‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 42 sur 358 · II. — HERACLITE · texte numérisé non relu

II. — HERACLITE

ï* Métaphysique d'Heraclite. Le mouvement et la loi du mouvement. —

Heraclite trouve vaine la recherche d'une substance persistante :

rien n'est, tout devient. Cette universelle mobilité a son image dans

'écoulement de l'eau : tout s'écoule, et on ne se baigne pas deux fois

jans le même fleuve. Elle a encore son image dans 1 embrasement du

[eu, et c'est sous la forme du feu qu'elle se manifeste dans l'univers.

Le Teu universel n'est pas un feu visible, mais un feu invisible, vivant,

intelligent, éternel et divin. -— Mais, si tout est instable et en mouve-

Qient, cette instabilité et ce mouvement sont soumis à une loi stable.

Union des contraires, voilà cette loi: chaq^ue chose est et n'est pas.

Cette union est une harmonie éternelle, mais en même temps elle est

fine guerre éternelle ; car il n'y a pas d'narmonie sans opposition : aigu

et grave, jour et nuit, été et hiver ; la guerre est la mère de toutes

choses. En outre, cette loi est une nécessité ; bien plus, elle est une

justice, parce qu'au fond elle est une pensée intérieure au mouvement,

iôyoc On peut l'appeler Dieu. — - II. Physique d*Héraclite. Tout^ s'ex*

plique par les transformations du feu vivant et pensant, qui s'éteint ou

se rallume, se change en air, en eau, en terre, ou revient à son état

, primitif. Il devient tout et tout devient lui. C'est ce que les modernes

/ appelleront la transformation des forces. — En outre, Heraclite adpet

la permanence de la même quantité de force et de mouvement dans

l'univers ; le mouvement du feu est universel et sa quantité identique.

il est comme l'or qui s'échange contre tout, et contre lequel tout s'échange. — EnGn le mouvement universel est soumis au rhythme et à la mesure, c'est une évolution qui traverse des périodes régulières, tantôt ascendantes tantôt descendantes. Evolution éternelle ; car le monde n'a ni commencement ni fin. — III. Morale d'Heraclite. Notre âme, étincelle du feu divin et pensant, ne participe à la vérité que quand elle participe

qui peut l'obscurcir ou 1 etemdre. Mortelle dans sa parti( duelle, Pâme est immortelle dans ce qu'elle contient d universel. — Gomme l'individu, la cité doit se nourrir de l'universel et façonner ses lois à l'image des lois de Tunivers. — Conclusion. La doctrine d'Heraclite est le vrai commencement de la philosophie et offre le tableau fidèle du monde sensible : Platon montrera, au-dessus de ce monde mobile, un monde immobile et intelligible.

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