‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 278 sur 358 · II. - MONTESQUIEU · texte numérisé non relu

II. - MONTESQUIEU

Helvétius avait voulu faire la physique des mœurs et des lois : Montesquieu veut pour ainsi dire en faire la logique. Selon Montesquieu (2), les lois, au sens général de ce mot, sont a les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses. » « Il y « a une raison primitive, et les lois sont les rapports qui se « trouvent entre elle et les différents êtres, et les rapports de ces « différents êtres entre eux... Les êtres particuliers et intelligents « peuvent avoir des lois qu'ils ont faites, mais ils en ont aussi « qu'ils n'ont pas faites ; avant qu'il y eût des lois, il y avait « des rapports de justice possibles; dire qu'il n'y a rien de « juste ni d'injuste que ce qu'ordonnent ou défendent les lois « positives, c'est dire qu'avant qu'on eût tracé des cercles, tous « les rayons n'étaient pas égaux. » La vraie loi de l'humanité est « la raUon humaine^ en tant qu'elle gouverne tous les peuples « de la terre ; les lois politiques et civiles de chaque nation ne « doivent être que les cas particuliers où s'applique cette raison a humaine. » « La justice est un rapport de convenance qui « existe entre deux choses ; ce rapport est toujours le même (3). » On reconnaît la doctrine rationaliste de Platon et des stoïciens. Le dix-huitième siècle s'élèvera bientôt, avec Rousseau, à une conception de la loi moins intellectuelle et plus voisine de la libre volonté.

Il semblerait, d'après les définitions fondamentales de Montesquieu, que la loi possède un caractère absolu, comme la raison dont elle émane. Montesquieu au contraire insiste sur la relativité des lois, et sur leur dépendance par rapport à toutes les conditions extérieures. C'est que l'intelligence est essentiellement la faculté de comprendre, et que comprendre, c'est saisir entre les choses des relations, c'est apercevoir la relativité des choses. Après avoir paru rationaliste comme Platon, Montes-

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