II. — HERACLITE
ï* Métaphysique d'Heraclite. Le mouvement et la loi du mouvement. —
Heraclite trouve vaine la recherche d'une substance persistante :
rien n'est, tout devient. Cette universelle mobilité a son image dans
'écoulement de l'eau : tout s'écoule, et on ne se baigne pas deux fois
jans le même fleuve. Elle a encore son image dans 1 embrasement du
[eu, et c'est sous la forme du feu qu'elle se manifeste dans l'univers.
Le Teu universel n'est pas un feu visible, mais un feu invisible, vivant,
intelligent, éternel et divin. -— Mais, si tout est instable et en mouve-
Qient, cette instabilité et ce mouvement sont soumis à une loi stable.
Union des contraires, voilà cette loi: chaq^ue chose est et n'est pas.
Cette union est une harmonie éternelle, mais en même temps elle est
fine guerre éternelle ; car il n'y a pas d'narmonie sans opposition : aigu
et grave, jour et nuit, été et hiver ; la guerre est la mère de toutes
choses. En outre, cette loi est une nécessité ; bien plus, elle est une
justice, parce qu'au fond elle est une pensée intérieure au mouvement,
iôyoc On peut l'appeler Dieu. — - II. Physique d*Héraclite. Tout^ s'ex*
plique par les transformations du feu vivant et pensant, qui s'éteint ou
se rallume, se change en air, en eau, en terre, ou revient à son état
, primitif. Il devient tout et tout devient lui. C'est ce que les modernes
/ appelleront la transformation des forces. — En outre, Heraclite adpet
la permanence de la même quantité de force et de mouvement dans
l'univers ; le mouvement du feu est universel et sa quantité identique.
il est comme l'or qui s'échange contre tout, et contre lequel tout s'échange. — EnGn le mouvement universel est soumis au rhythme et à la mesure, c'est une évolution qui traverse des périodes régulières, tantôt ascendantes tantôt descendantes. Evolution éternelle ; car le monde n'a ni commencement ni fin. — III. Morale d'Heraclite. Notre âme, étincelle du feu divin et pensant, ne participe à la vérité que quand elle participe
qui peut l'obscurcir ou 1 etemdre. Mortelle dans sa parti( duelle, Pâme est immortelle dans ce qu'elle contient d universel. — Gomme l'individu, la cité doit se nourrir de l'universel et façonner ses lois à l'image des lois de Tunivers. — Conclusion. La doctrine d'Heraclite est le vrai commencement de la philosophie et offre le tableau fidèle du monde sensible : Platon montrera, au-dessus de ce monde mobile, un monde immobile et intelligible.