‹ Histoire de la peinture au pays de LiegeChapitre 63 sur 71 · JEAN RIGA · texte numérisé non relu

JEAN RIGA

Né en 1680, mort le 19 février 1725, dans la paroisse de SMRemacle-au-Mont.

A l’église de SLNicolas, à Liège , il avait peint les Noces de Cana , le Sacrement de V Extrême-Onction , et une série de tableaux pendus aux piliers de la nef, et qui tous ont disparu.

Il a fait des travaux assez considérables à l’hôtel-de-ville de Liège , et voici en ce qui les concerne ce qu’on trouve dans les comptes communaux.

De l’année 1717 à 1718. — Au Sr Jean Riga, peintre, pour les peintures du plafond de la grande salle, 280 fl.

1718 à 1719. — Au même , pour reste de trois peintures optiques du plafond de la grande salle , 120 fl.

1719 à 1720. — Au même, pour peinture du plafond du vestibule d’en haut, 800 fl.

Au même , à compte de quatre peintures du vestibule d’en haut, 300 fl. (G

Parmi les peintres du XVIIIe siècle, il en est plusieurs qui ne sont connus que par les travaux qu’ils ont exécutés à l’hôtel-de-ville de Liège. Ils ont fait d’autres peintures, sans doute; mais celles-ci ont disparu, sans laisser de

(1) V. Extraits des comptes communaux de la ville de Liège , publiés par S. Bormans.

souvenir dans la patrie des artistes qui en sont les auteurs. Nous allons indiquer ce que nous savons de ces différents peintres ; on verra que ces renseignements se réduisent à peu de chose.

JEAN DELOY.

Fils de Pierre-François Deloy : il est né à Huy, en 1680. Englebert Fisen lui donna des leçons de dessin , mais son goût le portait vers un genre différent de celui qui alors était cultivé avec succès par son maître; il s’adonna de préférence à la peinture de paysages , d’architecture et de perspectives. Après avoir étudié auprès de Fisen , Deloy se rendit en Italie et chercha à se perfectionner à Pmme et à Venise. De retour à Liège, il fit un grand nombre de paysages pour les tapisseries ornant les salons des patriciens et des riches bourgeois de la ville de Liège. Il décora aussi dans cette ville les voûtes des églises Ste-Catherine et de Ste-Madeleine. Il participa à la décoration picturale de l’hôtel-de-ville. Ses travaux sont mentionnés dans les comptes communaux de la manière suivante :

Années 1725 à 1726. — « Au Sr Deloie , peintre , pour trois paysages posés dans le vestibule d’en haut , 244 fis. »

Jean Deloy est mort à Liège vers le milieu du dix-huitième siècle.

JEAN-LOUIS COUNET.

Cet artiste est né dans le dernier quart du dix-septième siècle. On ne connaît de ses travaux que ceux qu’il fit à l’hôtel-de-ville ; voici la mention qui leur est consacrée dans les comptes communaux :

Années 1717 à 1718. 1 — « Au Sr Louis Counet, à compte des peintures de la grande salle , 500 fis. »

1718 à 1719. — «Au même, pour reste des grandes peintures de la grande chambre, 1,500 fis. »

1719 à 1720. — « Au même , pour la peinture du plat fond de la chambre des commissaires, 340 fis. »

Counet prit donc une part importante aux peintures de l’hôtel-de-ville de Liège. Un manuscrit contemporain nous apprend qu’il avait traité un sujet très-patriotique dans ses peintures de la grande salle : la translation du corps de Sl-Lambert et la prise de Bouillon ; le duc , malade , venant se présenter à Alberon, évêque de Liège, et faire sa soumission. Le manuscrit ajoute que les attiques de cette salle étaient également peintes par Counet.

Ce peintre est mort à Liège, le 23 juin 1743.

ARNOLD SMYTZEN.

Né en 1687, il a peint un grand nombre de tapisseries pour les maisons particulières, plusieurs tableaux entourant l’église Ste-Ursule, à Liège , et une salle de l’hôtel-de-ville. Voici la mention qui lui est consacrée dans les comptes communaux :

Années 1717 à 1718. — «Au SrSmitsen, pour peinture de la place (sic) au-dessus du greffe , 638 fis. »

Cet artiste aimait à peindre le gibier mort. Il est décédé le 27 avril 1744.

OLIVIER PIROTTE.

Né à Liège en 1699 , ses parents le destinaient à l’état ecclésiastique; mais, ne pouvant vaincre son goût pour le dessin, ils le placèrent en 1716 à l’école de Renier Rendeux. Le jeune Pirotte y fit des progrès rapides , et, en 1721 , il pria ses parents de le laisser partir pour Rome. Il obtint leur consentement, se mit en route, et, arrivé à Rome , il fréquenta pendant les premières années de son séjour l’atelier de Benedetti Luti ; mais ce maître habile étant mort en 1724 , tous ses élèves , et Pirotte avec les autres, se mirent sous la discipline de Pierre Bianchi. Le jeune peintre liégeois s’y distingua par son assiduité au travail et les soins qu’il donnait à l’étude du dessin.

Il ne fit cependant qu’un séjour passager à l’atelier de cet artiste, étant obligé de revenir à Liège en 1725 pour affaires de famille. Il partit ensuite pour Paris, où il fréquenta les écoles de Lemoine et de Noël-Nicolas Goypel. Enfin , après une absence de deux ans , il revint se fixer définitivement dans sa ville natale.

Les travaux ne lui manquèrent pas, et il fit des tableaux pour la plupart des églises de Liège. Voici la liste des peintures les plus connues de son temps :

Le martyre de SS. Pierre et de Paul , grands tableaux pour l’église Sl-Paul.

S^-Michel terrassant le dragon , VAnge gardien , et les douze apôtres peints dans des médaillons, à l’église St-Denis.

Sl-Joseph de Cupertin , et plusieurs toiles placées dans le chœur de l’église des Frères Mineurs.

Le Christ en croix , tableau du maître-autel de l’église S‘-Gangulphe.

La Sainte Famille , première œuvre du peintre à son retour de Rome; une Déposition de la croix , S^-Roch et N'- Fiacre , à l’église Sl-Jean-Baptiste.

Les douze apôtres , tableaux placés autour de l’église S1 Michel.

L'Assomption de la Sle -Vierge et une Nativité , à l’église des Sépulchrines.

Pirotte passait pour bon dessinateur , mais son coloris était trop sombre, et ses seconds plans négligés. Il était estimé comme homme privé , par la douceur de son caractère, sa modestie et son esprit cultivé. Il n’était pas seulement peintre, mais il s’est encore adonné à la musique, et, à l’occasion, il était poète.

Olivier Pirotte est mort à Liège, en 1742.

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