LIVRE III. — CHAPITRE I
Chant on l'honneur d'Olton III, sur l'air appelé Modus Ollinc, tiré d'un manuscrit de la bibliothèque de Wolfenbultel (Aug. 8).
Xe SIÈCLE.
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La seconde période, dile transitoire, commence avec le xc siècle pour finir au xmc. C'est alors qu'apparaissent les neumes à points superposes. Cependant, l'application de ce principe de hauteur respective, qui était déjà un grand progrès, n'était pas exempte d'erreurs, en raison de la négligence et surtout de l'ignorance des copistes. De là, des incertitudes, des hésitations chez les chanteurs. Pour obvier à ces inconvénients d'une gravité incontestable, on imagina de tracer au-dessus du texte une ligne parallèle, gravée à la pointe sèche dans le vélin, pour servir de point de repère aux notateurs, afin de maintenir les signes dans une position de hauteur exacte, et d'indiquer aux chanteurs une note invariable, rectificative de l'intonation. Alors aussi se produisirent les premières applications des lignes coloriées ou noires, ainsi qu'on le voit dans les manuscrits du xne siècle; parfois on y rencontre deux lignes: une rouge et une jaune. Il y eut nécessairement beaucoup de tâtonnements au début, et les copistes s'efforcèrent d'enchérir les uns sur les autres; il ne parait pourtant pas qu'ils aient pensé à la pluralité des lignes qui devaient constituer la portée et donner au système musical une clarté que l'on ne soupçonnait pas. Raoul de Tongres1, écrivain ecclésiastique du xiv'' siècle, dit que la notation des neumes sur des lignes coloriées était encore en usage de son temps à Milan, mais il ajoute que l'on n'employait plus ce procédé dans les églises romaines depuis 1270.
Guido d'Arezzo lit faire un pas considérable à l'art musical avec les améliorations qu'il apporta à son enseignement, et dont nous rendrons compte dans un de nos prochains chapitres. Les neumes musicaux, ou guidonîens, ainsi que les appelle Jean Cotton, marquèrent une nouvelle ère de progrès qui devait donner des résultats inespérés ; aussi est-il facile de comprendre leur triomphe rapide, car, par ce moyen, qui indiquait distinctement les intervalles, toute erreur devenait impossible, et la lecture des neumes était rendue assez facile pour qu'un enfant, au bout d'un mois (comme le dit Guido dans sa lettre à Théobald, évêque d'Arezzo), pût déchiffrer, à première vue, un chant inconnu.
' Raduffus de Rico, Dccan. Tvngrens : De Canonum observ., prop. 23 , apud Hittorpium, De div. ojjiciis.