CHAPITRE VIT
Des Trois-Rivières à Machiche avant 1760.
Les cent quatre-vingts premières pages du présent volume m'ayant été montrées, je cède avec plaisir à la demande que l’on me fait «le placer quelques notes à la suite de ce travail utile,
Et d'abord, page 9, observez que la Relation des Jésuites, 1644, p. 41, ne dit pas ‘ petite rivière, ” mais “ rivière Marguerie ”” ; c'est l’annotateur du livre du Père Bressani qui ajoute le mot ‘‘ petite ?”.
Il y avait alors aux Trois Rivières un interprète de talent et très aimé, du nom de François Marguerie, dont la sœur avait épousé récemment Jacques Hertel, aussi interprète, et: le père de toutes nos familles Hertel,
Je continue, toujours dans le style de notes volantes.
L'hiver de 1647, raconte Nicolas Perrot dans ses Mémoires, l'an des campements du céièbre chef Algonquin Simon Piescaret était situé à la ‘rivière Onabmachis ” ct les Iroquois y firent un massacre en règle. Cés gens étaient des Trois-Rivières et n'étaient arrêtés à Machiche que pour ia saison de ia chasse à l'orignal,
Perrot écrit tour-à-tour Ouubmalkis et Cuabmachis. Charlevoix met Ouamachis. Le père Taïilhan pense que la forme véritable est Oumachiche et, par le retranchement de l'article algonquin ou nous avons machiche. Le Père Lacombe dit que, dans la langue des Cris, diulecte algonquin, Zyamachiche signifie “ boue
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a1 large ” ou micux ‘“ au fond de l’eau ”, et machiche “ boue sur le rivage. ” M. Henri Vassal dit que les Abenakis appellent Yamachiche d’une autre manière, dans Jeur langue: Vombomlanhk, ce qui veut dire ‘ sable blanc ”,
La Relation de 1653, p. 33, parle d'une embuscade d'Troquois établie “ à la rivière de la Madelaine, six lieues ou environ au dessus des Trois-Rivières ” et dans laquelle une bande de Hu. rons, sous les ordres de Toratati, tomba et “ fut entièrement défaite ”, le 2 mars 1652. Le Journal des Jésuites marque, au mois de mars 1652, ce qui suit: ‘“ Le sceond jour de mars, douze Hurons, six Algonquins et dix Algonquines étant partis des Trois-Rivières pour Montréal et ayant couché dans Île lac Saint- Pierre, le lendemain matin, jour de samedi (le 2 mars 1652 était un samedi) furent attaqués en chemin par cinquante Iroquois. Trois femmes algonquines se sauvèrent, cinq Algonquins et deux Hurons—Eha£ennon et Achaennhak. Desiderati funt decem hurones : — Toratati brûlé, AthohonchiSanne tué, Ora’k8i, Otara- &ia brulés, Ondiatsondi, Annondate’en, Osondack, Atandihetsi, Iondècha et Tonnontaon fils de Hock, qui ete. Ahosk8entak vacatur. ” Le même Journal dit que Ta’akenrat fut brulé le 4 juillet suivant pour Toratati, et Aontarisati pour un Algonquin nommé Otsinnenko ; ayant été bapti-és la veille par le Père Ménard. La mort de ces deux chefs iroquois soulera plus que jamais les guerriers de leur nation et, dans les combats qui s’ensuiveut, M, Duplessis, gouverneur des Trois-Rivières, fut tué avec huit hommes. J'ai raconté ces évènements aux pages 113, 130, 135-38 de la Chronique Trifluvienne.
Etienne Pepin dit Lafond, établi aux Trois-Rivières en 1641, sinon auparavant, marié en 1645 avec Marie, sœur de l'interprète Pierre Boucher, se fit accorder, le 10 août 1655, par M. Jean de Lauzon, gouverneur général, ulors présent aux Trois-Rivières, ‘ un quart de lieue de terre audessus de la rivière de la Madelaine et un quart de lieue au-dessous, de front sur le Saint-Luurent, du côté du nord, au dessus des Trois Rivières, et trois lieues de profondeur dans les terres ”,
Cette rivière Madeleine a-t-elle du rapport avec celle dont parle la Relation de 1653, et cette dernière est-clle la même que celle mentionnée dans la Relation de 1644? Les deux rivières des Relations se trouvent à six lieues de la ville, en tous cas ; je les pr.ndrais volontiers pour les deux rivières Machiche,
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L'octroi d'une terre à Lafond ‘ au-dessus des Trois-Rivières” ne prouve pas que le concessionnaire y ait mis hache en bois, selon le terme populaire, mais ce fait m'inspire la curiosité de voir comment et à quelles dates le terrritoire qui s'étend de la ville des Trois-Rivières jusqu'à Machiche a été distribué, puis peuplé.
Rappelons-nous la Commune, donnéo en 1648 par M. de Montmagny, gouverncur-général, aux habitants de la bourgade, pour y faire paître leurs bestiiux, et agrandie, deux années plus tard, de mauière à s'étendre jusqu’à l'endroit où se trouve le vieux moulin de pierre actuel, Ce moulin a dû être construit vers 1715. Le morceau de terre ainsi accordé pa: agrandissement appartenait aux RR. PP. Jésuites, qui reçurent en échange un lot adjacent en remontant le fleuve ct qui est entre la Commune et la Banlieue, laquelle se déroule sur l’espace d’une lieue ct finit audelà du Calvuire,
ke
La Banlieue est une vaste ct riche plaine qui se penche d’un côté vers le fleuve et de l’autre s'appuie à une serie de côteaux qui vont en s'étageunt vers le nord, jusqu'aux Laurentides, cette grande chaîne de montagnes courant du Labrador aux confins ouest de la province d'Ontario. La bande sud de ces collines, c'est-à-dire les rampes qui regardent le Saint-Laurent et le lac Saint-Pierre, décrit un quart de cercle partant des Trois-Rivières et atteignant Terrebonne ; vers le centre, la ligne est éloignée du lac d'à peu près trois lieues. Autrefois, dans les âges géologiques, le Saint-Laurent était barré, un peu au-dessus de Québce, aux rapides actuels appelés Richelieu, par un amoncellement de pierres qui donnaient lieu a une chute puissante, peut-être aussi haute que le Shawinigan ou le Niagara, et l’eau, à partir de cet endroit jusqu’à Montréal, s'élevait dans le fleuve à un niveau proportionné. Le lac Saint-Pierre s'évasait au nord ; ses vagucs allaient battre les côteaux dont je viens de parier. Dans certaines années, les inondations du printemps nous présentent encore ce spectacle — c'est le lac qui visite ses anciens domaines.
