‹ Histoire de la notation musicaleChapitre 16 sur 147 · LIVRE IL — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE IL — CHAPITRE I

Voici l'explication de ces noms, dont l'emploi n'avait lieu qu'en théorie, car, pour solfier, les Grecs se servaient, comme nous, de monosyllabes.

;Vète signifie la dernière corde à l'aigu ;

Paranete la voisine inférieure de la dernière ;

Trile la troisième à partir de la plus aiguë;

Paramèse la voisine de la mèse ;

Mèse la corde du milieu ;

Lichanos la corde touchée par l'index;

Parhypate la voisine supérieure de ïhypate ;

Hypale la plus grave ! ;

Proslambanomène l'ajoutée.

« La proslambanomène, dit Aristide Quintilien2, a été ainsi nommée parce qu'elle ne fait partie d'aucun tétracorde et qu'elle est ajoutée en dehors de tout tétracorde, pour que la mèse eût, au grave comme à l'aigu, une consonance d'octave. 55

Mais, malgré son nom, le système parfait, avec ses quinze sons, ne satisfaisant pas complètement les musiciens, on imagina un nouveau système, comportant dix-huit sons, que l'on appela système immuable. On l'obtint par l'adjonction d'un nouveau tétracorde inséré entre les tétracordes méson et diézeugménon. Il reçut le nom de tétracorde synemmenon, ou des cr conjointes r>, et fut ainsi conçu :

Trite Paranèle Nète

Mèse. synemmenon. synemmenon. synemmenon.

TT

XE

En fait, il n'y eut qu'un seul son étranger ajouté au système disjoint, le si \> (trite synemmenon), qui vint prendre la place de la paramèse (si tj), exclue du système conjoint.

Le système immuable, ainsi appelé parce quil était composé de cinq tétracordes que l'on ne pouvait jamais changer (l'hypaton, le méson, le synemmenon, le diézeugménon et l'hyperboléon), et qui se différenciaient seulement par la conjonction et la disjonction; ce système fut donc institué en conjoint et en disjoint, mais son échelle offre la bizarrerie de la double coïncidence du si\> avec le stlj, dans l'octave aiguë pour le disjoint, du moins dans le genre diatonique.

Les deux tableaux suivants en sont les types, et ils font voir que c'était toujours sur la mèse qu'avait lieu la disjonction ou la conjonction des tétracordes. La mèse, selon nous, devait être la corde principale du système, la tonique.

Les anciens ont placé longtemps l'aigu en bas et le grave en haut; ils chantaient alors l'échelle en descendant. YiriTrj, c'est la plus haute en commençant par le grave; vrJTy, pour vsirrj, c'est la plus basse en commençant de la même manière. * De Musica, apud Meibom., p. 10.

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