II. — PHILOSOPHIE ANGLAISE
I. Bagon. — La philosophie anglaise se montre, dès l'origine, plus amie de rexpérience que de la spéculation métaphvsique. — Bacon n'invente rien ni dans les sciences ni dans la philosopnie. Il se borne à analvser les procédés de l'observation et de l'induction. — i<* Les causes d'erreurs les plus importantes sont celles qui tiennent à la constitution même de l'esprit. 2<> La méthode pour éviter l'erreur et trouver la vérité : Méthode empirique. Observations multipliées et variées. Tablei de présence, d'absence, de degrés. — Généralisation et établissement de la M par l'induction. — Rejet des causes efficientes et des causet finales an profit de la cause formelle. — Empirisme de Bacon. Insuffisance de sa méthode, même dans les sciences expérimentales.
II. HoDBBS. — Il diffère de Bacon par l'importance qu'il attache à la déduction logique et à la rigueur systématique. — Son système est un matérialisme absolu. — Tout est corps. — La sensation est un mouvement. — Le plaisir et la douleur sont les ressorts de la machine humaine. — Morale de l'intérêt personnel. — Droit fondé sur l'intérêt et sur la force. — Etat de nature et de guerre où l'homme est un
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loup pour rhommo, et où le plus fort remporte. — Passage de l'état de nature à l'état de société par un contrat. — Il est logique d'observer ce contrat, fondé sur l'intérêt; mais, comme la logique ne suffirait pas pour obtenir toujours la soumission de rindividu au contrat, une puissance publique, la plus forte possible, est nécessaire. , -» Erreur de Hobbes qui croit que cette puissance la plus forte se trouTe d^ns l'abdication de tous au profit d'un despote. Absolutisme de Hobbes.
j J. - PHILOSOPHIE ITALIENiNE.
I. Glordano Bruno (1). — L'idée dominante de la philosophie de Bruno est celle de rinflnité. Chez les Anciens, rinflnitô semblait plutôt une imperfection qu'une perfection: dans leur amour de la beauté précise et plastique, ils préféraient Vacfievé^ le déterminé^ dont la pensée mesure les limites et dont Timagination embrasse les contours. Déjà cependant les Alexandrins avaient ^cru que rinflnitô est dans Tordre de Têtre un des caractères du divin, et aussi, dans Tordre de la quantité, un des caractères de la Nature. Le christianisme conserve l'infinité en Dieu, mais la retranche à la Nature. Pour mieux opposer l'existence dans le temps à l'existence éternelle^ on représentait le monde comme ayant un commencement dans la durée et des
1. Giordano Bruno, né à Noles^ vers le milieu du xvi* siècle, entre» jeune encore, dans Tordre des dominicains. Des doutes religieux et pbilosophiques envahissent son esprit. Il s'éprend de Pythagore, de Platon, des Alexandrins et surtout des idées de Nicolas de uiss. Il quitte son ordre^ et par cela même est obligé de quitter l'Italie. 11 va à Genève, et ne peut s'entendre avec Théodore de Bèze et Calvin. Puis il vient s'asseoir, tantôt comme écolier, tantôt comme maître, aux écoles de Paris, de Londres et de Wittemberg, promenant par toute l'Europe son esprit ardent et inquiet. Le désir de revoir Tltalie l'ayant ramené à Venise, il est livré à Tinquisition. Transféré à Rome, on lui fait son procès ; on lui demande de renoncer à ses doctrines; il refuse. Il est alors condamné, excommunié et livré au magistrat séculier avec la formule consacrée : « Qu'il soit puni avec le plus de douceur possible et sans effusion de sang, sine ulla sanguinis effusUme, » ce qui aésignait la mort par le feu. Un témoin oculaire, dévoué au Saint -Sicge, raconte ainsi sa mort, c Bruno ne répondit que ces paroles de menace : La sentence que vous porta vous trouble peut-être en ce moment plus que moi. Les gardes du gouverneur le menèrent alors en prison, où on s'efforça encore de lui (aire abjurer ses erreurs. Ce fut en yain. Aujourd'hui donc on l'a conduit au bûcher... Le malheureux est mort au milieu des flammes, et je pense qu'il sera allé raconter dans ces autres mondes qu'il avait imaginés (allusion aux mondes innombrables et à l'univers infini de Bruno) comment les Romains ont coutume de traiter les impies et les blasphémateurs. Voilà, mon cher ami, de quelle manière on procède chez nous contre les hommes ou plutôt contre les monstres de cette espèce. » (Lettre de Gaspard Schoppe, Acta lUteraria de Struve, V» p. 64.) G^était en l'an 1600.