SYSTÈME GÉNÉRAL DE LA PORTÉE
Quand on examine attentivement la portée aiïectée au piano ou à l'orgue, on est frappé de l'interruption , de l'hiatus qui se trouve dans la suite des notes sol, 81, ré, fa, la, + mi, toi, si, ré, fa. Exemple :
On voit qu'il existe une lacune, un saut, entre la ligne du la (5), la plus haute de la portée de /a, et le mi grave (6) de la portée de sol. Le simple bon sens indique qu'on a supprimé une ligne, celle du milieu, atTectée à Yut. C'est pourtant la plus importante; c'est le pivot, la clef de voûte de tout le système, car notre portée générale est basée sur <mze lignes, comme le démontre l'exemple suivant' :
Pourquoi celte sixième ligne a-t-elle été supprimée? Pour que, du premier coup d'œil, les musiciens pussent distinguer les notes qui appartiennent au
' Les trois clefs iTut, de toi et ie/a forment les gods génëraleurs de notre système idiisical : fa domie les harmoniques la, W; ul donne mi, toi, et toi donne n, ré. Ce sont toutes les noies qui constituent la gamme d'ut, ou gamme natorelle. Chacune des notes de ces clefs est, eo outre, la base d'un accord parfait. De plus, toi est la tonique de la gamme qui commence la série des diitet;/a, la tonique de la gamme qui conunenœ la série des bémolt, et «l, la tonique de la gamme naturelle. Voy. Dictionn. de l'Acad. dei btmue-vU, aoos la rubrique Clefs, un excellent artide du r^^tté H. Reber.
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150 HISTOtRE DE LA NOTATION MUSICALE.
dessus et ceHes qui appartiennent au grave, c'est-à-dire, pour que ceux qui jouent des instruments à clavier pussent discerner sans hésitation les notes qui doivent être exécutées par la main droite ou par la main gauche.
Cette suppression coupe en deux le système général. Si elle a eu l'avantage d'indiquer instantanément aux praticiens la position des notes par rapport au clavier, elle a enlevé à ce système son admirable unité et sa clarté philosophique. 11 est vrai que l'œil embrasserait dillicilement un groupe de onze lignes, tandis qu'il en saisit cinq avec une étonnante promptitude, et que ce nombre suflit pour toutes les voix et tous les instruments. Mais, en principe, la suppression de cette ligne centrale est rcgretlahle. En effet, sans elle, nous avons deux tronçons de cinq lignes chacun, que l'on a la fâcheuse habitude de considérer chacun comme unité de système. Rétablissons mentalement cette ligne, et les noies se succèdent, se tiennent dans une logique parfaite. Une seule clef alors suffit pour indiquer toutes les notes et animer le système entier, car les deux autres clefs ne sont plus que supplémentaires : ce sont des jalons, des points de repère, qui servent à trouver plus aisément les notes. La voilà cette fameuse clef tant cherchée par les réformateurs! C'est la clef d'ut sur la ligne supprimée, ou sixième ligne, qui joue, en quelque sorte, le r6te de la charnière d'une échelle pliante. Partons de ce principe, et nous verrons que cette clef donne à la huitième ligne le nom de »ol, de même qu'à la quatrième le nom de^, sans qu'il soit besoin de recourir à ces deux clefs. Nous n'avons garde pour cela d'en demander la suppression, car elles offrent le moyen de reconnaître immédiatement la position des tronçons, et sans elles ces tronçons ne pourraient exister.
Cette clef d'«( se rapporte d'une manière absolue, (ixe, immuable, à l'titdu milieu du clavier (une sixte au-dessous du la indicateur du diapason). Dans le système fragmentaire, sur quelque ligne qu'elle se trouve, elle indiquera toujours cet ut. La clef de sol désignera la quinte supérieure, et la clef de ^ la quinte inférieure. Ainsi les clefs de Ja, d'ut et de mI ont une signification invariable.
On voit, par l'exemple suivant, que plus la clef d'«I est au bas de l'échelle fragmentaire, plus elle empiète sur la clef de sol; plus elle est élevée, plus elle empiète sur la clef de/a.
■ "(«we.
i-Lmw.
1" ténor.
a* ténor.
1" oito.
a' alto.
1 " wprano.
a' Mptano.
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