‹ Histoire de la pharmacie à Lille de 1301 à l'an XIChapitre 62 sur 196 · I. - Avant · texte numérisé non relu

I. - Avant

UAntidotariam Nicoiai, dont l'auteur, d'après les dernières recherches ^, serait Nicolas de Salerne, fut, depuis le xn^ siècle jusqu'à l'apparition des pharmacopées rég-ionales du xvi^, la pharmacopée de tous les pays, complétée par les manuels tels que le Grabadin (Antidotaire) de Mésué, V Expositio super antidotariis Mesue de Christophorus Georg-ius de Honestis, le Liber Seroitoris d'Albucasis, le Compendium Aromata-

1. Renseignement communiqué par M. le D' Paul Dorveaux, bibliothécaire de l'Ecole supérieure de pharmacie de Paris, qui a publié deux anciennes traductions françaises de V Antidotaire Nicolas. (Paris, 1896.)

rioram de Saladinus de Asculo, le Lumen Apothecariorum de Ouiricus de Aug-ustis, le Laminare majus de Johannes Jacobus de Manliis de Bosco, le Thésaurus Aromafariorum de Paulus Suardus aromatarius et le Dispensarium medicinarum de Th. Lespleigney '.

Le premier codex officiel, d'après G. Planchon ^, fut celui de Nuremberg-, en 1692 ; c'était une nouvelle édition du Dispensatorium que Valerius Gordus avait publié en i546. Parmi les premiers qui parurent en France, on cite celui de Lyon en 1628 et celui de Paris en i638 ^. Lille cependant possédait avant cette date une pharmacopée officielle, qui fut livrée à l'impression en i64o, comme on le verra plus loin.

Dès avant 1673, elle existait à l'état de manuscrit. Un ban du Magistrat de la ville, daté du 25 juin de cette année, fournit une preuve certaine de ce fait.

Les échevins et le conseil apprennent que (( aulcuns apoticaires et espessiers se sont advanchiez et advanchent journellement, contre l'ancienne usance, observance et ordonnance faicte sur la forme des compositions des médicamens à eulx prescriptes, » à ajouter aux drogues usuelles du stibium ou antimoniam « et aultres drogues offensant nature. )) Leur « conscience administrative, »

1. M. le Lf Paul Dorveaux a étudié, avec sa compétence ordinaire, ces dilîérents ouvrages dans sa Notice sur la. vie et tes œuvres de Tliibault Lespleigney. (Paris, 1898, p. 35, note 4.)

2. Grande Encyclopédie, t. XXVI, p. 604, art. Pharmacie, par G. Planchon, Paris, 1899.

3. Lyon eut de nouvelles éditions en 1610 et 1674; Paris en 1645, 1732, 1748, 1758; Bruxelles fit paraître son premier codex en 1641 et le réédita en 1671 et 1702; en 1634 parut celui de Blois, en 1643 celui de Bordeaux, en 1648 et 1695 ceux de Toulouse, en 1651 celui de Yalenciennes, en 1652, 1756, 1786, ceux de Gand, en 1665 celui de Mulhouse, en 1698 celui de Bruges, en 1725 celui de Strasbourg, en 1732 celui de Douai, en 1741 celui de Liège. Comme on le verra, ceux de Lille furent imprimés en 1640, 1694 et 1772.

dont nous faisions plus haut Téloge, s'émeut aussitôt. Par le ban que nous citons, ils rappellent aux intéressés que cette façon de procéder ne peut être tolérée, étant contraire « à la forme et composition de la médecine prescrite en leur compositionnaire et dispensaire^ » et ils promulguent la défense absolue « de vendre ne débiter en appert ne en couvert ^, ne dispenser, dissouldre, nj adjouster èsdictes compositions et formes de médecines aulcunes drog-hes simples ou médicamens aultres que ceulx qui leur sont par leurs dicts compositionnaire ou dispensaire et par les docteurs et anchiens praticiens et médecine, prescripts, composés et ordonnez, de tout temps approuvez '^. »

De ce premier formulaire, nous n'avons pu découvrir d'autre trace. L'expression « de tout temps, » employée par le document que nous citons, semble devoir en reculer l'ancienneté bien au-delà de 1578. Nous laisserons de côté toute hypothèse à ce sujet ; il nous suffît de constater qu'avant cette date de 1673, les apothicaires lillois possédaient un compositionnaire , un dispensaire, en un mot une pharmacopée officielle.

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