‹ Histoire de la paroisse d'Yamachiche [microforme]Chapitre 46 sur 121 · L. L. L. Desaulnicrs, à Ottawa · texte numérisé non relu

L. L. L. Desaulnicrs, à Ottawa

Frs L. Desaulniers, à Québec.

Nérée L. Duplessis, à Québec, (16).

Frs. L. Desaulniers, à Ottawa.

(1). Le premier député de Saint-Maurice, Augustin Rivard- Dufresne, était le grand père maternel du Dr Desaulniers, ex-M, ,

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P. ; aux dires des vieux, c’étuit un fort bel homme, bien que, par suite d’un accident, il eût une “ jambe de bois. ” Il reçut une assez bonne éducation. Ses précieux mémoires, perdus aujourd'hui, mais que j'ai possédés longtemps, en faisaient foi. Charles Caron, son illustre gendre, plus tard membre de l’ancien parlement de Québec, se rendit à Québec pour lui demander sa fille Charlotte en mariage. Cette Charlotte Rivard-Dufresne fat la mère de François Desaulniers. Le document suivant établit que Augustin Rivard-Dufresue n'avait pas aimé le nouveau régime anglais de 1750, car il avait été averti d’avoir à prêter serment d’allégeance ou, sinon, d’avoir à quitter le pays.

“Il plut, il y a quelque temps, à Son Excellence le Gouverneur de cette Province avec l'avis et le consentement du Conseil de Sa Majesté d'accorder des commissions à Messieurs Gugy et Métral, pour administrer les serments de fidélité (ou d’allégeance) et abjuration du prétendant, aux canadiens sujets de Sa Majesté, et ces messieurs ayant fait leur rapport à sa dite Excellence, que vous aviez refusé de prêter et de souscrire de pareils serments, je suis présentement commandé de vous avertir que vous êtes requis, sitôt la présente reçue, de rendre vos soins auprès des dits MM. Gugy et Métral (ou à l’un d'eux) qui ont de nouveau reçu les ordres de vous administrer les susdits serments, Si iceux vous refusez encore de prêter, il m'est de plus ordonné de vous faire savoir que vous ayez à vous préparer de quitter ce gouvernement au premier jour d'août prochain (ou avant), les ordres précis de Sa Majesté à son Gouverneur étant de ne point souffrir de personnes natives du pays y faire leur résidenco, à moins qu’elles ne se conforment aux ordres et règlements qu'il & plu à Sa Majesté de faire à ce sujet.

Votre obéissant serviteur,

J. GOLDFRAP.

M. AuausTiN DUurRESNE,

Rien n'établit que co bon vieillard ait prêté le fameux serment requis, mais il fut l’un des rares canadiens choisis, en 1792, pour représenter son comté au parlement d'alors. C'est toujours une bonne note à sa mémoire, Ses descendants, en diverses lignes de parenté, ont presque constamment représenté le comté de Saint-Maurice jusqu'à l'année 1887.

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(2) Nicolas Montour était seigneur à la Pointe-du-Lac. Il n’a été élu député qu’une fois. Sa fortune cons'stait surtout en des actions dans la fameuse comp'gnie du Nord-Ouest. Le premier volume des Ursulines des Trois-Rivières, page 492, contient la note suivante À son sujet :

“ Il se retira de la compagnie du Nord Ouest avec 20,000 louis, avec lesquels il acheta la seigneurie de la Point:-du-Lac. Il se fit construire un élégant manoir, des moulins à farine, à scie, etc. Il aurait pu, avec de la prudence accroître sa fortune ; mais son train de vie et ses dispositions généreuses ne lui permirent pas d'augmenter son capital. Sa maison, situé: sur une route fréquentée, devint le rendez vous de ses nomb'euses connaissances qui y trouvaient toujours table mise, En peu d'années il ne lui resta plus rien de sa brillante fortune et il vit à peu près disparaître ses nornbreux amis des jours prospères, (Travels through Canada, 1813), Lambert p. 506. ” Il faut croire que ses descendants ont pu sauver quelques débris de cette fortune, puisque les cultivateurs de la Pointe-du-Lac paient encore des rentes à ses héritiers. À la page 501, volume ds Ursulines, on lit : “ Montour est le soubriquet de Couc, un français établi aux Trois-Rivières (1649) et marié à une algonquine. Nicolas Montour se maria à Geneviève Wells et mourut en 1832, à l’âge de 55 ans.

