Premiers principes, p. 164, trad. Gazelles
2. Voir dans nos Extraits des philosophes, les passages de M. Spencer auquel nous faisons ici allusion.
474 ÉGOLB ANGLAISE CONTEMPORAINE.
« OÙ nous sommes de Taffirmer. Le seul principe qui dépasse « Texpérience, parce qu'il lui sert de fondement, c'est la persia- « tance de la force. Et si c*est la base de l'expérience, ce doit êtie (( aussi la base de toute organisation scientifique des expétt riences (1). »
La persistance de la force entraîne, comme premier corollaire, la persistance des relations entre les forces, c'est-à-dire Punifor* mité des lois de la nature.
Le second corollaire est la transformation et Y équivalence des •forces, telle que les physiciens Meyer, Joule, Grove et Helmholtz Tout démontrée. Si le mouvement se transforme, selon les circonstances, en lumière, en chaleur, en électricité, en magnétisme, c'est que la mônxe force inconnue persiste équivalente sous la diversité de ses manifestations sensibles.
Le mouvement, une fois produit, se continue suivant la ligne de la plus grande force et de la plus faible résistance, comme un fleuve coule là où il y a le plus de pente et le moins d'obs tacles. Cette direction du mouvement est un troisième corollaire du principe de la permanence des forces.
Le mouvement, s'accomplissant toujours dans un milieu, trouve toujours une résistance ; de là cette loi de va-et-vient qui fait que tout mouvement est rhythmique. Les mouvements de l'univers forment, dit M. Spencer, « un dessin compliqué semblable à la « houle de l'océan, portant à sa surface de grandes lames, a hachées de vagues moyennes, couvertes elles-mêmes de petites « vagues, à leur tour froncées de rides. »
11 existe un rhythme fondamental auquel tous les autres viennent se réduire : c'est celui de l'évolution et de la dissolution. « Toutes les choses grandissent ou dépérissent, accumulent de « la matière ou l'usent. »
L'évolution accomplit son rhythme en toutes choses de la même manière que dans le germe animé. Tout germe, à l'origine, est une substance uniforme ; par des différences successives et presque infinitésimales qui s'y introduisent, se produit peu à peu cette combinaison complexe de tissus et d'organes qui constitue l'être adulte. C'est là l'histoire de tout organisme ; c'est aussi, en général, l'histoire de tout progrès. La formation de la terre, le développement de la vie sur sa surface, puis de la société humaine, du gouvernement, de l'industrie, du commerce, du lan-