Diugène, Vie de Thaïes, I
Ea astronomie, il enseigna que la terre est ronde, que les astres sont des terres enflammées, que la lune est un corps opaque illuminé par le soleil, que l'interposition de la lune entre la terre et le soleil produit les éclipses ; il parvint même à prédire une éclipse. Ajoutons la découverte de la petite Ourse et de l'étoile polaire, le calcul de la durée de Tannée et des époques de sols lices et d'équinoxes, l'évaluation approximative du diamètre apparent du soleil, et des grandeurs de la terre, du soleil et de la lune (1).
Le pramier principe des choses, tel que Thaïes l'avait conçu, devait paraître encore trop grossier à^ses successeurs. Anaximène (557) et Diogène d'Apollonie substituent à l'eau un élément plus subtil, l'air infini et vivant, qui produit tous les objets par son mouvement éternel et par ses alternatives de dilatation et de condensation (2).
Anaximandre de Milet (590) reconnaît enfin que l'eau, Tair et toutes les autres choses déterminées ou finies ne sauraient représenter la vraie nature du premier principe. L'air lui-même, étant sensible, doit être dérivé de quelque chose qui n*a plus rien de sensible. Tout ce qu'on peut afiirmer du premier principe, c'est qu'il est indéfini en quantité et indéfini en nature. Aussi Anaximandre l'appelle l'indéfini ou infini, rh âirnpov. C'est l'unité primitive qui renferme tous les contraires ; c'est une substance sans forme qui n'est ni ceci ni cela, mais qui peut tout devenir (3).