A présent quo tout ce pays est décuuvert par les eaux, que le défricheur y a passé, qu'il a, en un mat, sa place au soleil, il offre au cultivateur le sol le plus riche qui se puisse désirer, Unie comme une table, cette plaine de vingt lieues de longueur est la terre nourricière d’une nombreuse population,
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La partie qui avoisine la ville des Tr'is-Rivières est traversée par plusieurs gros ruisseanx qui descendent des hauteurs de la région nord, arrosent les champs et vont se perdre au fleuve. Au temps de Champlain, on y admirait des arbres gigantesques ; les ruisseaux étaient de véritables rivières contenue: ç1 et là dans leur cours par des chaussées de castors, Maintenant que la forêt a disparu, la campagne, couverte d'épis d'or en été avec les grandes prairies de foin ondulant comme ios flots de la mer, y déploie ses magnificences, La douceur tranquille de l'air, les lignes suaves de l'horizon qui encadrent le lac Saint-Pierre en font un paysage irmense dont la beauté saisit l'imagination. «
On était au plus fort de la guerre des Iroquois lorsque, le 29 mars 1649 M. Michel Le Neuf du Hérisson, établi aux Trois- Rivières dès 1636, ao fit concéder ‘“ unelieue de terre à prendre le long du fleuve Saint-Laurent,à l'endroit des Trois-Rivières, en remontant le dit fleuve, sur cinq li ucs dans les terres non concédées ”, le tout à titre de fief relevant de la compagnie des Cent Associés, au bureau de Québec. Cet acte, dressé à Paris en présence du sieur du Hérisson jui-même, prescrivait à M. d'Ailleboust, gouverneur général, de lui faire livrer la terre en question, ce qui eut lieu. On prit done mesure à partir de ce que l'on nommait la troisième rivière (non loin du moulin de pierre actuellement en ruine) et l’on s’étendit jusqu'à la limite où commença plus tard la seigneurie de la Pointe-du-Lac. C'était toute la Banlieue.
La deuxième rivière ou ruisseau du moulin, coupe l’extrémité de la Commune telle qu'agrandie en 1650. Ensuite les vingtdeux arpents de front du fief des Jésuites s'arrêtent à trois arpents de la troisième rivière, C:s trois arpents ont été longtemps la propriété de la famille Le Pelé-Desmarais qui en avait un titre de 1651. Li quatrième rivière est à un mille à peu près du Calvaire, L'organisation de la Justice no commença aux Trois-Rivières que en 1651 et c'est lentement quo les seigneuries de ce district lui furent confiées. L'acte de concession de Bécancour (1647) prescrit que ce fief relèvera du Conseil Souverain qui sera étubli à Québec (ce conseil ne fut formé qu'en 1663). En 1672 quoi qu'il y eut alors un lieutenant-général ea la juridiction des Trois-Rivières, la seigneurie de Saint-Pierre-les-Becquets devait relever de Québec.
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La guerre des [roquois, de 1650 à 1665, paralysa toute tentative de colonisation aux abords du lac Saint-Pierre, sur les deux rives, Pierre-Esprit de Radisson raconte que faisant la chasse duns la Banlieue, en 1651, il fut enlevé par les Iroquois, Le 19 août 1652, M. Duplessis-Bochard, gouverneur des Trois- Rivières et huit Français furent tués, à la quatrième rivière, et sept autres amenés captifs ; on n'en entendit plus parler. Un peu aupurav ant avait eu lieu à Machiche le massucre de sauvages que j'ui raconté, En 1653, Trois-Rivières fut presque constamment bloqué par les Iroquois, La terreur régnait dans le pays. Les troubles de la Fronde désoluicnt la France ; les colons du Canada ne voyaient pas venir les troupes qu'on leur avait promises si sonvent ; la Mère Marie de l'Incarnation raconte que “ cha un se délibérait de quitter la Nouvelle France. ” En 1658, 1660 et 1663, il y eut des combats au-dessus des Trois-Rivières, sans compter les meurtres isolés,
Cependant, il faut croire que tout le monde n'était pas au désespoir puisque un Trifluvien jeta les yeux sur la contrée de Ja, Pointe du-Lac et se la fit remettre à titre de seigneurie,
Dans les pièces de la tenure seigneuriale, on lit, à la date du 31 juillet 1656, que Pierre Boucher, écuyer, sieur de Grosbois, gouverneur des Trois- Rivières, accorde à ‘ maître Jean Sauvaget, procureur fiscal en la ville des Trois-Rivières, une terre et concession, à la pointe du lac Saint-Pierre, du côté du nord, de la consistance de trois quarts de lieue de front, sur deux lieues de profondeur dans les terres, pour en jouir, le dit Sauvaget et Etienne Seigneuret son gendre, ” Le 5 août suivant, M. de Lauzon, gouverueur-générul, ratifia ce document.
Jean Sauvaget et sa femme Anne Dupuis étaient aux Trois- Rivières en 1634, l'année même de la fondation du poste. Ils vonaient de LaRochelle, amenant avec eux la petite-fille d'Anne Dupuis, appelée Madeleine Benassis, laquelle épousa Etienne Seigneuret sieur Delisle, l'automne de 1647,
Le jour même où M. de Lauzon confirmait les lettrespatentes do Sauvaget, il uccordait à Pierre Boucher (âgé de trois ans, fils du gouverneur des Trois-Rivières), la consistance de dix arpents de terre de front sur vingt de profondeur, du côté du nord du fleuve Saint-Laurent, environ trois cents pas au-dessus de la cinquième rivière. Ce petit ficf porte le nom de Boucherville ?
HISTOIRE D'YAMACHICHE, 283
il est ritué entre la seigneurie de la Pointe-du-Lac et le ficf Labudie, sur lequel est plucé le Calvaire.
Nous avons donc , de 1648 à 1656 les concessions suivantes : la Commune aux Trifluviens, le fief des Jésuites, la Banlieue à LeNeuf du Hérisson, le fiet de M, de Boucherville ct la Pointedu-Lac à Sauvaget,
Au mois de juin 1665, le régiment de Carignan, fort de mille hommes, arriva de France et, dès lors, il fut évident que les Iroquois ne seraient plus à craindre, Michel Le Neuf du Iérisson qui, pas plus que les autres concessionnaires dont j'ai parlé, n'avait pu mettre ses terres en valeur, passa la seigneurie de la Banlieue à son neveu, Joseph Godefroy sieur de Vieux-Pout, pat un acte du 15 novembre 1665. Ceci ne changea rien à la si uation, car le nouveau propriétaire ne dirigea aucun colon de ce côté.
