IV. - ÉCOLE ATOMISTltUE D*ABDÈRE
Démocrite d'Abdère développe l'explication mécanique du monde, mais il n'admet point, comme Anaxagore, une intelligence motrice supérieure au monde. Le mouvement, étant éternel, s'explique par lui-même.
— Le plein et le vide sont les éléments de toutes choses ; le plein se divise en atomes dont la combinaison produit tout. •— L'âme elle-même n'est qu'un composé d'atomes plus subtils. Ainsi l'école d'Abdère aboutit à un complet matérialisme.
I, - PREMIERS PHILOSOPHES FIONIE. THALÉS. La philosophie, comme science indépendante des dogmes reli-
PaEMIBRS PHILOSOPHES Dfi l'ÉCOLE IONIENNE. 31
gieux, a sa vraie patrie en Grèce, où elle arriva de bonne heure à un tel développement que les premiers philosophes grecs nous étonnent encore par la profondeur de leurs conceptions métaphy- | signes.
Le point de départ de la réflexion philosophique en Grèce fut la Nature visible. Les philosophes ioniens sont, selon l'expression d'Aiistote, des physiciens, et leur philosophie est une physique générale. Nous les verrons peu à peu revenir de l'extérieur à l'intérieur par Tinévitable progrès de la réflexion, qui fait que la pensée, emportée d'abord vers la Nature, rentre en soi et se retrouve elle-même.
Thaïes de Milet (vers 600) s'efforce de tout ramener à un seul principe, et de découvrir l'élément primitif ou substance du monde. Les animaux, dit- il, se nourrissent de plantes, les plantes viennent de la terre ; mais la nourriture de tous les êtres est humide, leur semence est également humide, et c'est l'humidité qui entretient la vie ; or, l'eau est le principe de l'humidité ; donc l'eau est le principe de toutes choses. Nous voyons l'eau se changer tantôt en glace, tantôt en vapeur ; pourquoi ne se changerait-elle pas. en terre, en pierre, en végétal, en animal? L'eau n'a point de forme propre : elle peut donc prendre toutes les formes, par exemple celle du vase qui la contient. L'eau est instable et toujours mouvante ; or, partout où il y a du mouvement, il y a de la vie, il y a une âme. Le principe humide est donc l'âme du monde répandue en tout : c'est le divin (to ôsîov), et on peut dire que l'intelligence divine « parcourt l'onde avec rapidité (1). »
Dans l'état imparfait de la science à l'époque de Thaïes, on ne pouvait guère imaginer une plus remarquable explication de l'univers. Au reste, l'hypothèse de Thaïes se retrouve encore dans la science moderne, mais subordonnée à des conceptions supérieures : les physiciens modernes admettent la fluidité primitive de la terre, et ils font sortir de l'Océan les premiers êtres . animés : on peut donc dire avec Thaïes que la terre et ses habitants j proviennent de la mer.
Thaïes contribua beaucoup à faire avancer la science de son époque. En géométrie, il démontra une proposition fondamentale : que les angles inscrits dans le demi-cercle sont droits (2). I