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FIG. 42. JAN STEEN

La Représentation de la vie humaine. (Musée de La H.ive.)

surprenante, les personnages sont nombreux, les 'poses sont vraies, les phvsionomies pleines d'accent, d'entrain et de gaieté; le modelé est rendu avec une justesse étonnante, et la composition est équilibrée avec une précision qu'on n'est guère en droit d'attendre d'un homme dont l'existence fut aussi décousue. Enfin la couleur, tout en

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restant généralement mince, présente des clairs empâtés avec beaucoup d'art sur un fond d'une délicate et surprenante légèreté. LePerro^z/ef est d'une exécution toute différente, mais non moins belle. Ici, lumière argentée, empâtements solides, ton local vigoureux, mais avec des dégradations d'une finesse délicieuse, arrangement d'une grande simplicité, mais d'une habileté étonnante. Dans la Saint-Nicolas^ le faire est un peu plus lourd, mais la composition est supérieurement agencée. Au musée de La Hâve, sa Représentation de la vie humaine, qui ne compte pas moins de vingt personnages, est tout aussi extraordinaire que la Fête du prince, pendant que sa Alénagerie, traitée coriime le Perroquet, place son auteur dans le voisinage de Pieter de Hooch.

Steen ne s'est pas borné à peindre des scènes de cabaret. Son pinceau humoriste, on vient de le voir, s'est plu à retracer des épisodes nombreux de la vie de famille. Il choisit, il est vrai, de préférence ceux qui se rapprochent de ses goûts joyeux, fête de saint Nicolas, fête des Rois, etc. Sa verve gouailleuse aime aussi à s'exercer aux dépens des médecins, et à faire comparaître ces personnages moroses devant de jolies tilles malades du mal d'amour. Le joyeux compère s'est même oublié parfois à interpréter des scènes bibliques; mais il s'en faut de beaucoup que dans ces derniers ouvrages Steen atteigne à la perfection. Il est, au reste, dans l'ensemble de son œuvre, un nombre relativement considérable de tableaux ou son dessin, parfois aussi correct que celui de Terbl'rg, s'enfle et devient épais comme celui de Jordaens; où sa touche, souvent aussi fine que celle de Metzu, perd de sa netteté et ne peut plus produire

qu'une ébauche; où son exécution, souvent aussi serrée que celle J'Ostade, devient tout à coup lâchée, abandonnée, impuissante. Et Ton s'étonne d'autant plus de rencontrer ces lacunes qu'elles ne se rapportent ni aux commencements ni à la tin de l'artiste, et que dès lors on ne peut les attribuer ni à un apprentissage diflicile ni à une défaillance prématurée. Sont-elles le résultat de Tintempérance si fort reprochée à Jan Steen, de ses excès, de ses folles équipées? Nous serions tentés de le croire si, comme le prétend Smith, il fut un temps où Ton trouvait des œuvres de Steen dans toutes lès auberges de Leyde, de Delft et de La Haye.

Les quelques peintres de scènes de cabaret et d'épopées paysannes dont il nous reste à parler, les Van der PoEL, les ZoRG, les Heemskerk, les Saftleven, les Droochsloot , les Molenaer , sont loin d'atteindre à la hauteur des maîtres dont nous venons de retracer hâtivement la biographie. Néanmoins ils sont intéressants, variés, sincères, originaux, pleins de talent, et dans toute autre école, moins riche en maîtres de premier ordre, ils nous arrêteraient des heures entières. Ici nous ne pouvons consacrer que quelques lignes à chacun d'eux.

On ne sait rien sur la vie d'EoBERT van der Poel. On croit qu'il naquit à Rotterdam. C'est autour de i65o qu'on voit apparaître ses meilleurs tableaux. Les biographes inscrivent 1690 comme date de sa mort. Quoique son nom rappelle surtout des incendies (jamais peintre ne brûla autant de maisons, de fermes, de chaumières que Van der Poel), il peignit aussi de petites scènes dans le goût d'OsTADE. Sa Maison rustique, du

Louvre, et Vlntérieurj que possède de lui le musée d'Amsterdam, en font foi. On connaît Ci^alement de lui quelques natures mortes. Ces dernières sont assurément ses meilleurs tableaux, et son pinceau lourd et épais, sa couleur fausse et terne, quand il s'agit de repré-

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