Il y a apparence que Jean Sauvaget mourut vers 1660, La terre de la Pointe-du-Lac resta à son gendre Etienne Seigneuret, La tille de ce dernier, Margucrite, épousa aux Trois-Rivières, le 2 mars 1663, Louis (rodefroy sieur de Normanville, La fiancée n'étant âgée que de neuf ans et quatre mois, le mariage, dit le contrat, devait avoir lieu à une date ultérieure. laquelle je reporte à la fin de 1666.
Le 10 juillet 1670, M. de Courcelles, gouverneur-général, signe un billot constatant que ‘le sieur de Normanville étant chargé de famille (1) et n’uyant point d'habitation (2), il lui est accordé une concession au dessus de la Pointe du Lac Saint-Pierre, à commencer ensuite de celle-du sieur Seigneuret, en montaut l'espace d’une demi lieue sur le bord du dit Lac, à la charge d'y faire travailler incessamment, suivant l'intention du roi. ” Le titre de cette terre fut donné à Normanvilie l’automue de 1672.
L'année 1672 est celle qui vit le plus grand nombre de con cession de. terres en Canada. Picrre Boucher, après avoir été interprète au pays des Hurons et aux Trois-Rivières, commis da la traite à ce dernier poste, capitaine de milice, deux fois gouverneur
(1) Il n'avait qu'un enfant, alors âgé de quatorze mois, mais peut-être supportait-il quelques autres membres de sa famille,
(2) Ceci veut dire point d'établissement agricole.
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de la ville, anobli (1660) sous le nom de sieur ds Grosbois, nom qu’il portait déjà en 1656, alors qu’il était juge du district, ayant été de nouveau fait gouverneur de la place (1662), était allé, en 1667, fonder la seigneurie de Boucherville, où il vécut cinquante ans. Le 3 novembre 1672, -l'intendant Talon lui accorda le fief Grosbois, qui forme à présent partie de Muchiche, comme il est dit, page 10 du présent ouvrage.
Le même jour, 3 novembre 1672, Talon accorde ‘“ au sieur Boucher (1) trois quarts de lieue de terre de front, sur une lieue de profondeur, à prendre sur le cap (lac?) Saint-Pierre, depuis la concession du sieur Boucher, son père, jusqu'aux terres non concédées. ” Ceci me parait être le premier titre du fief de Grand-Pré voir plus loin l’année 1695
Le 3 novembre 1672, Talon accorde au ‘“ sieur de Normanville une demi lieue de terre sur une lieue de profondeur, à prendre depuis la rivière aux Loutres, tirant vers la concession du sieur Seigneuret son beau-père. ” Ceci est la confirmation du biilet de 1670 cité plus haut.
Le 3 novembre 1672, Talon donne au sergent Jacques Labadie, du régiment de Carignan, le fief Labadie, dans la Baulieue. Labadie mourut célibataire et laissa ses biens à la famille Godefroy. En 1752, le sieur Franquet mentionne “ la pointe de la Badie, située entre celle du Lac et les Troi -Rivières, rive aord, ”
Le 13 août 1674 le comte de Frontenac accorde à ‘“ Anne Dupuis, veuve do maître Jean Sauvaget ”, le terrain concédé le 30 juillet 1656, et lui ajout: “ trois arpents ou environ de fa te, atte” nant au dit fiof et allant jusqu’à la concession du nommé Claude Jut:a, sur deux lieues de orofondeur ”. Claude Jut:as dit Lavallée occupait la première terre de la Banlieue, du côté de la Pointe-du-Lac ; il tenait un titre du 20 juillet 1659 ;. sa fille Marie épousa, 1683, Michel Poulin qui hérita de la concession.
Le 13 septembre 1674 le comte de Frontenac ‘accorde à “ Louis Godefroy, écuyer, sieur de Normanville, une grêve ou terrain, le long du lac Saint-Pierre, contenant en superficie en-
(1) Ce doit étre Pierre Boucher, sieur de Boucherville, fils aîné de Pierre Boucher de Groisbois, né aux Trois-Rivières en 1653, et décédé à Boucherville le 17 août 1740,
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viron cent arpents, situés entre la concession du dit sieur de Normanville et celle du sieur Seigneuret son beau-père, séparée d’une ligne qui court nord-ouest et sud-est, lequel terrain lui sera d’une très grande utilité pour la pasture de ses bestiaux. ”
Le 14 août 1676, aux Trois-Rivières, l'intendant Duchesneau, sur une promesse faite par Talon en 166%, accorde à Jean ne Jallaut, veuve de Maurice Poulin une lieue de terre de front sur la rivière des Trois-Rivières (le Saint-Maurice plus tard) du du côté du sud-ouest, et deux lieues de profondeur dans les terres, Cette profondeur empiétuit sur la Banlieue telle que délimitée par l’uete de 1649, mais ni M. du Hérisson. ni M. de Vieux-Pont n'avaient pris la peine de coloniser toute ou partie de leur vaste domaine.
Le recensement de 1681 mentionne cinq ménages à la Rivière-du-Loup et neuf à Berthier. Des Trois-Rivières à la Rivière-du-Loup, pas un colon.
En 1688, le recensement mentionne le nom de Tonnancour, ce qui voudrait dire la Pointe-du-Fac, mais les chiffres donnent en bloc Villemur (Berthier) la Rivière-du-Loup et Tonnancour, ayant ensemble vingt-trois maisons, vingt-quatre ménages, quatre-vingt cinq bêtes à cornes, et quarante-et-un cochons. !
Le fief Labadie avait quelques colons en 1692, C'est là, je crois, que Jacques Dubois, des Trois-Rivières, reçut une terre le 27 juillet 1691. En 1698 mêmes mentions de Tonnancour et de Labadie. Par conséquent Ma ‘hiche n'avait pas encore été peuplé et, de toute la Banlieue, et n’y avait d'habitants que sur le petit ficf Labadie, au Calvaire. Nous arriverons, par ces procéés, à nous rendre compte du mouvement de la colonisation au XVIe siècle, dans cette partie du district, ce qui n'a pas encore été fait par nos écrivains.
Le 30 juillet 1695, le comte de Frontenac et T'intenlant Bochart de Champigny accordent à ‘“ Pierre (1) Boucher, écuyer, sieur de G‘anl-Pré, major de lu ville des Trois Rivières, où il est murié et étubli, une lieus de terre de front sur trois de profondeur dans le lac St-Picr:e, tenant d’un côté aux terres de ja rivière Hyamachiche et le l'uutrs côté à celle: de ia Rivière-du-
lun: (1) Son nom'était Lambert Boucher, sieur de Grand-Pré ; Jécôlé en avril 1699.
