‹ Histoire de la paroisse de Saint-Augustin (Portneuf) [microforme]Chapitre 3 sur 147 · AUX HABITANTS · texte numérisé non relu

AUX HABITANTS

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Avant de parcourir les pages de cette histoire de | votre paroisse, écrite spécialement pour vous et pour vos enfants, je vous recommande de lire attentivemant les lignes suivantes,

Parlant du curé modèle, Lamartine à dit :

‘T1 est un homme, dans chaque paroisse, qui n’a point de famille, mais qui est de la famille de tout, le monde, qu'on appelle comme témoin, comme conseil, ou comme agent dans tous les actes les plus solennels de la vie Civile; sans lequel on ne peut naître ni mourir, qui prend l’homme au soin de sa mère, et ne le laisse qu'à la tombe ; qui bénit ou consacre le berceau, la couche nuptiale, le lit de mort et le cercuoil ; un homme que les petits enfants s'accoutument à aimer, à vénérer ot à craindre; que les inconnus mêmes appellent ‘ mon père; ” aux pieds duquel les chrétiens vont répandre leurs aveux les plus intimes, leurs larmes les plus secrètes ; un homme qui est le consolateur, par état, do toutes les misères de l’âme et du corps, l'intermédiaire obligé de la richesse et de l'indigence; qui voit le pauvre et le riche frapper tour à tour : à sa porte: le riche, pour y verser l'aumôêne secrète; le

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pauvre, pour la recevoir sans rougir; qui, n'étant d'aucun rang social, tient également à toutes les classes : aux classes élevées par l'éducation, la science et l'élévation des sentiments qu'une religion philanthropique

inspire et commande, Cet homme, c’est le curé.”

Ce portrait que fait un grand écrivain du curé de campagne, en généra}, peut s'appliquer et vous l’appliquerez, vous-mêmes,braves habitants de Saint-Augustin, à Messire François Pilote, votre curé depuis bientôt 15 ans.

Vous ne doutez pas de l'amour qu'il vous porte, et vous savez aussi que votre bonheur fait la joie de ce prêtre cassé par l’âge et les travaux d'une longre carrière, mais dont le cœur si généreux resto toujours Jeune et aimant, |

Si vous pouviez douter un instant de l'amour qu'a pour ses paraissiens ce prêtro doublement vénérable par l'âge et par les vertus, rappelez-vous le jour de l'an dernicr, où, montant on chaire, quoique malade, pour vous donner ses bons souhaits ot vous bénir, il ne put vous parlor, pendant plusiours instants, que par sès larmes ; et n'oubliez pas que ces larmes, parties du cœur de votre curé conrbé par lu maladie, provoquèrent chez vous des larmes plus abondantes que n'aurait pu le faire le curé le plus éloquent et le plus touchant,

Rappelez-vous encore que, partiollement paralysé at éprouvant de grandes difficultés à sortir en voiture, il voulut, cependant, l'année dernière, aller. s'asseoir quelques instants sons lo toit do chacun de ses paroissiens, sous le toit du pauvre comme sous celui du riche, sous eolui du mälheureux comme sous le toit de l'heu-

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reux de ce monde, et avec plus de bonheur encore sous le toit des infortunés, où sa présence devait amener un rayon de joie, le seul, peut-être, de l’année.

Rappelez-vous, habitants de Saint-Augustin, teut ce qu'ont fait pour vous ce curé bien-aimé et son digne assistant, Messire Amable Blanchet. N'oubliez jamais que ces deux serviteurs de Dieu ont consacré à votre bonheur spirituel et temporel toute leur énergie et tons les talents dont ils sont doués. Pour oublier ce qu'ils ont fait pour vous et pour vos descendants, il vous faudraii ne plus passer dans vos chémins et vos champs améliorés ; ne plus aller dans votre église embellio par leur soins, pour y prier ensemble, dans les jours de joie comme dans les jours d’infortune, et ne plus entendre !-- sons harmonieux de votre orgue répandant co” xx pluie d'or sur la foule agenouillée aux pieds de votr .iche sanctuaire.

Pour oublier { s les bienfaits de ces deux prêtres, dis-jo, il foudrair ne plus vous découvrir devant le Golgotha de votre cimetière, devant ce Calvaire dont les bras étendus protègent Aamoureusement les tombes de vos pères, de vos mères, de vos épouses, de vos époux, de vos enfants, de tous ceux que vous avez aimés sur cette terre. Il vous faudrait encore ne plus aller prier, le dimanche, sur les cendres de ceux qui dorment leur. long sommeil dans un des plus beaux cimetières du pays.

Enfin, pour oublier ces deux hommes, toujours unis pour faire le bien, pour vous être utiles, il vous faudrair cosser d'envoyer vos filles à cette bello institution où olles.se forment à la pratique des vertus chrétiennes et

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