‹ Histoire de la notation musicale depuis ses originesChapitre 34 sur 125 · LIVRE III. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE I

aux siècles qui virent le royaume lombard, et est analogue à l'écriture que l'on a appelée latino-lombarde, a

Dom Joseph Pothier confirme en quelque sorte cette opinion '. L'Allemagne, selon lui, fut le pays privilégié 3« caractère gothique, qui y subsiste encore aujourd'hui; les neuraes y furent écrits avec plus de rigueur, plus de logique et de ténacité que partout ailleurs, selon tous les principes de ce genre d'écriture. En France et en Italie, les livres du moyen âge sont aussi écrits en lettres gothiques, mais généralement avec plus de souplesse et de liberté; et en ce qui concerne les neunies, nous devons remarquer une différence dans la manière dont la plume est posée pour les tracer. En France et en Italie, comme en Allemagne, la plume a le bec élargi; mais en Allemagne, le bec de la plume a sa largeur posée obliquement, tandis qu'en France et en Italie, il demeure dans la position verticale, ce qui donne de l'épaisseur aux traits horizontaux et un délié assez Gn aux traits verticaux.

Au xui' siècle, les répons, offertoires et communions furent simplifiés dans le chant, et leurs longs passages, vocalises sur une seule syllabe, considérablement raccourcis. Il s'ensuivit qu'une partie notable des neumes précédents disparut de la notation, et on les oublia. Donner leur interprétation et leur traduction en notes modernes n'est point chose facile. Th. INisard et l'abbé Raillard, qui ont longuement étudié cette question, prétendent que l'interprétation des neumes tr ne présente aucune difficulté r ; mais nous devons dire que , selon nous au moins, ces auteurs ne nous en ont pas facilité la tâche, comme ils paraissent le croire. Th. Nisard, nous ne savons pourquoi, n'a pas achevé le travail qu'il avait commencé sur ce sujet", et le traité de l'abbé Raillard^ est trop peu clair pour une étude aussi compliquée. L'explication musicale la plus satisfaisante que nous ayons trouvée sur cette matière est celle de Fétis*, que nous avons cru devoir adopter en partie.

Après avoir cité le point et la virgule, Fétis dit que deux signes de cette notation sont les indicateurs des mouvements de voix formés de deux sons, l'un ascendant et l'autre descendant. Le premier est le podatus et le second le cHvis, que nous connaissons déjà. Le podatus, nommé aussi pes (pied), est une ligature de deux noies ascendantes indiquant un mouvement de voix vers un point plus élevé, comme :

Le clivis (pour incUnvt), appelé aussi Jlexa, est l'inverse du podatus. Son nom

' Le» mélodiet grigorieniie» telou la Iradition, \i. Sa.

' Eludes «ar Im ancienne» noliitiont de t'Earope, diins la Revue flrclwoloffi'jue , t. I\, tSô'i.

' EapliealioH des aeutnet, ou aneient signe» de notation musicale. Paris (snns dnlc).

* Hùtoire générale de la musique, l. IV, p. 33^ el suie.

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