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DEUX MIRACLES

Avant de terminer ce rapport, nous croyons devoir annoncer que le pèlerinage des filèles de Saint-Zéphirin a été marqué par deux guérisons qui nous paraissent tout à fait miraculeuses.

Qu'il nous sufflse de dire qu’un jeune garçon qui se servait

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d’une béquillé pour marcher, court et se promène maintenant dans le village d'Yamachiche tout comme s'il n'avait jamais été infirme; qu'une petite fille de sept à huit ans appartenant à un Darband de La Baie, a laissé ses béquilles aux pieds de la statue de sainte Anne ct qu'elle marche maintenant aussi bien qu'avec l’aide de ces deux appuis. Ces faits sont connus de tout le monde et attestent la grande puissance de sainte Anne.

Enfin, disons en terminant que le pèlerinage des fidèles de ‘Saint-Zéphirin a été un sujet d'édification pour les paroissiens d'Yamachiche. Le Rvd M. Ricard doit être fier de diriger une

paroisse composée d'aussi braves gens que les pèlerins de jeudi dernier.

Tous les pèlerinages à Yamachiche se ressemblent nécessairement ; en décrire un c’est, à peu près, décrire tous les autres,

St-Thomas de Pierreville voulut avoir son pèlerinage après celui de St-Zéphyrin, et quelques jours plus tard St-Grégoire eut aussi le sien. Deux bateaux à vapeur avaient été loués pour ce dernier.

: Les années suivantes, Ste-Angèle de Laval, Bécancour, St-

Maurice, la Pointe-du-Lac,St-Didace,St-J'ustin etc., envoyèrent tour à tour leursenfants aux pieds de la bonne sainte Anne d'Yamachiche. Nous tenons à constater ici avec que! esprit de foi ces pèlerinages se sont faits jusqu’à présent, Les bateaux à vapeurs employés à cetusage semblent sanctifiés, par le fait même. Il ne s’y tient pas de discours inutiles ; chacun y est comme à l’église. Les ans récitent le chapelet, les autres se confessent ou préparent leur confession, d’autres lisent des livres de piété. De temps en temps l'on chante des hymnes et des cantiques. Tous sc rendent à jeun pour communier. Du bateau, il reste trois quarts de lieue à fran- <hir pour se rendre à l’église ; mais les malades seuls se privent du bonheur qu’il y à à faire ce trajet à pied, avec tous les autres, en chantant les louanges de Dieu et de la bonne sainte Aune. Il est ordinairement entendu qu'on ne va pas aux hôtels ; rien de plus pittoresque que de voir les familles réunies par groupes, autour de l’église et dans le cimetière, pour prendre avec allégresse leur frugal repas.

Au dernier pèlerinage des paroissiens de la Pointe-du-lac, un hcmme qui souffrait cruellement d’une hernie voulut profiter de

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<ette circonstance pour aller implorer sa guérison par l'interces. sion de sainte Anne, maïs son vieux père et sa vieille mère l'obligèrent à garder la maison ; Car, disaient-ils, nous n’aurons plus, vu notre âge, l'occasion d'assister à une pareille démonstration religieuse, Toi, tu es jeune, tu pourras jouir de ce bonheur une autre fois. Le malade fat un peu contrarié, mais il se résigna. Il donna de l'argent à sa mère pour faire dire une messe au sanctuaire de sainte Anne. Dans le cours de la journée il fut bien surpris de se sentir subitement guéri. Les vieux parents avaient évidemment profité de leur pèlerinage.

Sainte Anne a soulagé les infirmités et les misères d'une multitude d'étrangers qui se sont présentés à son sanctuaire favori ; on comprend qu’elle n’a pas dû oublier ses enfants d’Yamachiche.

Ce serait une lougue énumération que celle de toutes les faveurs singulières qu'elle leur a obtenues depuis trente ans. Ne <itons qu’un fait, mais un fait qui en vaut mille, d'après notre sentiment. On se souviendra longtemps à Yamachiche de cette terrible fièvre de 1856 qui a porté la désolation dans toute la paroisse. On se souviendra longtemps de ces maisons tristement fermées, parce que le fléau avait emporté jusqu'au dernier de leurs habitants. Eh bien ! en 1863, les mêmes fièvros menaçaient de recommencer leurs ravages d’une manière plus terrible que jamais. Les paroissiens ne pouvaient avoir recours à la médecine, les moyens humains étant impuissants au milieu d’un pareil désastre ; ils s’adressèrent donc avec confiance à leur auguste patronne. Une foule recueillie et suppliante encombra l'église, et une grand’messe solennelle fut chantée en l'honneur de la bonne sainte Anne. O miracle ! après cette messe mémorable les fièvres avaient entièrement disparu. Ceux qui avaient été frappés éprouvaient un mieux sensible ; ils guérirent en peu de temps, et surtout il n’y eut pas une seule autre victime,

Sainte Anne était intervenue avec autorité en faveur de ses enfants d'Yamachiche, et elle avait forcé l'ange de la mort à remettre dans le fourreau cette terrible épée avec laquelle il moissonnait les familles,

Nous finissons par ce trait, espérant que l'effet de notre récit sera d'augmenter la confiance de nos lecteurs pour la bonne sainte Anne, et de rendre le nom d’'Yamachiche de plus en plus cher à leur cœur,

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