CONGRÉGATION DE N0TRE-DAM,E
DE MONTRÉAI,
Née dans la paroisse T Ange-Gardien, aux portes "de Québec, le 30 avril 1791, Marie-Catherine Huot, à 16 ans, entra au noviciat de la Congrégation. Le 28 septembre 1809, elle prononçait ses vœux sous le nom de Sœur Ste-Madeleine qui, depuis, est devenu le sien. Il y a dix ans, on célébrait avec pompe, à la Congrégation, Tanniversaire demi séculaire de cette heureuse consécration.
Après treize années de travaux dans les Missions, elle était placée à la tête du noviciat, qu'elle dirigea pendant huit ans. Elle fut ensuite sept ans assistante, vingt-quatre ans à la tête de toute la Communauté et conseillère jusqu'à ses derniers temps, ayant conservé jusqu'à la fin, la plénitude de cette intelligence droite, prudente et pratique qui a brillé dans tous les actes de sa longue administration. C'est sous cette administration, en eflFet, que les écoles des faubourgs ont été fondées dans Monttréal avec le concours du Séminaire, et sous la direction du vénérable M. Quiblier, alors directeur de la Communauté. C'est sous cette sage Supérieure que les Pensionnats de la Congrégation sont entrés dans la voie où ils jettent tant d'éclat ; que de nombreuses Missions ont été fondées ; que d'autres, tombées
par le malheur des temps, se sont relevées ; que les. bâtiments de la Maison -Mère se sont agrandis ; que la Congrégation a presque décuplé, et pris ces prodigieux accroissements qui font l 'admiration de noa concitoyens et des étrangers.
*' Voilà, certes, des travaux et des succès qui méritent une éternelle mémoire; et cependant, ce n'est pas ce que nous admirons le plus dans la vie de cette vénérable religieuse. Ses œuvres, comme celles de la femme forte, la loueront sans doute dans les assemblées des hommes : Et laudent eam in partis opéra ejus ; mais ses vertus la loueront encore plus haut, dans rassemblée de ses sœurs ; son mérite et sa piété, sa vigilance, son amour de la discipline, et cette bonté inaltérable qui, depuis si longtemps, lui avaient conquis l'estime, la confiance,^ et la vénération de toutes les personnes qui l'ont connue.
* * Une seule génération séparait la mère Ste-Madeleine de la Sœur Bourgeois et de ses premières compagnes. Elle conservait avec respect toutes les saintes traditions de cet esprit éminent de la Religieuse et de l'Apôtre, qu'elle avait puisé comme à la source de son Institut ; et pour nous, jamais religieuse ne nous a rappelé avec plus de vérité et de religion, la Fondatrice même de la Congrégation.
** Vénérable relique d'un temps dont le souvenir ne saurait trop revivre parmi nous, elle était un centre de lumière, de religion, de régularité et de vertus à la fois nobles, simples, courageuses et modestes, dont la douce influence réunissait, dans une unité d'esprit, toutes les pensées et tous les cœurs. Son départ laisse un vide qui n'est égalé
que par les immenses regrets qu'elle laisse après elle. Puisse ce vide se combler au plus tôt, pour la prospérité d'une maison qui se rattache aux premières assises de notre colonie, et qui l'a toujours suivie, dans ses revers comme dans sa bonne fortune et ses progrès."
Extrait de VEcho du Cabinet de Lecture,
Chambers auas Cambray
Le souvenir de Chambers alias Cambray, est encore tout vivant parmi la population de 1* Ange-Gardien. Polette Mathieu, son complice, était né dans cette paroisse. L'une de ses vidlimes, Jacques Huot, était aussi de T Ange-Gardien. L'autre, J. Trépanier, appartenait à Château-Richer.