Archives communales de Lille. Carton 64, 5™° dossier
Des protestations se firent entendre de toutes parts; le mémoire ^ que le Collèg'e de médecine venait de faire paraître ne plaisait pas aux apothicaires. On en jug-era par ce factum :
Pour M. Des Oursins,
Les raisons que peuvent opposer les apoticaires au mémoire du Collège de médecine tendant à faire changer leur poid, ne peuvent être fondées que par l'ancien usage, et sur le droit qu'ils ont depuis longtemps de n'être pas soumis à la visite des jurés de la ville, mais seulement à celle des maîtres de leur corps.
L'ancien usage n'est pas une raison dès qu'il est un abus. Quant au droit de n'être soumis qu'aux visites des maîtres de leur corps, je pense qu'il est juste de les mettre à l'abri des visites, et si j'ose dire des insultes des jurés de cette ville pour les poids et les mesures.
Les commissaires du magistrat qui assistent aux visites que l'on fait régulièrement chez eux chaque année doivent les mettre hors de tous soubçons à cet égard, seulement il conviendroit dans chaque visite d'obliger les visiteurs, avant d'examiner les remèdes, à éprouver leurs mesures avec d'autres mesures bien justes (et semblables à celles qui devront être en dépôt au siège des apoticaires lesquelles seront conformes à ce qui sera imprimé dans la pharmacopée et à leur délibération du 12 septembre 1771 dont la copie est jointe au mémoire du collège de médecine), de plus à vérifier les poids avec d'autres poids bien étalonnés et enfin à examiner si les balances sont justes et demeurent en équilibre dans ces trois cas:
1° Lorsque la balance n'est pas chargée d'aucuns poids.
2^ Lorsqu'elle est chargée de poids égaux dans chaque bassin.
3° Lorsqu'on aura changé de bassin ces poids égaux en mettant dans le bassin h droite le poid qui était à gauche et réciproquement.
Il est démontré géométriquement qu'il n'y a que les balances justes qui puissent soutenir ces trois épreuves sans se démentir.
Nota que Monsieur Dutel, médecin, qui a une boutique d'apoticaire, a trouvé le projet du collège fort plausible, et n'a trouvé aucune raison à y opposer 2. »
1. Voir le mémoire et la délibération des apoticaires aux Pièces justificatives, n" 34.