‹ Histoire de la paroisse de Saint-Augustin (Portneuf) [microforme]Chapitre 137 sur 147 · LE TROISIÈME SEIGNEUR · texte numérisé non relu

LE TROISIÈME SEIGNEUR

L'Hôtel-Dieu devint le troisième acquéreur de la seigneurie de Maure, Les documents suivants, dûs à l'obligeance des dames de cette institution de charité,

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(1) I] signait Auber.

vont nous faire voir coment cette transaction out lieu.

Le 22 septembre, 1734, (1) adjudication de la soioneurie de Maure en faveur des religieuses de l'Hôtel-Dieu de Québec, qui l'ont saisie sur dame Maric- Thérèse Gayon de la Lande, veuve de François Aubert, en son vivant conseiller du roi au conseil supérieur de ce pays, au nom et comme mère et tutrice de Pierte- François Aubert, son fils mineur, héritier, (4)

Du jour de cette adjudication, la seignenriede Maure prit le noi de Seigneurie dés Pauvres, et lès religieuses l'avaient achetée au prix de 19,000 livres. TL était dû, sur cette propriété; plusde 10,000 livres aux hr de l'Hôtel-Dieu, qui étaient éréancières privilégiées. Ëlles étaient obligées de payer la balance dû prix d'achat aux héritiers du premier seigneur, J'eun de . Maure, suivant la séntence d'ordre qui fut rendüe à ce ‘sujet.

Après l'acquisition de la seigneurie, les religieuses avaient adressé aû roi une supplique priant Sa Majesté de leur faire remise, en faveur des pauvres, des droits revenant à la couronne. Le roi voulut bien accéder à cette demande en vertu d’un brevot de remise où don, en date du 21 mars, 1735.

Le premier seigneur avait fait ériger uh moulin banal, on ne pourrait dire au juste à quelle époque ; mais 60 dut être au moins dans les commencements de la fondation de la paroisse, puisque M. Desnoyers en parle dans les mémoires qu'il à laissés.

Il paraîtrait, d’après les papiers déposés aux archives de l’Hôtel-Dieu, que le moulin de la seigneurie était . devenu ‘“ hors de service. ” Los dames hospitalières durent, en leur qualité de seigneuresses, rebâtir un autre moulin banal, en 1737. Elles déboursèrent un joli denier pour faire raser le vieux moulin, déblayer le terrain et reconstruire un moulin neuf sur le même

(1) Bouchette, comme nous l'avons vu, dit : 1733. (2) Il avait alors 19 uns, et sn mère, 47,

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gite. Cette construction était à deux étages, ot ello mesurait 70 pieds de long sur 39 de large. (1)

Ce moulin banal, érigé par les soins des religieuses de l’'Hôtel-Dieu, ne devait durer que quatre ans à peine : un incendie le dévorait le 18 janvier de 1741. On en construisit un autre la même année.

On trouve, dans les archives de l'Hôtel-Dieu, le document suivant reproduit ici textuellement.

Ce fut aussi pour notre consolation que, le 14 septembre, 1747, jour de l’Exaliation de la Ste, Croix, le Christ fut placé dans le petit calvaire, au haut de la côte du moulin de St, Augustin, : sur le domaine des Pauvres, qui se trouvent heureux d'avoir J.-C. pour Père et pour Seigneur, sa providence ayant voulu que leur Hôtel-Dieu fût fondé sous les auspices de son Précieux Sang et dédié à la Croix.

Depuis sept ans, ils (2} avaient fait leur possible pour lui (à J.-C) donner, par cette érection, une marque de leur confance, Les ouvriers qui avait rebâti le moulin, en 1741, firent, de leur bonne volonté, le solage de pierre du Calvaire, Les pauvres avaient payé le bois de charpente, compris dans celui du moulin, et, dans le cours de l’été de cette année (1747), Monsieur Desnoyers, curé de celle paroisse, par ses soins, sa piété et avec l'agrément de Monseigneur l'Evèque, le fit mettre en œuvre et en paya la façon aux charpentiers.

