LE DOUTE, LA CERTITUDE ET LA MÉTHODE
des causes par les effets. » L'expérience sert aussi à nous apprendre* parmi les diverses déductions hypothétiques qui pourraient rattacher un phénomène aux grandes lois de l'univers, quelle est celle qui a été réellement choisie par la nature.
Un ne saurait méconnaître ce que ces pensées de Descartes ont de profond, quoiqu'elles soient incomplètes et que Descartes ait lui-même abusé des constructions à priori. Le progrès des sciences expérimentales consiste certainement à se réduire de plus en plus aux sciences rationnelles ; les parties les plus achevées de la physique, par exemple, se ramènent à la mécanique, et la mécanique aux mathématiques. C'est ce que Descartes voulait : « Tout^ selon moi, se fait matb^matîquement : omnia, apxid me, malhematice fiunt. »
Les mathématiques, à leur tour, se réduisent finalement à la logique, et par conséquent aux lois de l'intelligence. La science est donc une, et c'est dans l'intelligence qu'elle trouve son unité. « Les sciences, toutes ensemble, ne sont rien autre chose que lln- « telligence humaine qui reste une et toujours la même, quelle « que soit la variété des objets auxquels elle s'applique, sans que c cette variété apporte à sa nature pif s de changements que la « diversité des objets n'en apporte à la nature du soleil qui les c éclaire (1). * Aussi « une vérité découverte nous aide à en dé- « couvrir une autre, bien loin de nous faire obstacle. Si donc on « veut sérieusement chercher la vérité, il ne faut pas s'appliquer « à une seule science. »
Cette synthèse qui ramène progressivement la variété des idées à l'unité a besoin d'être fixée en des« dénombrements ou revues générales. » De là dérive la quatrième règle de la logique cartésienne : c Faire partout des dénombrements si entiers et des revues si générales que je fusse assuré de ne rien omettre (2). » C'est la science entière résumée et condensée dans la classification (3).
Descartes en s'efforgant de construire ce qu'on appelle une umathémathique universelle i»^ ne veut pas dire par là que toute sa