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Loup, ensembl; les îles, îlets et battures adjacentes,” Ce:te concession fut ratifiée par le roi le 19 mai 1696. C'est le ficf Grand- Pré. Ceci me paraît-être un renouvellement de la cence-sion accordée, le 3 novembre 1672, à Picrre Boucher de Boucherrille, frère de L'imbert, et l'erreur du nom de Pierre que je viens de relever s'expliquerait ainsi.
Nicolas Gatineau, marié à Marie Crovier, m'échappe après 1631. Son fils Nicolas, né aux Trois-Rivières, lo 20 juin 1664, murié au même endroit à Jeanne Tétard et décédé le 2 décembre 1700, était, par sa mère, de la famille de Boucher. Le 12 septembre 1699, Pierre Boucher, sou oncle, lui concéda douze arpents sur quatorze, à la Rivières aux Glaises, comme arrière-fief ou démembrement de Groisbois. Il y a apparence que Jean-Baptiste, irère cadet de Nicolas Gatineau, hérita dela concession à partir de 1700.
Jusqu'ici, pus de trace de colons à Machiche. L'acte des deux Lesieur (1702) cité à la page 15 de ce volume, commence les travaux réels du défrich ment. Puis nous arrivons à 1707 pour trouver Jean-Baptiste Gatineau en possession légale du fief qui porte son nom ; il y eut, à cette date, un bornage officiel éxécuté entre Lesieur et Gatineau, entre les fiefs Grosbois et Gatincau. En 1712, par lettres patentes de l'intendant de ia Nouvelle- Franec, Jean-Baptiste Gatineau est confirmé dans son titre de possession, Boucher avait vendu à Gatineau moyennant la somme de deux cents livres, monnaie du pays. A propos de l'acte de 1712 il est parlé de conditions semblables à celles imposées à M. Daine ; voyez là-dessus les titres Seigneuriaux, pages 163, 215, 223,
La carte cadastrale de 1709 donne le nom des terres de Grand-Pré ayant front sur la rivière du Loup. Côté nord de l'embouchurc il y a le domaine, ensuite remontunt le long dé la rivière, Saint-A mand, qui doit être un Desjarlais ou un Pellerin. Le suivant est Lemaître dit Augé. Puis Moras Beaubien ou Trottier dé Benubien Labarre vient après, ensuite Bergeron, Laboutonnière, Crermain, Saint-Armand, Descôteaux. .
A l'est, les terres tirées depuis le lac, en allant au nord, sont : la Commune, Bourgainville (Hérou), Gélinas, Blade (Blais) et Lacost:, ee
A l’est de la rivière Machiche, il y a uu grand lot vacant au
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bord: du lac, puis Gélinas, Gélinas et Pilot ; celui-ci est Pinot. dit Laperle.
Le fief (Grosbois est nommé Yamachiche ; pas de colons. Le fief (ratinean porte ce nom ; pas de terre cultivée.
Nous: avons donc en 1709 seize habitants dans la paroisse: de Machiche. .
La même carte cest absolumert muette à l'égard de la Pointe-du-Lac, mais la Banlieue s'y montie bien peuplée. Le premier cultivateur est Joutras, puis Mouet, Danneau, Desbuttes Rondo, Belisle, Lefcbvre, Duguay, M ‘ugrain, Lemaître et Grandmesnil, Ces onze colons devaient être sur le fief Boucherville. Quant aux fief Labadie, Ameau et Vieux-Pont qui suivent, en gagnant Trois Rivières, ils sont laissés en blanc, ce qui montre- . rait qu’il n’y avait personne pour les accuper, mais j'en doute, car ils devaient être en culture, puisque l'on connait leurs propriétaires et que, s’il n'y avait pis encore de chemin pour y aller des Trois-Rivières, le fleuve pouvait être utilisé à cette fin.
Après, vient Le Pelé-Desmarais, situé, comme il a été dit, du côté nord-est de la troisième rivière, Son voisin est Fafard dit Longval sur le fief des Jésuites, puis un autre Fafard dit Longval, ensuite Fafard dit Laframboise et un autre Fafard dit Longval. Les deux derniers habitants, avant que d'arriver à la Commune, sont Lefebvre dit Lacerisaye et Amand,
Il n’est pas besoin de plus longue explication pour faire voir comment les terres étaient partagées, depuis la rivière du Loup. aux Trois-Rivières, en 1709.
La colonisation de Machiche date de 1703. Neuf ans plus tard il y avait dans la future paroisse une chapelle et un cimetière puisque je lis au registre des Trois-Rivières, le 26 juillet 1712, l'acte de décès d'un garçon de cinq mois, inhumé ‘ dans le cimetière de la chapelle de Sainte-Anne d'Ogmachiche. ”
x TX Le grand chemin royal qui va des Trois-Rivières à Montréal, fut ouvert en 1721, Dans le réglement de 1722 que vous citez à la page 31, en ce qui concerne Machiche, ilest parlé aussi des terrains de la
Banlieue et do la Pointe-du-Lac. Vuici le pa:sage en question, à partir de la Commune des Trois-Rivières : Le fief des Pères Jé-
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suites, d'un quart de lieuc de front, jusqu'à la concession d'Antoine Le Pelé, la dite concession de trois arpents de front jusqu'au fief Vieux-Pont, ce dernier de dix-sept arpents de front jusqu’à la, concassion du sieur de Tonnancour, laquelle est de‘cinq arpents de front jusqu'au fief Labadie, le dit fief étant de vingt-quatre arpents de front, jusqu'au fief de Boucherville, qui est de dix arpents de front jusqu'aux concessions d'Ignace Lefebvre et autres ; les dites concessions, au nombre de cinq, contiennent cinq
arpents de front chacune, et remontent jusqu'au fief de Tonnancour.
Le fief de Tonnancour c’est la Pointe-du-Lac. Le document dont je m'occupe ici lui donne une lieue un quart de front fiuissant au fief Gatineau.
Avec lu paix qui régnait depuis vingt anus et qui dura encore un evingtaine d'années, la colonie du Canada se développait, sans toutofois prospérer ; c'est l'époque où nous voyons se peupler la rive nord du flouve, partout entre Québec et Montréal.
