‹ Histoire de la nouvelle hérésie du 19e siècle :; ou, Réfutation complète des ouvrages de l'abbé de La Mennais (volume 2)Chapitre 7 sur 51 · PRÉLIMINAIRE. XXI · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRE. XXI

Evangile est proclamé dans les livres destinés a l'instruction d'une jeunesse que tourmente le besoin insatiable de nouveautés. Nos sacrés oracles sont méconnus , la voix des Sages repoussée par les sarcasmes d'une orgueilleuse ignorance. Livrée a l'anarchie des opinions , la société chrétienne parmi nous semble n'être plus qu'un foyer où fermente une vaste conspiration contre l'œuvre du Seigneur.

Si les dépositaires de l'autorité civile sont intéressés a l'examen des doctrines séditieuses qui sont venues envahir le domaine de la foi antique , si c'est pour les magistrats eux-mêmes un rigoureux devoir de bien connaître l'esprit qui les anime et les propage , d'en calculer l'influence , d'en prévenir les funestes conséquences sur tout l'ordre public , les Ministres de la Religion pourraient-ils voir d'un œil indifférent les dangers dentelles menacent le Sanctuaire? C'est à eux spécialement que s'adresse cet écrit.

\Xa DISCOURS

Il faudrait assurément n'être ni Français ni Chrétien, pour s'abuser sur les conséquences d'un système qui bouleverse la hiérarchie , détruit la discipline antique , viole dans son essence la constitution donnée à l'Eglise par son divin fondateur, attaque les fondemens de toute autorité civile et religieuse. C'était là le venin caché dans son premier ouvrage sur l'indifférence. Les bons esprits ne s'y laissèrent pas tromper, et ne craignirent pas de manifester leurs défiances. La Pveligion d'un Dieu qui est vérité et charité , pouvait-elle se défendre par des paradoxes et par le langage du mépris et de la colère? Etait-ce ainsi que l'avaient enseignée, et défendue les Origène, les Augustin, les Clirysostôme? 11 n'est pas besoin d'examiner ici lequel, de l'indifférence ou du fanatisme , est le plus formidable dans un Etat 5 il suffit que personne ne puisse nier que l'un et l'autre sont pernicieux. Qu'importe que ce soit l'eau sta-

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gnante du marais, ou celle du torrent dévastateur, qui amène les ruines et creuse les abîmes.

M. de La Mennais lui-même n'a pu dissimuler les inquiétudes qu'avaient suscitées ses étranges théories (i).

Déjà plus d'un critique sévère avait interrogé ces doctrines, que leur nouveauté seule rendait suspectes; et l'épiscopat français n'avait pas tardé a manifester son improbation. Si Ptome n'avait pas encore parlé , si la sentence du Siège Apostolique n'avait pas encore confirmé la censure

(1) J'écrivais ces lignes dans les premiers r.iois de 1831 , trois ans avant que le livre des Paroi is d'un Croyant eût paru. Un journal a récemment publié ce morceau (les Etudes religieuses, 9 mai J83''i). Rendant compte, le premier de tous, des Paroles d'un Croyant , ce journal observa que « s'il eût été imo primé à cette époque , ce portrait, jugé en quel- « que sorte propliétique , eût été sans douie alors « taxé d'exagération; m.ais aujourd'hui , que répon- « dre? Le derr,icr écrit de M. de La Mennais a de- « passé toutes les prévisions ; le novateur a désor- « mais jeté le masque. »

XXIV DISCOUUS

des évêqiies , c'était par ménai^ement pour le fougueux Novateur, qui laissait craindre qu'il n'attendît que ce moment pour lever la bannière de Luther. Les suites ont fait voir si le pressentiment a été faux.

A la suite de l'Essai sur V Indifférence et de sa Défense^ avaient paru diverses productions du même écrivain. Il ne faisait toujours, en s'y copiant lui-même, qu'enchérir sur les erreurs des précédentes, et lever graduellement chacun des voiles qu'une prudente réserve savait y retenir. Pas un des articles de son Sermon quotidien (i ) de VA venir j, qui ne se retrouvât textuellement dans ses écrits antérieurs, plus particulièrement dans le livre publié en i 820 sous le titre La Religion considérée dans ses rappoj^ts avec V ordre civil et politique (2). Ce livre, moins connu que V Essai, mais plus substantiel, pouvait être regardé

{i) Expression du journaliste dans r^î?e«îV^n. 395. (2) 1 Tol. in-8°. Paris, 1826, troisième édition.

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à la fois comme le Commentaire du précédent et l'Introduction à ceux qui allaient suivre. U Essai sur V Indifférence aurait suffi pour révéler aux yeux attentifs les doctrines déposées dans la pensée de l'auteur, et qui allaient être développées dans la Religion considérée^ etc. Celui-ci, a son tour, préparait aux saturnales de V Avenir; et ce dernier amenait , par une filiation directe, 1Ê& Paroles d'un Croyant. Dégagés des digressions parasites et ramenés à un protocole général, tous offrent la preuve d'une conjuration ourdie dès long-temps, ^t poursuivie sans relâche. Elle n'avait fait que déguiser sa marche jusqu'au moment où la Révolution de Juillet lui eût fourni l'occasion d'éclater. C'est alors qu'il a commencé a se montrer au grand jour; alors qu'il a plus ouvertement levé l'étendard de l'insurrection. D Avenir avait un but direct et proclamé sans mystère : c'était d'amener sa révolution religieuse par des révolutions

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