‹ Histoire de la paroisse de Saint-Augustin (Portneuf) [microforme]Chapitre 18 sur 147 · HEU · texte numérisé non relu

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à ieuse,

Messire Desnoyors, l'âme de cette entreprise, va nous dire quelles en furent les premières démarches.

La premiere proposition de la Batisse de l'Eglise en pierre de Saint-Augustin Seigneurie de Maure «a été faitte au sermon de l’octave de la Dédicace qui arriva l'année 1719 le 16 de juillet laquelle fut bien gouttée de tous les paroissiens présens qui furent bien aises de s’assembler ce même jour après la grande Messe, pour sçavoir quand on voudroit la commancer et de qu'elle maniere il faloit s’y prendre, la conclusion fut que chacque habitant rendroit sur le lieu de la Batisse de l'Eglise avant l’hyver, une toize de pierres tant caillou quautres pierres, pour en faire la liaison, et que ceux qui n'avoient point v’y bœufs, n'y chevaux, pour amener lad, pierre seroient quitté en donnant sept livres pour valeure d'une toize de Pierre, el chaqun dit nous le ferons, et l'assemblées fut congediées et dès la même spmaine vingtième dud, mois le Sr Philippe Amiot La Repinière, (l'Erpinière) Capitaine de Milies qui a toujours eté un des plus zelez pour la Batisse et qui estoit desja bien facteur (bienfaiteur) du terain dit du presbitere pour establir dans lad. cotte les Gurés qui viendroient desservir, comme il appert par le contract de Donation qui en e eté fait passer le 25 fevrier 1698, amenat la premiere toize, et plusieurs autres en suilte, comme il sera marqué dans le chapitre qui contiendra ceque chacun des pssens. (1) aura fournie pour lad. Batisss tant en pierres, qu'en bois, de charpente, de madriers, planches et Bardeaux, etc.

Voyant tous les paroissiens et du moins la meilleur partie de sy bonne volonté l’on n’ezita pas de faire le marché de Ja massonne de lad. Eglise avec deux maitres entrepreneurs qui. par envie contre d’autres qui la vouloient faire à leur préjudice, netrangerent point dans leurs conclusions et determinerent un marché assé favorab'e a l'Eglise tel qu’il est porté dans sa teneur que voicy ecrit tout aulong dans le present Estlet.

Marché de la pierre de taille et de la massonne pour le Batisse en pierre de l'Eglise de St. Augustin en la Seigneurie de Maura que Monsieur A. Desnoyers Curé de St. Augustin et sos marguiliers Pierre Gingras premier, François Tynon et Louis Doré ont fait au nom de la fabrique tous les psrens. 4: lad psse. y estaut pour y avoir été aspellez autantiquemt. …—

lesquels y ont conssnty dont plusieurs ont signé et les autres ayant declarez ne sçavoir le faire ont fait lour marque et lss autres cat servi de témoins.

(1) Abréviavion fréquente du mot paroissiens.

C'est à scavoir avec le Sr. Jean Ayde dit Griquy (1) père present repondant et son fils, non present, entrepreneurs de ‘ lad, taille et massonne, promettant faire lui et l'autre bonnes et valables et conformes à ce qui suit.

La taille sera de Pierre blauche, comine la taille de l'Eglise de Ste, Foy, que lesd. entrepreaeurs promettt, avoir taïlé et livrer sur la ün du caresm» prochain 1720, afin. qu'elle se puisse amener en traine, moyennant seize sols le pred, toutte l’une portant l’autre, tant celle de la ports sa parure ds la niche, que celle ‘d: touttes les croiséss ou fenétres de l'Eglise,

La grande porte aura huit pieds de large et douze de haut sous cdef. La taille de la porte aura huit poulces (pouces) et «utant de tableau, ny comprenant point {» pied detaille qui en aura au moins douze, la feuililure aura trois poulces ; la clef du ceintre dela porte pendera de deux pouces debordan‘quasÿ autant, pour en suitte estre creusée en façon de Quadre pour y graver le chiffre de l’année de la Bâtiss Les deux Inpostes deborderons autant que laë. elef La frize Lu espèce de capucine qui sera audessus de la grande porte debordera autant en le premiere arreste que la pierre du ceintre de la porte sur laquelle elle sera posée, ayant six a huit poulces depaisseur el autant de debordement sur toutte la parure de la porte. L'œùll de bœuf qui se metlera audessus aura ciaq pieds de diamêttre de jour. Sa taille Sera semblable aux croisées, aussi bien que celle de l& niche qui aura cinq pieds de haut et deux pieds et trois poulces de large et dix huit pouices de profondeur, La Pierre du bas de la niche débordera de trois poulces, et ello sera laillée en talu par dessous.

La taille des croisées, ou fenêtres de l'Eglise qui auront dix pieds de haut en ceiritre rond, quatre pieds quatre poulces de large et deux poulces de feuillire, sera de sept poulces et autani de tableau, Il y en aura huit ; six dans la nef et deux dans le Rond point ; sans compter celle de la sacristie qui aura cinq pieds de haut et deux pieds et demy de large, en pierre quaré. La pierre de taille du bas de touttes les fenetres sera en glassis d’un poules.

