi J.-G. Snlier. Allgem. Théorie der tehônen Kûiute, dritter Tbeil. Leiptig. 1793.
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