(3) L'un des plus célèbres propriétaires des forges St-Maurice,

(4) Michel Caron était l’un des fils de Michel Caron qui a colonisé le rang encore connu, à Yamachiche, sous le nom de ‘ village des Caron. ” S'il l'on en juge par le nombre de fois qu'il a été élu député de son comté, au parlement, il devait être très populaire parmi ses concitoyens. Il est au premier rang dans cette fameuse pléiade de chantres célèbre:, formés à l’école du célèbre curé Ecuyer, François Caron et Charles Caron (ses deux frères, aussi mombres du parlement), le colonel Héroux, Français et Augustin Carbonneau, composaient alors ce que l’on appeiait jadis ‘les chantres de Machiche. ” Leur renommée s'étendait à tout le district. Les Caron, les Héroux, les Carbonneuu, plus tard Iles Hubert, et, enfin, Joseph Bellemare, ont tous été des chantres renommés, Jusqu'à l’année même de leur mort, Charles Caron (en 1844) et François Carbonneau (en 1889) ont tenu à paraître à

l'églice de leur paroisse, avec leurs vêtements do chœur, Respect à ln mémoire des vénérables vieillards de nos campagnes |

(5) Il est fait mention de lui dans la première partie de ce volume,

(6) C'est le fameux juge Vallières de St-Réal dort le nom est devenu si célèbre, dans toute la province de Québec, et dont on se souvient encore dans le district,

(7) Oncle de M. Napoléon Bureau, avocat C. R. des Troise- Rivières, ainsi que des juges Sir A. A. Dorionet Wilfrid Dorion et du vénérable curé Dorion.

(8) Valère Guillet, après avoir exercé pendant quelques années la profession de notaire à Yamachiche, fut élu député du comté et accepta. ensuite, la position de coronaire du district des Trois-Rivières, Son éloge n'est plus à faire. Il sera toujours considéré comme l’un des plus illustres notaires du district. Il exerça longtemps sa profession avec M. Flavien L. Lottinville, aux Trois-Rivières, C’est là qu'il est mort, il y a peu d'années, honoré du public, transmettant à tous l'exemple de ses grandes vertus

et de son avstère probité. Bibaud, dans son Dictionnaire Historique, publié en 1857, parle ainsi de lui: ‘“ Valère Guillet, coro-

naire du district des Trois-Rivières, ancien membre du parlement. On lui doit un petit traité d'agriculture imprimé dans la Bibliothèque Canadienne et il s'occupe actuellement de recherches sur les causes de l’émigration et les moyens de ia prévenir. Un sieur Guillet, allant au lac Témiscaming, fut par Beauharncis et Hocquart associé au Sieur de Bois Clerc pour visiter une mine de cuivre au Portage des Chats, ”

(9) C'est le père du Dr L. L. L. Dasaulniers. Il a laissé des mémoires intimes, qui sont malheureusement perdus aujourd’hui, Deux autres de ses fils ont illustré la famille Desaulniers: M. le grand vicaire Isaac Desaulniers, professeur de philosophie au collège de Saint-Hyacinthe et M. François Dosaulniers, mort sous-diacre au collège de Nicolet, après avoir enseigné la physi-

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que, les mathématiques et la philosophie, pendant trente-huit années, dans cette institution, Au dire des.vieux, M. François Desaulniers (le père François Leblar.c comme on le désignait vulgairement) était très estimé dans tout le comté de Saint- Maurice, C'est surtout grâce à son appui que l'illustre Papineau et l’hon. Jos. Mdouard Turcotte ont pu arriver à se faire élire dans Saint-Maurice, Possédant une houreuse mémoire, un jugement solide, il était, en outre, un orateur populaire l'une grande force. Admirateur enthousiaste des idées do Papineau, 1l se déclara publiquement son disciple, dans une grande assemblée, aux Trois-Rivières; mais il l’abandonna, par la suite, quand le grand patriote eut malheureusement dépassé les bornes d'une agitation constitutionnelle, Tout jeune enfant, alors que j'étudiais la syntaxe latine, avec feu le Dr Pierre Mounier et M, le curé Hercule Bellemare, à l’école de feu l'avocat Uldaric Bo:llemare, j'ai pu apprécier les nobles qualités du cœur et de l’esprit de ce vénérable vieillard. Bien qu'âgé de soixante et dix-huit ans, il se plaisait encore à parler du vieux parlemant de Québ c et des choses d'autrefois. A ses funérailles, en 1871, on peut dire que toute: les sommités religieuses, politiques et agricoles, étaient présentes. C'était une chère dépouille d'un autre âze que l’on confiait à la terre. Presque tous les cultivateurs de la Pointe-du- Lac figuraient dans le cortège funèbre. Son souvenir vivra !