Le payement de la pierre da taille, pour le faciliter, sora moitié en bled, poix (pois) lard sur le prix courant du temps qu'on le livrera, et l’autre moitié en argent. La ditte taille . sera payé partye en la livrant de ce qu'on pourra avoir pour

ls présent, et le reste a la toussdins de la meme annéc. Les

» (1) Aide-Créquy, le : sul de ce nom alors au pays, venait de l'évêché de la Rochelle et demeurait à la Pointo-aux-Trombles de Québeo, où mu he le 12 décembre 1726, Mn 1719, il était Agé de 68 ans, étant né en 1661.

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DE SAINT-AUGUSTEN 45

intaresez resteront obligez d'aller chercher la pierre de taille ;

qua lesd. entrepreneurs descendronts sur la grôve sy cest la

commodité pour le chariage. ; Suite du marché pour la toize de la massonne de l'Eglise

qui aura quatre vingt pieds de long et trente huit de large; la muraille aura vingt pieds d'hauteur de dessus le Raz de chaussé Elle aura trois pieds depaisseur dans les fondemts. et audessus des fonduments elle aura deux pieds et demy qui se té mineront a deux pieds o\ plus en haut; le portail ou pignon se continura jusqu'au fete (faite), Le Rond point sera reduit a la maniere c'e celuy ds l'Eglise des Reverands Peres Recolets ce qui donnera lieu a deux autelles de six pieds de large en retressissant le curps de l'Eglise. ;! y aura huit grand fenêtres et celle de la sacristie, une grande porte une œil dé bœuf andessus et la motre ensuite. Le tout ainsy, les dits 6ntrepreneurs cy dessus nommées se sont engagé de faire et parfaire la muraille de l'Eglise, tirer les joints en dehors et renduire aplain au dedans, quand il conviendra ; de sorte quil aît plus que la blanchir sil est jugé anropos. Et le tout pour la somme de trois livres dix sols la oize, payable en deux ans; a commancer du jour que la murailie se commancera et que les fondemenfs serons arazez sans que les entrepreneurs soient obligez d’en faire devantage cette été prochain 1720 n'y ensuitte qu’ils y puissent forcer les interessées, à moins ‘1e les uns et les autres n’y consentent l'été suivant (un mot illisible) sil est possible,

Les intéressées seront obligez de fournir aux entrepreneurs tous les matériaux ; les manœuvres les bois nécessaires pour les eschafaux et de faire les ceintres de la porte et des fenêtres.

Le payement de la façon de la muraille so fera comme celui de la pierre de taille, moitié d’un moitié d'autre, amoins que ce ne soit la plus grande commodité des fnteressécs s'ils le fonts tout en argent sans pouvoir y estre forcé, n’y même de payer toute la somme avant que louvrage soit finie.

C'est ainsi que tout a été conclu el aresté amoin que la force supérieur n’y apporte de retardement, en la maison presbyteraile de St. Augustin le 26 9bre 1719 ensuitte de la grande messs du dimanche en présence des c'y dessus nommées, led. maitre Criqui (Créquy) Pere ayant declaré ne sçavoir écrire à fait sa marque et ensuitts a prié les 8rs. La Repiniere (l'Erpinière) et Tynon de signer pour luy led. marché.

Ont signé aud. marché le second marguillier, le Capitaine La Repinière, Jean Duboct et Charles Tynon Des. Roches, premier et secoud lieutenant, Jean Caillet, André Harnois avec Monsieur Desnoyers curé de lad. psse, et les autres aveë

les deux marguilliers ont declarez ne sçavoir ecrire n’y signer de ce enquis suivant l’ordonnance. Jean Criqui fils second entrepreneur a receu et approuvé led, marché en présence de messee, Thierry Eazure (Hazeur) pretre curé de Neufville, de Jacques Durant et Eustache Gourdel,

Que le lecteur me permette de lui donner l'extrait suivant emprunté au même mémoire manuscrit de M, Desnoyers, ne serait-ce que pour lui inspirer une partie de cette grande confiance des ancêtres en la Providence du bon Dieu.