En 1723 le procès en revendication des terres de la Banlieue dut produire une vive sensation dans ces endroits. En voici la substance : Joseph Godefroy, sieur de Vieux-Pont, lieutenant dans les troupes du Canada, avait laissé à son fils uîné, Louis Godefroy, écuyer, sieur de Normanville, enseigne dans le même corps, le fief de la Commune, soit une lieue de front au fleuve sur cinq lieues de profondeur, mais à défaut de faire acte de propriétaire, ce do:nier n’était pas consulté pur les c>lons qui s'établissaient où bon leur semblait, Le sieur de Normanville porta plainte devant les tribunaux et demanda que la moitié da fief lui fut livrée, comme aussi que l'autre moitié fut divisée entre ses sept frères et sœurs. Les bornes qu'il assigne au fief sont, du côté de la ville, la concession da sieur Le Pelé-Desmarets, et de l’autre côté, le fief de Tonnancour ou Pointe-du Lac, Il constate que le sieur Godefroy de Tonnancour, la femme de cului ci, le lieutenant de Boucherville, Rondo, Baudry dit Des Buttes, Dancau, Mouet de Moras, Ignace Lefebvre dit Belisle et Lavallée Jutras, occupent des terres sur la lieue de front que doit avoir son fief et que la couronne ne l'a jamais privé de son droit de possession. Par conséquent, soixante-et-sept arpents lui ont été enlovés et il n’en reste plus que dix-sept inoccupés, formant juste l’espace comprise entre les troisième et quatrième rivières. Le requèrant allègue que, après avoir reçu du sieur du Hérisson le domaine dont il s'a-
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git, M. de Vieux-Pont, son père, fut empêché d'y exercer ses droits par suite de la guerre des Iroquois, et que l'on ne peut s'assurer si, plus tard, il est entré en possession, mais il en avait rendu foi et hommage au sieur du Hérisson Ini-même, alors que ce g tilhomme était gouverneur des Trois-Rivières, le 7 juillet 1668. De plus, il dit que les papiers de son père ont probablement été brûlés dans l'incendie de la demeure de M, du Hérisson.
Co qui est certain c'est que les Godefroy père et fils n’ayont pas rempli l'obligation de mettre leurs terres en valeur, celles-ci retuurnaient à la couronne, d'autant plus que l’année 1665, où M. du Hérisson passa le titre à Joseph Godefroy fut la dernière qui vit les Iroquois du côté nord du lac Saint-Pierre. Ils ne reparurent jamais en armes dans cette région.
Sunt assignés: de Tonnancour, de Boucherville, Poulin, Daneau, Guillaume Baudry Des Buttes, Charles Baudry et J.-Bte Pothier.
Daneau produit un titre du 3 juin 1651, accordé à Pierre Le Pelé, son beau-père.
De Boucherville en a un du 5 août 16:.6,
De Tonnancour en fait voir un, du 5 mai 1659, par lequel la Compagnie des Cent-Associés concède au notaire Sévérin Ameau cinq arpents de front sur vingt de profondeur, indépendamment d'une & sapiniè: e qui se trouve au miieu. [l dépose aussi un acte de concession du 27 juillet 1691 accordé par le sieur de Gulifet, gouverneur des Trois-Rivières, au sieur Jacques Dubois. En outre il fait valoir la concession donnée le 3 novembre 1672, par l'intendant Talon, au sieur de Labudie, soit un quart de lieue sur le fleuve et demi lieue de profondeur, eatre les terres d'Ameau ct de Pierre de Boucherville.
De Tonnancour était donc pr opriétaire des concessions s d' Àmeuu, Dubois et Labadie,
Le sicur Poulin montre un titre du 20 juillet 1659, en faveur de Claude Jutras; puis un autre du 14 août 1676, au nom de défunte Jeanne Jalot, sa grand'mère, pour une lieue de front au fleuve “ vulgairement nommé Saint-Maurice”, (1) sur deux lieues de prof ndeur,
(1) Le nom de Saint-Maurice ne fut appliqué à cette rivière que vers 1700 ou même après.
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Par son jugement, signé à Québec, le 15 juin 1723, l’intendant Bégon confirme dans leur possession les personnes occupant des terres dans le domaine en litige, et laisse à M.de Normanville, les dix-sept arpents vagues situés entre Ameau ‘“ et les sieurs de Saint-Paul ”. "Par son mariage avec une demoiselle Le Pelé, Amador Godefroy de Saint-Paul avait hérité du terrain en question, puis ses fils agrès lui.
Le terme de ‘fief Vieux-Pont,” qui, de 1649 à 1722, semblait couvrir une lieue de front, ne s’appliqua plus dorénavant qu'aux dix sept arpents ci-dessus nommés,
Le plus ancien registre connu de la paroisse de Machiche est celui de 1728; on y voit les noms suivants: Héroux dit Bourgainville, Maurice Gélinas et s femme Charlotte Bergeron. Etienne Lamy et sa femme Marguerite Blais. Antoine Arcand et sa femmo M.-Anne La Garenne. Louise-Angélique Cartier. François Rivard et sa femme Catherine Moreau, Antoine Lesieur, Julien Laglanderie et sa femme Catherine Grillou, Joseph Laglauderie. Mathieu Millet etsa femme Greneviève Banhiac ou Bayard. Augustin Lesieur. Marie Gélinas dit Bellemare. Rivard dit Beaucour. Jean-Baptiste Lemaître et sa femme Françoise Lesieur. Plusieurs Gélinas. L'année 1729, Jean-Charles Vacher dit Lacerte et sa femme M.-Claire Bergeron. Jacques Blais. J.-B,. Désauniers. |
En 1729, le 18 avril, il y a le baptême de M.-Josephte née 6 avril, ondoyée le même jour par son oncle Augustin Lesieur, fille de Louis-Joseph Rivard dit Bellefeuille et de M.- Françoise Lesieur. Parrain et marraine : Pierre Lesicur et M-Josephte Lesieur— tous habitants de la paroisse d'Yamachiche,
1730 .—Charles Lesieur, seigneur d'Yamachiche, 1731 : — Maurice Dugué, J-Baptiste Lemuaître dit Bellenoix. Pierre Toutemps. François Lesieur et sa femme. Le sieur Charles Augé. Pierre Lacourse, inhumé à l’âge d’environ cinquante-trois ans, Jean Guillemet, J-Baptiste Gendron et M. Angélique L'Etourneau son épouse, Pierre Gélinas, 1734 :— Pierre Grenier.