Ainsi, les pauvres de cet hôpital en ont fourni seulement les matériaux, avec la figure du Christ qui attire la conflance et la piété des passants, étant exposé sur un chemin qui sé croise et par lequel on vient de tous côtés,

Un nombre considérable d'habitants assistèrent à la cérémonié de l'élévation de la croix, qui se fit l'après-midi de cette fête. Monsieur Désnoyers, assisté de Monsieur le curé de la Pointe-aux-Trembles, y tit une touchante exhortation, qui tira les larmes des yeux de tous les assistants. Ils sortirent de ce saint lieu remplis de componction, comme ceux de Jérusalem revinrent du Calvaire, où ils avaient vu expirer Jésus-Christ, en frappant leur poitrine. On ne peut voir cette représentation Sr de ns soit touché, ot les pèlerins y viennent même d’assez oin.

(1) Si la tradition conservée par M. Jacques Jobin est exacte, ce fut à. cette" époque, ou 4 ans plus tard, après l'incendie de çe nouveau moulin, que le J'obin' dont il descend s'établit à Saïnt-Augustin, dans le rang des Mines. (Voir le chapitre intitulé : Souvenirs, Léyendes et Monuments.)

(2) Les pauvres, mot synonyme, ici, de l’Hôtel-Dieu.

(I1 a déjà été parlé de ce Calvaire dans le chapitre intitulé : Souvenirs, Légendes et Monuments.)

Le lecteur pourrait peut-être croire, par ce qui précède, que le Calvaire de Saint-Augustin, devenu célèbre comme lieu de pèlerinage, n'existait pas avant 1747. On se tromperait en le croyant ; ear il est parlé d’un calvaire avant l’année 1747, puis il y a le millésime 1698, qui ne peut pas avoir été placé sur le calvaire actuel par fantaisie, TL n’y a pas de doute que le calvaire de 1747 devait en remplacer un autre tombant de vétusté, et que celui-ci avait tout probablement remplacé un autre calvaire (peut-être une simple croix) érigé en 1698. ;

Quant au Christ donné par les dames hospitalières, nous avons déjà dit qu’il a de très belles formes, et il doit être l’œuvre de l'artiste qui a sculpté celui que l’on voit dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu, car ces deux œuvres se ressemblènt beaucoup; s’il y a une différence, elle est en faveur du Christ de Saint-Augustin.

En l’année 1751, l'Hôtel-Dieu fit don de 100 francs à Monsieur Dunière, curé, “ pour lui aider à bâtir le presbytère.”” C'était plutôt pour lui aider à réparer le presbytère, bâti depuis plusieurs années.

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Au sujet de la chapelle du rang des Mines, voici co que l'on trouve aux archives de l'Hôtel-Dieu.

Le 30 mai, 1804, donation par les dames hospitalières de Québec d’un terraia d’un arpent de front sur trois arpents. de profondeur, faisant partie d'une terre dans la seigneurie de Maure, connue sous le nom de Domaine des Pauvres, en faveur de Monseigneur l'Evêque de Canathe, coadjuteur de Québec, pour la bâtisse d’une chapelle ou église ; et ce avec certaines conditions, qui ont été remplies,

Ce qui précède ne laisse point de doute sur la date pre de la eonstruction ds la chapelle du rgng des

ines. C’est donc en 1804 (elle fut érigée la même année) que cette chapelle, encore debout, fut construite, et non pas “ vers 1786,” eomme a paru le croire M. l’abbé Sasseville,

lo chapitre 8.)

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Quarante-deux ans plus tard, en 1846, le 7 juin, M. Pierre Jobin devint l'acquéreur de ce “ Domaine des Pauvres,” dans lequel se trouve enclavé l'emplacement de la chapelle de 1804, et c’est de cette manière qu’il en ost devenu le propriétaire et qu’il &« pu la convertir en grange !

EÉrigéo en 1804, et formée au culte par Mgr Plessis, ainsi que nous l’avons vu ailleurs, la chapelle du rang des Mines n'avait servi que 12 ans, de 1804 à 1816.

Le 8 de mai, 1860, M. J.-D. Brousseau, aujourd’hui député de Portneuf, achetait des Dames de l’Hôtel-Dieu leur moulin banal de Saint-Augustin, pour la somme de $2,200.00. 2

On sait déjà que ce moulin devint la propriété de M. Léon Hardy, en 1873, et qu'il fut détruit par la foudre, l'été dernier.

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