César, vi
4. Polybe^ ii, 106. César, vi. Qms ah illo dilectos esse constabaly juBtis funeribus confectis, unà cremabantur.
18 LES ANGIKN8 PBUPLSS.
le culte de la personne et le mépris de la mort. Les anciens s'ac- ] cordent à reconnaître qu'aucune nation ne tenait moins à la vie. « Que craignez-vous ? » leur demanda Alexandre, quand ils voulurent le voir. « Que le ciel ne tombe, » répondirent-ils (1). Le ciel lui-même ne les effrayait guère : ils lui lançaient des flèches quand il tonnait. Si l'Océan débordait et venait à eux, ils marchaient contre lui l'épée à la main (2). On voyait des Gaulois qui offraient de mourir pour quelques pièces d'or ; ils les distribuaient libéialement à leurs amis, et, se couchant sur leurs boucliers, ils tendaient la gorge en souriant (3). De là le mot d'Horace : Non paventi fanera Galliœ (4). Les anciens ajoutent que ce mépris de la mort et cette indomptable valeur résultaient de la crc^yance à riomiortalité de la personne. Telle est en effet la doctrine fondamentale qu'enseignaient les sages de la Gaule, appelés par le& anciens des philosophes : les druides.
Les druides ne formaient point une caste héréditaire, comm^ dans rinde, comme en Egypte, comme chez les Hébreux mêmes \ ils se recrutaient par libre adoption, par afiiliatiou, sans autir^ condition que le savoir et la capacité, constatés par de longue ^ épreuves. Ils étaient astronomes, médecins, magiciens, méta^'* physiciens, moralistes et jurisconsultes : « Les druides, dit Straf bon, enseignent le droit naturel, puis les constitutions et les loi^ particulières des États. » (IV, 3.) C'était une grande associa^ tion de philosophes mystiques et savants, étrangers à la guerre ^ libres de toutes les charges et de tous les emplois de la vie civile/
« Les druides, les bardes, les ovates (ou sacrificateurs), croient, dit Strabon, que les âmes et le monde sont immortels, mais que l'eau et le feu dominent tour à tour. ». — « Ils veulent, dit César, que les âmes ne meurent pas, mais qu'après la mort elles passent des uns aux autres. » — « Suivant eux, dit Diodore, les âmes sont immortelles ; le temps de l'existence actuelle accompli, elles passent dans un autre corps et reviennent à la vie. » — « 0 druides, s'écrie Lucain, vous qui habitez les retraites sacrées dans les profondeurs des bois, vous seuls savez ce que sont les dieux et les puissances du ciel, ou vous seuls l'ignorez ! S'il faut vous croire, les ombres ne vont pas chercher les demeures silencieuses de l'Érèbe ni les pâles royaumes du Dieu de l'abîme. Le même esprit