En 1734, René Godefroy, écuyer, sieur de Tonnancour, lieutenant général civil et criminel en la jurisdiction des Trois- Rivières, représente qu’il possède plusiours fiefs dans le gouver-
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nement des Trois-Rivières et qu'il désire en awulgammer deux sous le nom de ‘ Tonnancour ”, savoir : lo celui appelé Seigneuret et Sauvaget, de la consistance de soixante-et-six arpents de front sur deux lieues de profondeur, concédé conjointement à Jean Sauvaget et à Etienne Seigneuret par M. Bou:her, gouverneur des Trois-Rivières, le 31 juillet 1656, ratifié par M. de Lauzon, gouverneur-général le 2 août suivant. Ce fief tient au nord-est à l'habitation de Claude Joutras, ct au sul-ouest au fief ci-après mentionné. Le premier fisf est échu à Iiené (Godefroy, le pétitionnaire, par le décès de Marguerite Seigneuret, sa mère, seule et unique héritière d'Etienne Seigneuret père d'icelle, et de J an Sauvaget grand-père de la dite Margucrite Seigneuret, 20 le second fief, contigu au premier, est de la consistance d’une demi lieue de front, avec une lieue de profondeur, joignant au sud-ouest à la rivière aux Loutres. Ce fief avait été concédé par M. Talon à Louis Godefroy de Normanville, le 3 novembre 1672, et il a échu à René Godefroy de Tonnancour, comme seul héritier de son père Louis (rodefroy de Normanville, M.de Beauhar-nai, gouverneur-général, et M. Hocquart, intendant de la colonie, confirment © s titres, mettent les deux flefs en un seul sous le nom de ‘“ Tonnancourt ” et prolongent le second d’une lieue de profondeur dans les terres, afin de donner à l’ensemble deux lieues de profondeur et une lieue un quart de front.
Dans l'acte qui précède, il est dit que la seigneurie de Tonnancour relèvera de la juridiction de Montréal. M. Faillon a cru voir dans ce fait un indice de la prépondérance de Montréal sur les affaires du pays. La vérité est que M. Godefroy de Tonnancour étant le juge en chef du gouvernement des Trois-Rivières, on ne pouvait convenablem:nt placer sous sa juridiction uno scigneurie à lui appartenant,
Le 22 avril 1737, le roi permet à la compagnie des forgrs Saint-Maurice d'étendre son exploitation de mines de fer depuis, et y compris, la seigneurie d’'Yamachiche, jusqu'à, et y compris le Cap de la Madeleine, de l’autre côté du Saint-Maurice.
Le recensement de 1739 donne, pour Trois-Rivières et la Banlieue, 378 âmes, pour la Pointe-du-Lac, Gatineau, les deux Machiches et la Rivière-du-Loup, 415 ânes.
Fa
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1741 :—J, Bte Noblet Duapiessis, habitant do la Pointe-du- Lac ct sa femme Françoise Lacerte figurent au registre des Trois-Rivières, Il est parent de J, B, (Gatineau dit Duplessis,
1742 :— François Delpé, aux Trois-Rivières, le 15 novembre 1128, épouse Catherine, fille de Jean Morisseau ct d'Anne Pastorel, de Repentigny. En 1742, ce Delpé et sa femme +ont à lu Pointe-du-Lac : il est capitaine de milice de la place, Le 29 mars 1749 ils inhbument un enfant à la Pointe-du-Lac.
Au registre de Machiche se lisent les noms suivants : 1746 — Nicolas Rivard Loranger ; il signe ‘ Nicolas rivarre ”. En 1748, 25 novembre, Yamachiche, mariage de Joseph Rochcereau, du Cap de la Madeleine, fils de Joseph Rochereau et de M.-Renée Lefebvre, avec M-Louise, fille de Julien Rivard et de Catherine Gaillou ; sont présents : Joseph et Michel Rochercau. De ce mariage niquiront plusieurs enfants ; Rocaoroni mourut à Yamachiche en 1756, âgé de trente-cinq ans,
Claude Frigon est parrain d’un enfant au registre de Machiche en 1751 ; il signe d’une bonne manière. Tous les Frigon que je connais ont une belle main d'écriture, La même année, Pierre Pinot, de la Pointe-du-Lac, épouse à Yamachiche, Marguerite, fille de Joseph Aubery et de Toinctte Guery, de l'évêché de Langres, en Champagne. Claude Pinot et sa femme, M.- Anne Charpentier, demeuraient aussi à la Pointe-du-Lac, d'après le registre des Trois-Rivières.
L'été de 1748, le gouverneur-général écrivait au ministre des colonies : ‘ Nous apprenons, par M. Le Gardeur de Repentigoy, que neuf soldats, sous les ordros d’un sergent, qui conduisaicnt à Québec, en canot, trois Sauvages meurtriers qu’on nous avait livrés à Montréal, ont tous été massacrés et jetés dans le fleuve à l'endroit appelé Machiche, au lac Saint-Pierre, à cinq ou six lieues des Trois-Rivières ; les assassins ont échappé. On ignore si d’autres Sauvages leur ont aidé à faire le coup, mais on le croit, Quatre cadavres seulement ont été trouvés dans le canot et deux ou trois autres relevés sur la grêve. ”
Quatre Sauvages de Michilli makinac avaient tué un nommé Martineau, près du Détroit, le 31 août 1747 et l'avaient scalpé. L'un d’entre eux se sauva et ne put être suivi, mais les Sauvages livrèrent les trois autres aux Français, à Montréal, l'année suivante, Ordre fut donné de les conduire à Québec. La tragédie
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de Machiche pouvait inspirer de l’insubordinationu aux peuplades encore aguerries, particulièrement celles de l’ouest, c'est pourquoi les autorités de la colonie prirent des mesures vigoureuses el rapides pour prévenir tout soulèvement,
Le B août 1748, je vois au registre dés Trois- Rivières, l’acte de sépulture de trois soldats, *‘ dont l’un, dit-on, est un sergent”, tués ‘“ entre Muchiche et la Pointe-du-Lac, pur trois Sauvages Ouita8ois et Sauteux, qu’ils menuient à Québec, dansles prisons. Le 10 août eut lieu la sépuliure d’un autre de ces soldats ; le 13, une cinquième victime est inhumée,
En 1749, René-Ovide Hertel, écuyer, sieur de Rouville, consoiller du roi ot licutenant-général civil et criminel du gouvérnoment des Trois-Rivières, paraphe le registro de la paroisse do la Visitation de la Pointe-du-Lac, sur la demande de M. Chefdeville faisant les fonctions curiales dans cotte paroisse, * Mgr Tanguay mentionne ur registre de 1741 pour cette pots: ; je ne l'ai pas rencontré.
