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FIG. 54.. PIETER DE HOOCH

Intérieur hollandais. ( Musée du Louvre.)

d'autres pensent, avec plus de raison, qu'il élut domicile à Utrecht. Pendant son séjour à Delft, notre peintre se lia avec JoHANNEs Vermeer et sans doute avec Karel Fabri- Tius; et grâce à ce dernier (voir plus haut, page 99), il put se familiariser avec les procédés magnifiques dont Rembrandt était à la fois l'inventeur et Tapôtre. Pieter de

HoocH (et c'est là à nos yeux un de ses plus grands mérites) diffère!, en effet, par l'ampleur de sa technique de tous les petits maîtres que nous venons de passer en revue. Alors que chez eux les personnages se détachent en une mince saillie sur un fond à peine couvert, DE HoocH, au contraire, brosse ses ouvrages en pleine pâte, avec de belles coulées onctueuses et de puissants reliefs, dont seul, Jan Steen, dans certaines de ses œuvres, offre quelques exemples.

Chez ces petits maîtres, en outre, les harmonies sont le plus souvent obtenues dans des gammes très sobres, légères, irisées. Chez Pieter de Hooch, au contraire, et chez son camarade et contemporain, Johannes Ver- MEER (plus connu sous le nom de van der Meer de Delft), on trouve des oppositions franches et solides, des juxtapositions de tons robustes, puissants, qui font de ces deux artistes des coloristes de premier ordre.

Ajoutez encore que ces deux peintres emploient certains tons d'une richesse extrême, des jaunes de Naples, des jaunes citron opposés à des bleus de cobalt et à ces beaux rouges que nous avons admirés chez Maas.

Toutefois, si comme abondance de facture l'un et l'autre se valent, ils diffèrent singulièrement dans le maniement du pinceau. Alors que de Hooch promène sa touche d'une façon à la fois Gouple et vigoureuse, Vermeer procède le plus souvent à petits coups, par petites plaques qu'il relie ensuite par des glacis, procédé très personnel, qui produit un effet vibrant, très original, très caractéristique, typique, inoubliable.

Toutefois, ce qui distingue surtout Pieter de Hooch, non seulement de son rival de Delft mais de tous les

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peintres passés et présents, c'est qu'il est par excellence le peintre du soleil. Personne n'a jamais eu le sens de la lu-

FIC. 5$. PIETER DE HOOCH.

Le Cellier. ( Musée d'Amsterdam.)

mière aussi développé que lui. Il éclaire tous ses tableaux d'un brillant rayon qui n'est pas simplement un artifice d'artiste, mais qui communique à son œuvre une poésie

étonnante. C'est, de plus, le peintre d'intérieurs par excellence. Ses logis hollandais, représentés avec une franchise admirable, sans concessions banales, avec une précision inexorable d'observation, ne sont pas seulement, comme chez ses confrères, un cadre pour l'action humaine. On pourrait en faire sortir les figures calmes, peu compliquées, souvent reléguées en un coin qui les étoffent, sans que le tableau perdît son intérêt, qui réside dans cette belle lumière chaude soulignée par le clair-obscur où baignent ses premiers plans.

Longtemps méconnu, c'est à l'Angleterre que Pieter DE HoocH doit sa réhabilitation, et c'est chez les Anglais qu'on rencontre le plus grand nombre de ses œuvres. Le Louvre, toutefois, possède deux tableaux de lui : la Partie de cartes, ouvrage justement célèbre, et un Intérieur de maison hollandaise. A Amsterdam, on trouve le Cellier, à Rotterdam le Concert., au musée van der Hoop la Lettre, \3, Balayeuse, un Seigneur et une Dame assis devant ime maison de campagne, et ces ouvrages de tout premier ordre suffisent à poser Pieter de Hooch au premier rang des peintres hollandais.

Van der Meer de Delft, lui, est moins heureux ; son œuvre, dispersé, en partie détruit, ne nous apparaît plus que résumé en quelques rares échantillons disséminés dans des collections particulières. En Hollande, deux musées seulement possèdent de ses œuvres. Le musée Van der Hoop, où l'on voit la Liseuse, et le musée de La Haye, où se trouve une étonnante Vue de Delft. Dans la galerie Six, à Amsterdam, on rencontre encore deux perles de ce maître exquis, sa fameuse Laitière et sa Rue de Delft, qui sont deux chefs-d'œuvre. Ses autres

ouvrages connus figurent au musée de Dresde, à la galerie de Brunswick, à Thôtel d'Arenberg de Bruxelles. Mais tous ces morceaux épars composent, au point de vue du nombre, un bien mince bagage; et notre savant confrère

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