(10) M. le Dr L. Léon I. Desaulniers a joui, de longues années durant, d'une énorme popularité duns le comté de Saint- Maurice qu'il a presque constamment représenté en parlement: depuis 1854. Comme il vit encore, il est hors de propos de faire son éloge ici. Descendant d’une famille honorable, petit-fils et fils lui-même d’un député, il ewbrassa avic ardeur la carrière mcuvementée de la politique, étant à peine reçu médecin. Il négligea la profession médicale pour se livrer à la politique, qui était plus conforme à ses goûts naturels Il est, aujourd'hui, le président des inspecteurs des asiles et des prisons de la province de Québec, Maintos fois il fit triompher la cause conservatrice, notamment en 1878, quand MM. E. Lacerte et E, Gérin allèront à Montréal pour le supplier de se porter candidat, afin de conserver Saint- Maurice à la cause de Sir John A. Macdonald, Une circonstance pénible ct malheureuse le fit sortir de J'arène politique en 1891.

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T1 vit, maintenant, tranquille et heureux, à Montréal, consacrant tout son temps aux devoirs de sa charge d'inspecteur, Le Dr, Desaulniers est certainement l’homme qui a joui de la plus grande popularité dans le comté de Saint-Maurice. Un de ses fils, Alexandre, est mort, l’an dernier, curé de West. Gardner E, U, Ses luttes contre MM.9J, E. Turcotte, Olivier Duval, Modeste Richer Laflèche, Char'es Gérin Lajoie, Simon J. Remington, sont surtout célèbres, et l’on en parlera longtemps. Tous ceux qui ont été élus au parlement, savent ce qu'il en coûte de fatigues et de labeurs pour échapper à l’impopularité. Le nom du Dr Desaulaiers sera toujours respecté, et à bon droit,

(11) Une affaire fort peu importante engagea M. Charles G, Lajoie à se présenter comme candidat, en 1863, contre le Dr Desauluiers qu'il défit, après une lutte très acharnée et qui a suscité des haines devenues légendaires: une modeste élection de président de société d'agriculture, Mais, trève à ces souvenirs, M. Lajoie peut être considéré comme le père du parti libéral dans Saint-Maurice. Après avoir dépensé une partis du patrimoine paternel et ses propres économies, il accepta la position de surintendant des travaux du Saint-Maurice, en 1878, lors de la chute du cabinet McKenzie. M. Lajoic a été très populaire dans son temps; ses manières affables pour tous, adversaires comme amis, en faisaient l'ennemi le plus redoutable qu'ait jamais eu le Dr Desaulniers. Depuis 1878, M. Lajoie s’est strictement borné à remplir les devoirs de sa charge, ct il vit encore, aux Trois- Rivières, avec son unique fille Année qui fait la joie de ses vieux jours. Il est estimé, même de ceux avec qui il fit jadis les combats politiques. C’est un honnête homme et un brave citoyen. Sa mère, Marie-Josephte Gélinas, contribua à la fondation de l’Académie des Frères, à Yamachiche.

(12) M. Abraham L. Desaulniers a été l’un des avocats les plus distingués du barreau des Trois Rivières . En 1867, il fut élu député de Saint-Maurice au parlement de Québec, par une grande majorité, sur son redoutable adversaire, M. le Dr F, D. Fontaine, aujourd’hui médecin de Worcester, E. U. L'unique fils de M. Desaulniers, Alphonse, à peine admis au barreau, embrassa la carrière du journalisme et mourut accidentellement, à Platts-

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burg, E, U. Peudant qu'il exerçait sa profession, aux Trois- Rivières, M. Abraham Desaulniers a fondé l’Zre Nouvelle et l'Echo du St- Maurice, puis a collaboré à nombre do publications périodiques. On a de lui une Généalogie de la famille Desuulniers etun Dictionnaire du Droit Canadien. Il était considéré comme l'un des plus forts tribuns populuires de son temps, et son attachement à sa paroisse natale à toujours été remarqué.