Le 6 mars 1749, à la Pointe-du-Lac, Fra de Maric- -Josephte Gladu, née la veille, de Pierre Gladu et dé sa femme M.Josephto Roseau. Parrain : Jean-Baptiste Arcand ; mar: raine : Marie Hyrre (?,. M. Chefdeville s'intitule missionaaire de la Pointedu-Lac, Le 29 mars, est inhuméo à la Pointe-du-Lac dans le cimetière de la paroisse à gauche, vers la croix, Thérèse, fille de François Delpé et de Mathurine Morrisseau, âgée de quinze ans, Présents aux funérailles : Maurice Déry, Pierre Laperle et René Bertrand. Le 3 mai, inhumation, sous la croix du cimetière de la Pointe-du-Lac, du corps de Maurice Delpé, fils de François. Le 5 mai, à la Pointe-du-Liac, mariage de Jean Charles Guilbert, fils de Charles Guilbert et de Marie Lefebvre, de Québec, avec M. Madeleine, fille de Pierre Gladu et de M.- . Madelaine Brouillet, Sont présents : Pierre Lefebvre cousin de l'épouse, Pierre Camirand, Pierre Gladu père de l'épouse, Joseph Gladu, Marguerite, .M-Jeanne et M- Moopaphie pas sœurs de
l'épouse.
Noms tirés du registre de la Pointe du bacs en 1749 1 Pierre Camirand et sa femme Madeleine Morrisseau, François Delpé. Jeanne Gladu. René Bertrand et sa femme Marguerite
-Gladu. Simon Boiv. Louise Chevalier. Laurent Girardin 'et'sa femme Anne Trotochaud. Simon Dufresne. J,. Baptiste. Duples-
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sis et sa femme Françoise Lacerte, Ignace Lefebvr. et sa femmo Josotte Beaubien. Joseph Jutra. M-Josephte Moëtte. François Dufresne et sa femme Louise Peligor, Thomas Laperle et sa fomme Jeanne Janvier. Gabriel Lupien. Catherine Delpé. Maurice Déry et sa femme M-Ânne Baron,
Le 12 août 1750 à la Pointe-du-Lac baptêmes de Pélage et de Véronique, filles jumelles de Pierre Camirand et de Madelaine Morrirseau. Cette année, les noms qui suivent paraissent au registre de la paroissé : Laurent Girardeau, Janvier Pinault, Maurice Delpé dit Montour et sa femme Thérèse Petit. Simon Oberil (Aubry) et sa femme Marie Beaudet, Antoine Clair et sa femme Madelaine Camirand, Pierre Falaise de Gannes, écuyer, sieur de Falaise, et sa femme Marguerite de Villiers. Picrre Baby et sa femme Thérèse Grandmini (ce ménago figure encore au même endroit en 1755),
1761. Michel Girard. Jacques Robin ct sa femme Vo Lamarche,
1752. Joseph Dupont et sa femme Josephte Blaze.
1749.52, Pointe-du-Lac—les quatre premières années du : registre renferment :
1749 7 Bapt. 8 sépult.
1 mar.
1751 5 Li 5 se 2 se
1752 10 F0 ss “
En 1753, l’entête du registre commence à porter: ‘ Paroisse de la Visitation de Tonnancour. ”
Le 21 octobre 1750 Marie-Jorephte Gatineau, “fille du sieur Gatineau, est mise en possession du fief Gatineau, situé sur. le Inc Saint-Pierre dont son père avait eu possession en 1712”, et l'on prolonge ce fief de quatre lieues de profondeur, en arrière, sur la même mesure que le front,
KT
L'ingénieur Franquet, visitant les forges Saint-Maurice, l'été de 1752, observe que le minerai de fer est à deux ou trois lfenes des fourneaux, Je ponse qu’il fait allusion à la grande baie de
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Machiche eti la Pointe du-Lac car, sous les gouvernements frangais et anglais, c'est de ces endroits que l'on parait avoir tiré le plus de minerai, En tous cas, vers 1790, Boll et Munro, en obtin rent de ces doux places, et aussi de Nicolet, en face du collège actuel,
Franquet part des Trois-Rivières le 29 juillet, conduit en calèche par M. de Tonnancour et so rend à la Pointe-du-Lac pour y prendre le bateau qui le mènsra à Montréal, Il observe que les habitations, entre Trois-Rivières et la Pointe-du-Lac, sont sur la droite du chemin oyal, et un peu enfoncées dans les terres. Elles y sont moins nombreuses que dans la partie nord du flouve qui va des Trois-Rivières à Québec, Il ajoute : “ Parvenu à la Pointedu-Lac, j'aperçus des maisons bâties uniformément et assujetties à des alignements, Il y en avait déjà neuf. Surpris de cette régu Jarité, mon dit sieur de Tonnancour me dit que c'était lui qui les faisait construire à ses dépens et sur un terrain à lui appartenant, pour y réfugier des Sauvages errants et vagabonds, entre autres les Algonquins qui, pour assassinats commis, ont abandonné le village de leur nation ou s’en sont éloignés par esprit de libertinage... Le projet de M. de Tonnancour est d'augmenter le nombre des maisons à mesure que des Sauvages s’y présenteront, Comme il est seignour du lieu et riche, il lo pourra avec facilité, Il fera même construire une église à mesuro qu'il leur remarquera des * dispositions à s'y fixer, Indépendemment des Sauvages Algonquins, il compte aussi en attirer d'autres, comme Têtes-de-Boule et Montagnais. Les premiers sont nommés tels pour avoir la tête ronde ; ils ne sont nulle part envilagés, sont assez nombreux et habitent, pour l'ordinaire, entre la rive du nord du fleuve et Labrador, fréquenté par les Esquimaux... Les Sauvages traitont avec le sieur de Tonnancour. Comme il parle la langue, qu'il est entendu à ce commerce et en état de leur faire des avances, il s’en attire la préférence, et c'est en vue d'augmenter cette traite qu'il se conâtitue en frais pour l'établissement de ce nouveau village, qui fera parti de la paroisse de Tonnancour.”