Lorsque le marché a été passé la fabrique de la ditte psse. n’estoit en moien que de QUATRE LIVRES ONZE 80LS argent monnoyé restés des comptes de 1716. Comme il paroit encore dans le livres des dits comptes, sans avoir aucunes vuë d’en pouvoir procurer d’autres que par les voyes de la divine providence sucgera par la suitte, surtout estant dans le temps de labrogation des Cartes, monnoye du pays depuis un grand nombre d’anaées corume on poura le voir par les ordres de la Cour envoyées la même année et que le Roy n’avoit envoyé aucun argent pour aider le Commerce, c'est pourquoi lad. batisse a toujours eté appellé de la divine provider ‘ et ce n’a eté que par les quêtes que le dit sieur Curé a fait lui-même et fait faire que lad. Eglise a commencé, a été continuée et finie sans qu'aucunes puissance y 8y mis la main exceptées 400 liv. sur les batisses pas même le Seigneur du lieu n'estant assé aysé dans ses affaires. Il y avoit neantmoins la somme de quatre ceuns livres dix sols de mauvaise Cartes appartenantes à la fabrique qu’on fut obligé d'employer avant le départ des Vaissaux, a lachat de deux cens soixante et dix neuf vitres de sept sur huit qui couterent trente sols piece a raison de la mauvaise qualité des Cartes qui ne devoient plus avoir cours, pour servir a l'Eglise qu’on esperoit bastir et deux livres ‘de Cierge qui couterent quinze franc la livre comme il paroit par le receu de Monsieur De la Coudray pretre et signé de Mr. Pertuis marchand fait a Quebec le 2e novembue 1719,

Nous verrons plus loin comment ce courageux curé put, avec 4 livres et onze sous, bâtir une église qui, à cette époque et comme le dit M. l’abbé Sassoville, fut regardée comme une merveille,

Je tire du registre des baptêmes, mariages et sépultures, les quelques remarques qui suivent.

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sur aysé 1atre à la aigsept aise

En avril, M. Desnoyers baptise deux jumelles, Marie-Catherine et Claire, enfants de Louis Doré et de Marie-Catherine ‘“ Coquin. ” (1) Venues dans ce monde le même jour, elles le quittaient ensemble le premier de juin de la même année.

M. l'abbé Tanguay a fait erreur en faisant naître et mourir ces jumelles à la Pointe-aux-Trembles de Québec.

En quillet, on inhume dans le cimetière de Saint- Augustin, le corps ‘un nommé Jeseph Veillet trouvé noyé sur le bord du fleuve. Ce Veillet avait environ 20 ans et ‘‘ demeurait dans la rivière de Batiscamp. ”

En octobre, on voit l’inhumation d’un fils de “ Mon: sieur Eustache Chartier de Twotbinière, conseiller du Roy au conseil souverain de Québec. ” Cet enfant n'était âgé que de trois semaines. (2).

Le 3 novembre on lit ce qui suit :

Le troisieme novembre mil sept eent dix neuf par moy sous. signé, etc. a été inhumé, etc. le corps d’un Sauvage âgé d'environ douze à qualorze ans, nommé Pierre decedé du second du dit mois; après s’estre confessé et reçu le sacrement d’extremonction, nayant pas été jugé capable de recevoir la Ste. Eucharistie, Les témoins, etc.

(120). IL a été dit, plus haut, que lon verrait ‘ comment ce courageux curé (M. Desnoyers) put, avec 4 livres et onze sols, bâtir une église qui, à cette époque et comme lo dit M. l'abbé Sassoville, fut regardée comme une merveille.”

Citons encore le mémoire laissé par M. Desnoyers,

Voicy la teneur de la lettre de l'Etablissement ds la conhance en la Divine provilence conçeu daas ses mêmes termes,

(1) Coequin dit Latournelle : l’ancétre venait de Saint-Maclou, do Rouen.

(2) Cet Enstache Chartier de Lothinière était le fils de René-Louis Chartier de Lothbinière, conseiller du Roy et lieutonant général civil et criminel, qui mourut à Québec ën juin de 1702. Son fils Fustache hérita de ses titres et se maria, en avril de 1711, à Françoise Renaud dit des Meloises. Devenu veuf, il se faisait prêtre le 14 d’avrit, 1726, et mourait en 1749.

et qui a aydé a fournir a peu près tous les moyens de cou-

struire lad, Eglise telle qu’elle est addressée a Messieurs les.

Curés des paroisses de toute la colonie et a leurs chers pssons.

Messieurs la Ste. Providence de Dieu qui n’a jamais manqué à personnes, et sur laquelle nous nous appuiions entièrement pour la Batisse en pierre de l'Eglise de St. Augustin qui n'a point d’autres fonds, nous donne la confiance messieurs de nous adresser a vous, et a vos chers pssens. pour vous prier de faire une petiite part a cette pauvre Eglise des biens que cette Divine providence vous a partagés, par là la parolle de IEvangille sera accomply : Dale et Dabilur vobis, Donnés et on vous Donnera, c’est le Seigneur qui parle, que je prie bien justement de vouloir etre lui seul votre récompense Je suis avec toutte la sincérité l'honneur et le respect possible, Messieurs, Votre très humble et très obeissant serviteur Pierre ln Desnoyers pretre el curé de St Augustin ce 20e mars

Avec cette appuy il s'est trouvé des cette hyver de quoy satisfaire aux entrepreneurs dans le temps marqué par le marché restant en eslai outre la pierre de taille au nombre de trois cens cinquante pieds comme il paroit dans la ditte muraille ; de faire ellever les premiers murs jusqu'a six pieds audessus du Raz de chaussé des le printemps de la même année, La premiere pierre posée ce huitieme juillet fête de Ste, Elizabeth dont voicy les teneur de la gravure de lad.

pierre.

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