(13) M. le Dr Elie Lacerte naquit le 15 novembre 1821, Il a surtout fait sa marque dans le commerce, à Yamachiche, où il a réussi à se créer une jolie fortuno. Tout en pratiquant la médecine, M. Lacerte ne négligeait pas son commerce pour lequel il se sentait des aptitudes toutes spéciales. Il n'entra qu'avec répugnance dans la carrière politique, en 186?, aux vives instances de son vicil ami le Dr Desaulniers, qui venait d'accepter la position d’inspecteur des prisons. Son premier adversaire fut, malheureusement, l’hon. E. Grérin, alors tout fraîchement arrivé de Paris et quiétait appuyé par la brillante jeunesse d'alors : les Chapleau, Sulte, Provencher, Barthe, ete. Une meilleure entente, entre amis politiques, eût évité ces chicanes regrettablos et inutiles, Tout de même, M. Lacerte fut élu. Il le fut de nouveau, par acclamation en 1873 ; mais il fut défiit, en 1874, lors de la fameuse affaire du Pacifique ; puis réélu, en 1875, à la chambre provinciale de Québec. Le gouvernement Ross lui confia la charge d’agent des Terres du St-Mauric:, en 1886. Il occupe encore cet emploi. En quittant Yamachiche, pour aller demeurer aux Trois- Rivières, M. Lacerte a laissé, dans sa paroisse nutale, une réputation intacte et l'exemple du travailleur persévérant, qui a réussi à maîtriser la fortune et à se faire une position enviable sous tous les rapports. C'est le père de MM. Arthur, Ernestet Alide Lacerte (ce dernier employé civil à Ottawa), et le beau-père du poète Nérée Beauchemin, du Dr William Ball et de MM. Sévère et Antoine Desauiniers. M. le Dr Lacerte aima plus le commeise que la politique. A-t-il eu tort? Bien certainement non. En tous cas, en laissant la carrière ingrate de la vie parlementaire, il s’est évité bien des désagréments. S2lf made man dans toute la force du mot, il se repose aujourd'hui, tranquille et heureux, savourant les fruits d’un trava:l long et constant,

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(14) L'hon. Elzéar Gérin a largement contribué à fa re conpaître Yamachiche au pays et à l'étranger, A peine sorti du collège de Nicolet, grâce à la protection de son frère, le modeste et illustre Antoine (rérin-Lajoie, il entra, de suite, à la rédaction du Journal de Québec puis de la Minerve, et fit le voyage de France, où ilfut accepté à la rédaction du Journal de Paris comme correspondant canadien, Revenu au pays, en 1868, il cssaya inutilement de se faire élire dans son comté natal ; fonda le Constitutionnel et fut élu au parlement de Québec, en 1871. Ses aptitudes naturelles le portant vers l2 journalisme, il laissa bientôt la politique, collabora à plusieurs revues et finit par se consacrer exclusivement à la pratique du droit. Le bureau d'avocats ‘ Gervais & Gérin ”’ fut même, pendant quelques années, l’un des plus achalar.dés des Trois-Rivières. En 1883, le gouvernement Mousseau l'appela au couseil législatif pour représenter la’division de Kennébec, Outre une foule d’écrits politiques dans les journaux, l'hon. M. Gérin a laissé une Histoire de la Gazette de Québec, un Voyage sur le St-Maurice, et une Etude sur le traité de Réciprocité de 1854, entre le Canada ct les Etats-Unis. Cet homme si bien doué est mort à la fleur de l’âge, laissant un agréable souvenir dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans son intimité, et qui ont pu apprécier ses excellentes qualités du cœur et de l'esprit.

(15) M. F. L. Desuuiniers est député au parlement fédéral, depuis 1887. De 1878 à 1886, il a représenté le comté de Saint- Maurice à Québec. Il étudia le droit, d'abord sous l'hon, M. E. Gérin, aux Trois-Rivières, puis sous M. Guillaume Amyot, député de Bellechasse, et, enfin, sous M. Alexis L Desaiulnicrs, avocat de Louiseville, mais il n'a jamais sérieusement exercé la profession d'avocat. Ses goûts le portèrent à entrer dans l'ingrate carrière de la politique, où ses succès constants n'ont pas suffi à compenser les désagréments qu'éprouvent ceux qui commettent l'erreur de chercher à ..…. se créer un avenir dans cet état |

(16) M. Nérée L. Duplessis est encore un jeune homme. C'est le député actuel de Saint-Maurice, au parlement de Québec, Sans les exigences par fois & pénibles des coteries politiques, il eût été appelé à faire partie du cabinet de Boucherville. Il est

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indéniable que son éloquente, les services réels qu'il a rendus au parti conservateur, dans le district, lui avaient déjà mérité cet honneur, M. Duplessis appartient à la pléiade des jeunes hommes de talents, auxquels l'avenir réserve des triomphes, et, si la santé ne Jui fuit pas défaut, il fera sa marque à la législature provinciale. Son nom est déjà très populuire dans plusieurs comtés, où il compte grand nombre d'admirateurs, M, Duplessis n’a que trente-sept ans, étant né le 5 mars 1855. En 1886 il épousa Delle Bertha Genest, fille de M. le Greffier de la Paix L, U. A. Genest, des Trois-Rivières.

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