Une opinion assez répandue, disait que l’on ne devait pas induire les Sauvages à se fixer à côté des Français. Franquet n’est pas de cet avis, Poursuivant sa visite, il raconte que, ‘‘ au-delà de cet établissement, ils y a deux moulins, l’un à grains et l'autre à scies, placés sur un ruisseau, et solidement construits. Les eaux y sont retenues par une digue revêtue en maçonnerie,
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Ilest aisé de distinguer, par la dépense qu'on y a faite, qu'ils appartiennent à un homme riche, Tout auprès est l'église de la paroisse, À an quart de lieue sur la côte, l’on joint l’anse du fond da lac Saint Pierre, à l'endroit d'un cabaret établi sur le bord de l'eau, ” Ce cabaret était, dit-il, fréquenté des Sauvages et des canotiers, C’est là que le bateau attendait Franquet,
1754. 25 septembre, M. Chefdeville signe son dernier acto au registre de la Pointe-du-Lac, Le 5 décembre suivant, M. Guay, prôtre curé, missionnaire signe son premier acte. À la fin de 1759, ce dernier est encore missionnaire à la Pointe-du-Lac, De cette date au 27 mars 1787, je n'ai pas retrouvé les registres. Le. 27 mars 1787 M. Perraud, vicaire, signe son premier acte,
Le 10 octobre 1788 J. Gagnon, prêtre, s'intitule curé de la pa” roisse,
En 1765 il y a plusieurs bé de Têtes-de-Boule, La mêmé année, je vois le nom d’Ignace Lefebvre‘ dit Denoncourt et celui de sa femme Josephte Beaubien ; il y a aussi René Ber- é trand et sa femme, mausene Beaubien.
Rendu à l'époque où le sort des armes va changer les destinées du Canada, je m’arrête. Le territoire dont j'avais entrepris. de parler: est conquis .déjà sur la nature sauvage ; il ne tardera . pas à compléter sa. population ; les vides qui restent encore, des. Trois Rivières à Machiche, seront vite, comblés. Plus rien de: notable, puisque ce sera la continuation du travail heureuse-; ment commencé, Lcs-débuts ont été difficiles à partir de 1650,.. mais arrivé à 1721, avec l'ouverture de la grande route dés Trois-. Rivières à Montréal, l'élan s’est produit et il n’y aura par la suite qu’un développement rationnel, où la. curiosité de l'annaliste glane pou de faits nouveaux, |
à ua d } F
De toutes les recherches historiques auxquelles je me suis ivré, durant los dernières tronte années, celles que j'affectionn e davantage se rapportent: aux origines d'une localité, d’une-famille ou d'un événement quelconque. Plus:une note, une bribe de ren-:
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seignement remonte loin, plus je l'apprécie. Quant je vois que, dans cette Amérique où tout vient de naître, une date ancienne détonne ou semble dépaysée presque partout, je me complais à en amasser le plus possible et à m'entretenir des hommes et des choses du Canuda, il y a deux sièclos et même près de trois cents ans, Vous comprenez maintenant que j'aie dressé ces quelques pages avec plaisir : elles tentaient ma fantaisie, Veuillez les lire dans ce sens, elles vous procuroront peut être quelques instants de satisfuction, puisque vous vivrez en la compagnie de nos ancê tres—et vous conviendrez que nous leur devons bien un souvenir de temps à autre.
Outre l'intérêt qui s'attache aux commencements de nos paroisses, je: puis dire que de toutes les familles mentionnées dans ce livre, il n’ÿ en pas une seule de disparue—pas une seule, par : conséquent, n’est étrangère au milieu de la présente génération, Les descendants de ces premiers colons ne seront-ils pas fiers de rentrer dans la connaissance des actes du passé et d'inviter leurs enfants à les comprendre aussi ? Cet espoir me guide et me soutient—si je me suis trompé, du moins je n’en aurai pas de regret, ayant agi de mon mieux pour une cause que je trouve belle et . honorable. nt niv
Quelque soit le plaisir que vous éprouviez en me lisant, disait un auteur célèbre, vous ne saurez jamais jusqu’à quel point: ma jouissance a dépassé la vôtre en préparant'ce travail. C'est vivre un siècle que de parler de cent années en arrière, et si vous reculez à de plus grandes profondeurs, le charme est en proportion. Jugez par là si je dois des remerciments à mes lecteurs.
| BENJAMIN SULTE Ottawa 22 octobre 1892,
Avec le chapitre de Beujamin Sulte finit le supplément. à l'Histoire d’Yamachiche. Dans la circulaire adressée aux souscripteurs, il était dit que le présent ouvrage contiendrait, entr'autres matières, les généalogies de certaines familles ; des biographies, des gravures ete. Moins quelques portraits qu'il a été impossible dose procurer et, moins la généalogie de la famille Lamy (l'auteur, M. l'abbé Ant. A. Lamy n'ayant pu retrouver ce précieux travail), tout ce qui avait été promis est publié. Il y a
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même plus. Les retards apportés à la publication du volume ot permis d’intercaler, au chapitre V, un plus grand nombre de généalogies, Ce dernier travail n'offrira rien d'attrayant anx gourmets de la bonne littérature, mais il n’en sera pas moins apprécié de ceux qui s'occupent de la filiation des familles canadiennes françaises, Le seul regiet éprouvé a été de n'avoir pu insérer, au même chapitre, les généalogies des familles Héroux, Rivard (Laglanderie, Loranger, Dufresne ct Bellefeuille), Caron, Lacerte, Boucher, Carbonneau et Milette, familles toutes fort nombreuses et très anciennes dans le district des Trois-Rivières. Pour réaliser ce projet il eut malheureusement fallu retarder encore la publication du volume de cinq on six mois.
Je supplément n'a aucune valeur littéraire. IL n'est, à proprement parler, qu’une compilation de monographies écrites au jour le jour. Tout de même, il procurera peut-être des moments agréables à plus l’un enfant du vieux Machiche, C'est dans cette unique intention qu'il à été fait.
L'importance du chapitre écrit par Benjamin Salte n’échappera à personne. (’est un véritable monument que l'historien par excellence du ‘ pays des Trois-Rivières et de ses environs ” vient d'élever à la mémoire des anciens colons de la Banlieue, de la Pointe-du-Lac et d'Yamachiche. Il couronne à merveille le commencement de l’ouvrage, Voilà encore une dette de reconnuissance que les trifluviens contractent envers celui qui ne manque jamais une occasion de déchirer le voile de leur histoire.
Un mot, avant de prendre congé du lecteur. Quel sera le sort du présent ouvrage ? Pourrira:t-il chez l'imprimeur, oh sera-til bien accueilli du public ?...... Quoiqu'il en soit, il a été entrepris dans un bon but, celui de faire aimer davantage la bonne vieille paroisse natale, de tous ses enfants; de ceux qui sont encore les gardiens du logis, comme de ceux que le sort a dispersés aux quatre coins du pays et ailleurs. Si ce résultat peut-être obtenu, tant mieux,